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Hit-Girl au Canada : un survival rondement mené

Hit-Girl au Canada : un survival rondement mené

ReviewPanini
On a aimé• Un changement d'ambiance radicale
• On reconnaît les thématiques de Lemire
• La mise en scène d'Eduardo Risso
On a moins aimé• Mériterait d'être plus long
• Des couleurs pas forcément adéquates pour le trait de Risso
Notre note

Après un premier tome sorti en fin d'année dernière, Hit-Girl revient chez Panini Comics, avec sa nouvelle série solo qui possède une petite particulier. Pour cette relance de sa super-héroïne complètement cinglée, Mark Millar confie en effet les commandes de sa protégée à d'autres équipes créatives, chacune étant censée amener Mindy MacReady dans un pays (cher à l'auteur, a priori) afin de faire une forme de tour du monde en comics. Avec Jeff Lemire au scénario, c'est donc forcément au Canada que l'intrigue va se dérouler.

Reconnu pour ses travaux en indé', Lemire est tout autant capable de brosser quelques travaux de commande, l'idée étant ici d'avoir une histoire assez simple, pouvant tenir en quatre numéros. Oublions malgré tout le déchaînement de violence cartoonesque du précédent voyage en Colombie, le cadre canadien donne dans u ne approche plus âpre, entre chasse à l'homme et survival. Avec un décor, bien entendu, de forêts enneigées peuplées d'ours.


La jeune Mindy est à la recherche d'un dealer de drogues qu'elle poursuit depuis New York. La traque l'emmène dans les contrée inhospitalières du Canada, où se joue alors une sorte de jeu de chat et de la souris, Lemire s'amusant à inverser ça et là les tendances, pour que Hit-Girl ne soit pas toujours en position de force. Parce qu'elle évolue dans un pays qu'elle ne connaît pas - et que les américains n'ont pas forcément en amour, ce dont le scénariste s'amuse à plusieurs reprises. On appréciera donc le changement de ton par rapport au précédent album, car l'on voit que l'initiative de Millar paie. Il s'agit de se retrouver avec des petites histoires avec leur propre personnalité.

Si l'ensemble se comporte moins comme un défouloir, avec une héroïne un peu moins psychopathe que précédemment, Lemire et Eduardo Risso, aux dessins, n'en oublient pas la dose de violence graphique qu'un lecteur de Hit-Girl ira recherche. Plus âpre, moins fun, elle vient là au gré d'affrontements à l'arme blanche qui profitent du sens de la mise en scène de l'artiste, qui fait étal de son talent. L'action est on ne peut plus lisible, Risso étant toujours très fort pour jouer sur les différents plans - quoiqu'on n'atteindra pas la maestria d'un 100 Bullets, évidemment. Le dessin, reconnaissable entre tous, est efficace pour qui apprécie le style de l'artiste, dont l'encrage très présent profite aux passages les plus carnassiers.


Là où la partie graphique déçoit en revanche, ce sera dans l'utilisation des couleurs. Non pas que le travail de Trish Mulvihill soit mauvais. La coloriste utilise des couleurs assez vives et des effets pour donner un relief aux dessins de Risso, alors qu'une colorisation faites d'aplats siérait certainement mieux au trait de l'artiste. Une approche qu'on pourra donc trouver dommageable - et il n'existe hélas pas de version N&B pour compenser. Le tout n'est malgré tout pas désagréable, et ceux qui apprécient le personnages patibulaires de Risso et son trait parfois déformant devraient y retrouver leur compte. Comme dit, c'est dans la mise en scène qu'on apprécie le plus l'artiste, son découpage alliant toujours une certaine régulation dans le rythme de lecture, en plus de pointer l'attention là où il faut.

En somme, Hit-Girl au Canada a tout d'une petite histoire sans prétention, pour laquelle Lemire s'amuse à faire un peu de rentre-dedans, et l'on reconnaît malgré tout les thématiques chères  à l'auteur au fil de ces quatre chapitres. Avec un Big Daddy désormais manquant, il faut forcément s'attendre à ce qu'une forme de famille apparaisse un moment ou l'autre. Si ces points sont trop rapidement esquissés à cause du format, cela apporte une forme de douceur qui fait un peu de bien, là où le précédent tome se complaisait dans sa joyeuse brutalité.


Il faudrait certainement un peu plus de place et de réflexion pour amener Hit-Girl aux sommets, mais l'initiative de cette série fonctionne. En donnant les commandes à des équipes créatives qualifiées, Millar permet de varier les plaisirs avec sa super-héroïne. Toujours avec une bonne dose de violence, Lemire revisite les contrées enneigées de son pays dans une histoire sympathique et non sans quelques moments de calme, le tout servi par la mise en scène travaillée d'Eduardo Risso. Une approche un peu différente du premier tome - et que votre rédacteur aura ici préféré, et une occasion supplémentaire de se laisser tenter par cette relance.

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Arno Kikoo
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