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Ant-Man & the Wasp : impossible de voir plus grand ?

Ant-Man & the Wasp : impossible de voir plus grand ?

ReviewCinéma
On a aimé• Evangeline Lilly fait une superbe Guêpe
• La bonhommie de Rudd et Peña
• Des idées sympathiques sur les échelles de taille
• La scène post-générique
On a moins aimé• Une histoire à rallonge
• Des vilains anecdotiques, voire inutiles
• Des occasions loupées sur le Quantum Realm
• L'humour qui passe trop souvent à côté
• Le manque d'ambitions général
Notre note

Quelques semaines auront passé après le bulldozer Infinity War que Marvel Studios nous propose, à nouveau, de retourner dans le MCU. Comme il y a trois ans, l'après-Vengeurs se fait tout petit, puisqu'Ant-Man répond à nouveau à l'appel pour un film à l'envergure plus mesurée. La logique de la suite veut que Wasp (La Guêpe pour les non anglophones) soit maintenant de la partie, co-tête d'affiche et placée dans le titre, et c'est de cela dont on commencera à parler.

S'il y a bien une chose à ne pas enlever au 20e film du MCU, c'est qu'il ne ment pas sur son titre. Wasp n'est pas là pour faire dans la décoration, et il serait facile d'intervertir l'ordre des personnages dans le titre tant le film lui est véritablement consacré, dans l'histoire, et dans la présence. Comme en miroir au premier volet, c'est Hope Van Dyne (Evangeline Lilly, charmante au possible) qui porte le (maigre) scénario sur ses épaules, puisqu'il s'agit pour l'héroïne d'aller rechercher sa mère, Janet (Michelle Pfeifer), perdue dans le royaume quantique. Scott Lang (Paul Rudd, charmant au possible), lui, va apporter son aide autant qu'il le peut, se laissant embarquer dans l'aventure parce qu'il détient à priori quelques facultés qui seront nécessaires à Hope et son père Hank Pym (Michael Douglas).


La Guêpe, donc, a droit à une véritable présence tout au long du film, alors que l'on sent Lilly investie dans le personnage. Et il est agréable de voir le duo réussir à se partager l'affiche, l'alchimie entre les deux se ressentant. A côté, la caméra fait la part belle à Wasp, et comble le manque du premier volet où beaucoup auraient déjà voulu la voir en action. La caméra de Peyton Reed, homme de commande qui a accepté de revenir pour ce second volet, réussit dans la mise en images du skill de Hope van Dyne, qui use de ses capacités de changements de taille à merveille, au corps à corps ou en voiture, pour se défaire de ses adversaires. De par l'intro et la première séquence d'action, le réalisateur nous le dit : voici votre héroïne, et elle n'a rien à envier à son partenaire. Appuyé et sincère, le message sera accueilli chaleureusement.

En termes de temporalité, Ant-Man & The Wasp se déroule deux ans après Civil War, et juste avant les évènements d'Infinity War. De quoi donner un film à l'ambiance légère, qui tente de renouer avec l'esprit mi-décalé mi-conscient de ses petits enjeux, avec une histoire qui pourtant aurait pu être bien moins paresseuse. La quête d'Hope doit bien entendu comporter son lots d'éléments perturbateurs - ici, la présence de Ghost (Hanna John-Kamen, qui envoûte de son regard malgré l'écriture de son personnage), qui souhaite mettre la main sur l'outillage du laboratoire Pym pour ses désirs personnels. A côté, un troisième larron, Sonny Burch (Walton Coggins, la tête de méchant par habitude) se révèle n'être qu'une pâle copie de Darren Cross du premier volet, le costume en moins. Un méchant aux motivations basiques, qui n'est là que pour mettre des bâtons supplémentaires dans les roues d'une intrigue qui peine à se renouveler.


C'est en effet la plus grande faiblesse d'Ant-Man & The Wasp, puisqu'on a l'impression de suivre un enchaînements de perturbations basées sur un même modèle, où chacun s'amuse à récupérer un McGuffin et à se poursuivre pour le piquer à l'autre. La répétition de scènes de recherches, de confrontations et de course-poursuites finit par lasser, malgré les efforts faits pour s'amuser, dans les scènes d'action, avec les pouvoirs liés aux particules Pym. On en parlait déjà pour le style de combat de Wasp, mais l'ajout pour les véhicules, l'intégration d'objets dans les combats donne un côté amusant, qu'on aurait aimé voir plus exploité. Si on s'amuse un peu avec Ant-Man et ses amis, on aurait aimé s'amuser plus. A croire qu'il s'est produit un certain manque d'idées ou que Marvel Studios tient absolument à conserver une heure cinquante de durée pour ses films, alors qu'une vingtaine de minutes de moins (et Goggins avec) auraient aidé à avoir un film plus rythmé et moins répétitif. 

Le manque d'amusement se ressent aussi dans l'humour qui a franchement du mal à fonctionner. Le ton décalé ne fait plus vraiment surprise et certains passages où les protagonistes partent dans tous les sens, racontent n'importe quoi, et les tentatives de dédramatiser la tension à la Thor : Ragnarok n'ont pas le même impact. Même Luis, qui écope heureusement d'une séquence bien à lui (et ça, ça fonctionne toujours autant), semble en décalage dans ses punchlines. Plusieurs tirades de Paul Rudd sentent le rajout à la truelle dans le scénario, pour conserver un semblant de "hey, on fait une comédie, rappelez-vous". Le problème c'est que Peyton Reed ne semble pas à l'aise dans la direction qu'il doit donner à son histoire, qui conserve un certain premier degré dans son fil directeur, plombé par des poncifs du film d'action qu'il serait bon de ne plus revoir en 2018, d'autant plus quand les personnages réussissent à se contredire très rapidement.


A côté, le casting reste un atout pour Ant-Man & The Wasp, et fait que si on réussit à s'ennuyer par la longueur et les problèmes de rythme, on n'arrive pas à considérer le tout comme mauvais. Car Paul Rudd reste impayable en Scott Lang et a quelques petits moments de pure comédie qui lui font bien plaisir, Evangeline Lilly est clairement à l'aise et ça se ressent, et le cast secondaire n'est pas en retrait. Hanna Jonh-Kamen reste convaincante dans sa performance, bien que son personnage soit anecdotique in fine. Les personnages ont le mérite de bien évoluer, dans cet univers, et de découvrir Michelle Pfeifer en Guêpe originale fait également son petit effet. A peser les pour et les contre, on se retrouve avec un film qui devrait satisfaire le spectateur venu passer un bon moment, sans trop d'exigences.

Le problème, c'est qu'on peut être assez certain que Marvel Studios est bien conscient que sortir ce film après Infinity War, c'est se heurter à une différence d'enjeux qui lui porterait tort. Il est difficile de croire qu'ils aient ici tout donné pour pallier à ce manque. Parce que l'histoire est fainéante, les antagonistes inexistants, et que là où il y avait du potentiel, Ant-Man & the Wasp échoue à faire plus que ce qu'on lui demande. De faire plus que le produit de commande, pour occuper l'espace cinéma, qu'il est. On ressent pourtant dans certaines répliques, bien appuyées, des pistes pour le futur du MCU, et la vraie déception vient du royaume quantique, berceau de tant d'hypothèses depuis longtemps (encore appuyées par le discours de Bill Foster, écoutez bien). Et sa découverte aurait pu à la fois être l'occasion de s'amuser dans de beaux délires visuels, et de verser dans un fan service pour alimenter les fans de theory crafting. Il n'en est rien, et pour qui veut s'accrocher, on vous dira qu'au moins, la scène post-générique a ici clairement son utilité. Mais il est dommage de devoir patienter 1h45 pour pouvoir en profiter.

On a pas envie de taper sur Ant-Man & The Wasp car il est porté par un duo réellement charismatique, la Guêpe en premier lieu, une envie de s'amuser, une réalisation qui fait son travail. Et au final, un film présent qui répond à sa fonction de faire passer le temps, et si certains s'en satisferont, Marvel Studios manque de sérieuses occasions de faire taire les détracteurs du film qui, en amont, auront dit qu'il ne sert à rien. Parce qu'à un scène près, ils ont un peu raison.

Arno Kikoo
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