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Rapture : un crossover mystique et distrayant

Rapture : un crossover mystique et distrayant

ReviewIndé
On a aimé• Kindt est à l'aise dans l'exercice de commande
• Une partie graphique solide
• Retrouver le côté dark fantasy de l'univers Valiant
On a moins aimé• Ne transcende pas sa nature de crossover
• Quelques facilités pour tenir en quatre numéros
Notre note

Après nous avoir emmené ces derniers mois dans les confrontations entre diverses factions de psiotiques ou sur une autre planète, il faut bien avouer que les ambiances de fantasy et de mysticisme à la Valiant nous avaient manqué. Qu'à cela ne tienne, puisque Bliss Comics rattrape la chose en ce début d'été avec la venue de Rapture, un petit crossover entre Ninjak et Shadowman (qui s'est offert une grosse intégrale tout récemment), proposé par Matt Kindt, l'un des principaux architectes de l'éditeur américain.

Kindt n'a pas besoin de trop se forcer pour ramener les deux personnages ensemble. Dans sa série solo, Ninjak avait déjà pu visiter la dimension fantastique du Royaume des Morts, un endroit qui correspond parfaitement au personnage de Shadowman de l'autre côté. Le scénariste en profite surtout pour ramener dans son histoire un liant qui, à titre personnel, fait toujours plaisir : le livre du Gémonancien, tenu Tama, dernière géomancienne en activité. Un côté mystique qui se rapporte aux récits de fantasy brut de Valiant, tels que The Valiant ou le Book of Death, tous deux séduisants de qualité. Ici, Tama veut empêcher Babel, homme déchu et condamné à errer dans le Royaume des Morts, à achever la construction de sa tour qui lui permettrait de percer les cieux, atteindre les dieux et déclencher un cataclysme sur Terre. Pour ce faire, elle appelle une équipe atypique, deux univers qui ne se croisent que peu.


La réunion de Ninjak et Shadowman fonctionne, les protagonistes ayant déjà pu interagir par le passé. A ce jeu là d'ailleurs, Kindt s'efforce de rendre son récit aussi accessible que possible, les renvois aux dits évènements étant très légers. C'est d'ailleurs une certaine force dans l'écriture de l'auteur, qui ne s'embarrasse pas de tout re-présenter, mais se concentre sur une histoire qui file en ligne droite, quitte à emprunter quelques raccourcis bien pratiques. Introduction d'un contexte, des enjeux liés au principal méchant, et quête qui file tout droit sans trop d'embranchements. Le pari est celui, assumé, d'un crossover tel qu'on peut le concevoir ailleurs. Rapture n'a pas d'autre but en soi que celui de distraire, l'argument d'un chapitre du livre des Géomanciens étant l'excuse facile chez Valiant pour amener une nouvelle catastrophe à éviter.

Ce n'est pas forcément une mauvaise chose car on ne reprochera pas à Valiant de faire un crossover facile s'il est bien réalisé. En somme, ce serait mentir de ne pas rajouter que le titre permettra aussi de faire le pont vers les nouvelles séries Shadowman et Ninja-K, que Bliss s'est déjà d'ailleurs promis à publier. Un pont entre deux périodes narratives, mais Kindt est assez doué pour que, à celui qui ne souhaiterait lire que Rapture, il n'y ait pas de frustration, pas d'appel à en découvrir plus. Le pari du divertissement est donc mené comme il faut, l'auteur ayant une certaine aisance à poser une histoire sympathique autour de Babel, l'antagoniste principal, et le folklore qui gravite autour de lui.


Surtout, l'histoire s'appuie sur les talents de ses artistes, avec un Cafu que l'on pouvait déjà apprécier aux côtés de Kindt sur Rai, et qui est là en bonne forme. Sans être extravagant, Rapture propose son lot de bestiaire fourni et témoigne de l'inventivité de l'artiste pour façonner le lore de Babel et du Royaume des Morts, en attachant un soin particulier au dessin sur les personnages. Avec un contour plus épais pour les délimiter sur le décor, Cafu est constant et c'est une qualité qu'on ne peut qu'apprécier sur ce type de récit. En outre, le travail des couleurs et des effets numériques, apportés par Andrew Dahlouse, sert complètement les besoins de fantasy et de magie propres au récit. Dans les incantations, l'apparition d'êtres semi-divins et l'utilisation de pouvoirs surnaturels, le coloriste fait force des outils qu'il a, quitte à masquer certains décors trop vides. Toujours sur le plan artistique, l'utilisation d'un second artiste (Roberto de la Torre, Juan José Ryp) pour les séquences de flashback permet à de laisser Cafu se reposer tout en apportant un changement de style cohérent avec les envies de narration. En somme, c'est carré, efficace. On ne s'en plaindra pas.

On aura certes vu des travaux plus poussés chez Valiant, mais Rapture a pour contrecarrer son impression de récit de commande le fait d'être une commande bien faite. Mêlant deux personnages tous deux attachants pour replonger dans les versants mystiques de son univers, Rapture fait dans l'efficacité. Un vilain au background qu'on aime explorer, une histoire qui ne perd pas son temps, et maîtrisée sur le côté artistique. Sans aller au-delà de ses petites ambitions, le titre s'apprécie autant pour ceux qui aiment l'univers Valiant que pour ceux qui le découvrent, ou ne rechercheraient qu'un récit de fantasy pour occuper leur été. 

Vous pouvez commander Rapture à ce lien.

Arno Kikoo
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