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Super-vilains dans Gotham : rencontre avec Robin Lord Taylor (Penguin) et Cory Michael Smith (Riddler)

Super-vilains dans Gotham : rencontre avec Robin Lord Taylor (Penguin) et Cory Michael Smith (Riddler)

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Après cinq longues années, la série Gotham va bientôt connaître sa conclusion. Le tournage étant déjà terminé, les acteurs Robin Lord Taylor et Cory Michael Smith, interprètes respectifs du Penguin et du Riddler de cette version télévisuelle, se sont aventurés dans notre capitale à l'occasion du 27e Paris Manga Sci-Fi Show. Une occasion pour nous d'aller à leur rencontre et d'évoquer leur travail, ainsi que leurs sentiments sur la conclusion de cette aventure, qui en aura fait voir de toutes les couleurs aux personnages - à l'heure actuelle de diffusion, nous n'avons pas encore tout vu. Bonne lecture !


Bonjour à vous deux. Gotham s’achève cette année avec la cinquième saison. Est-ce que votre façon de travailler a changé quelque chose en sachant que c’était la fin ?

Robin Lord Taylor (RLT) : Ca n’a pas tellement changé. La chose la plus importante c’était ce sentiment d’intensité, à mesure qu’on recevait chacun des scripts, on avait cette volonté de terminer les arcs de ces personnages qu’on avait construit depuis plusieurs années. Chaque script arrivait et ça devenait de plus en plus intense. On réalisait aussi le temps qu’on a passé, avec toutes les personnes sur les plateaux, les scénaristes, la production…

Cory Michael Smith (CMS) : Le plus important c’était vraiment d’essayer de faire du mieux possible pour achever la transformation de ces personnages.

Vos deux personnages ont beaucoup évolué entre temps : amis, ennemis, potentiels amants ? Comment a évolué de votre côté votre relation de travail ?

CMS : tu t’imagines bien qu’au bout de cinq ans ça nous a beaucoup rapproché (rires) ! Je dois beaucoup à Robin qui m’a aidé et qui m’a appris beaucoup de choses sur le jeu, sur la façon d’être sur les plateaux, et au fil des saisons je crois qu’on peut dire que c’est devenu l’un de mes plus proches amis.

RLT : ta relation de travail évolue forcément en cours de route !


Gotham a démarré de façon terre à terre, et s’est de plus en plus éloignée de ces plate-bandes. Vous l’avez ressenti comment dans votre travail ?

CMS : la tonalité a beaucoup changé au fil des saisons. Au départ, c’était une série qui parlait de prise de pouvoir, et à mesure que la ville est devenue de plus en plus endommagée, que les tournures devenaient de plus en plus violentes, sombres, ça s’est transformé en une histoire de survie.

Il y a parfois énormément de choses qui se passent dans un seul épisode, vous n’avez jamais eu du mal à suivre ? Vous regardiez la série en même temps ?

CMS : c’est vrai que c’est devenu difficile. Et encore plus en avançant dans les saisons, de tout se rappeler. Dans ma tête ça devenait une vraie bouillie. J’aurais beaucoup plus de facilités à te faire le débrief de ce qui est arrivé à mon personnage au cours des trois premières saisons que dans les deux dernières, honnêtement.

RLT : il y a quelque chose d’assez fantastique, quand on se déplace en conventions, comme ici, et que tu rencontres tes fans, qu’ils te parlent de tel ou tel moment de la série – même si c’est parfois difficile de tout garder en mémoire ! Pour ce qui est de regarder la série, je le faisais au début, j’ai dû suivre les deux premières saisons. Puis j’ai eu moins de temps, j’étais occupé et j’ai dû cesser. 

Mais il y a une chose dont je suis vraiment content, et qui a à mon sens contribué à la qualité de la série, c’est qu’avant de tourner chaque épisode, toute l’équipe se réunissait ensemble pour lire le script autour d’une table. Et chaque acteur qui était disponible mettait un point d’honneur à venir à ces réunions, car c’est là que tu suis ce qui arrive à Bruce, à Selina, à ces personnages avec qui tu ne joues pas de scènes. Ca m’a beaucoup aidé.


Vous aviez lu des comics Batman avant de prendre les rôles de Riddler et Penguin ?

CMS : je n’étais pas un connaisseur des comics avant le casting. J’en avais regardé quelques uns avant l’audition. Mais une fois le rôle eu, j’en ai lu plus, et j’ai commencé à flipper en me rendant compte que j’avais une responsabilité de contribuer à toute une mythologie et de ce qui n’avait pas encore été avant. En lisant les comics, j’ai vu comment le personnage avait changé au cours des décennies, et j’ai trouvé ça rassurant. 

Il fallait distiller les traits principaux du personnage, qui sont consistants avec l’âge, et je pouvais ensuite faire ma version du personnage, tant qu’elle est respectueuse de son ADN. Il y a des clins d’œil à l’histoire, et à des moments spectaculaires qui sont arrivés au cours de l’histoire. J’ai beaucoup discuté avec les showrunners et les scénaristes d’histoires que j’avais beaucoup aimée, en demandant si on pouvait les insérer dans la série.

RLT : comme Cory, je n’étais pas un connaisseur, j’avais lu quelques comics étant plus jeune. Quand j’ai eu le rôle, comme DC était impliqué dans la production, j’avais rencontré Geoff Johns qui était à la tête de DC à ce moment, et il avait sélectionné certaines histoires de Penguin qu’il m’avait ensuite envoyées et ça m’a beaucoup aidé. C’est de là que viennent beaucoup des éléments du passé du personnage. 

Et ce sont des choses qui, à moins que tu ne sois un gros lecteur de Batman, tu ne peux pas savoir parce qu’elles n’ont pas été montrées dans des films, ou de précédentes itérations du Pingouin. Des choses dont on ne parle pas. Je les ai trouvées dans les comics, et j’ai pu les ramener dans Gotham, ce qui a rendu le personnage bien plus tri-dimensionnel.

Pourtant Gotham n’hésite pas à prendre de grosses libertés avec les comics. Il n’y a pas de limite à ce qu’une adaptation peut faire vis-à-vis du matériel original ?

CMS : toutes les décisions qui ont été prises pour la série ont été approuvées par DC Comics. Toutes les sortes de liberté que Gotham a pu prendre avec le canon sont un reflet de la volonté de DC d’explorer les histoires et les sous-intrigues, mais aussi des les réinventer, de réimaginer. Ca a été une sorte de pâte à modeler que nous avions, et c’est comme ça que ça a survécu des décennies, et que les gens continuent d’être excités par tout ça. C’est un peu un appel, en quelques sortes, à l’esprit créatif que les scénaristes et producteurs ont amené à la série. Pour challenger de vieux tropes et comme une façon de dire « c’est notre version ». DC Comics nous a apporté notre soutien, et nous a dit de faire ce qu’on voulait.


Vous n’aviez rien à redire dans l’écriture de vos personnages ou de vos scènes ?

CMS : c’était un processus collaboratif. Il y a avait quelques moments où je me suis manifesté sur l’histoire, quand je voulais être entendu. Je pensais que quelque chose serait un choix plus fort, ou que d’autres directions seraient plus propices. Mais je ne m’exprimais que lorsque j’en avais vraiment envie. Le reste du temps j’étais excité de voir ce qu’ils allaient me faire faire, j’étais content qu’ils me surprennent et de voir où ils allaient m’emmener.

RLT : quand on a commencé la série, Bruno Heller, le showrunner et producteur exécutif, a dit à tous les acteurs « vous êtes les gardiens de ces personnages, vous allez les connaître bien plus profondément que n’importe quel scénariste, alors collaborez avec eux ». Il a ouvert la porte. C’est un réel cadeau pour un acteur, notamment avec ces personnages qui sont là depuis 80 ans, de pouvoir les protéger, de pouvoir travailler avec la writers room, et de voir les changements. Sur le cours, de nouveaux scénaristes arrivaient, et il fallait voir avec eux pour des modifications qui avaient été faites avant leur arrivée.

Si vous pouviez remonter dans le temps et ne changer qu'une seule chose, que choisiriez vous ?

CMS : Donnez. Moi. Une. Canne ! (rires) Je voulais tant une canne, pour frapper des gens avec, à faire tourniquer. Au final on ne la voit que pour deux secondes. C’est tout ce que je voulais. Une canne !

RLT : De mon côté, je pense que d’autres parapluie-gadgets auraient été bienvenus. Mais bon !

Que de l’esthétique alors ?

(En chœur) : Oui !

Merci beaucoup !

Remerciements : Wizzard Communication

Arno Kikoo
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