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The Immortal Hulk #1, toujours remettre la mort à plus tard

The Immortal Hulk #1, toujours remettre la mort à plus tard

ReviewMarvel
On a aimé• Assume une perspective horrifique
• Le retour du Hulk monstrueux
• Jekyll et Hyde
On a moins aimé• Plutôt désagréable à l'oeil
• Rien que l'on ne sache déjà
• La même vieille recette
Notre note

Le programme de retour de l'équipée traditionnelle des personnages Marvel se poursuit avec Bruce Banner et l'Incroyable Hulk. Incroyable ? Après avoir hésité sur pas mal de sur-titres, l'éditeur aura tranché. Ni Invincible ni Totally Awesome, Hulk est ici rendu à sa condition d'Immortal, une manière comme une autre de détourner le principe de résurrection dans les relaunchs de comics. Essayons de jouer le jeu.

Al Ewing ramenait avec Mark Waid et Jim Zub le monstre vert dans l'événement No Surrender dans sa déclinaison classique. Marvel choisit d'associer le scénariste à Joe Bennett, Ruy José et Paul Mounts aux dessins, encrage et couleurs, ce qu'on peut lire comme un désintérêt total pour ce retour en interne - mais, en même temps, l'éditeur a payé Alex Ross pour une (jolie) couverture, nous n'en sommes donc pas entièrement persuadés. Le numéro est généralement désagréable à regarder mais ce n'est pas l'important. L'important, c'est aussi qu'il n'est ni surprenant, ni très bon ou enthousiasmant. Mais, par contre, il est immortel, ça on a bien vérifié.
 

 
La version Fresh Start de Banner joue avec le principe même du héros depuis sa création. La dualité Jekyll et Hyde, un principe d'inspiration amplifié par Stan Lee et Jack Kirby pour rendre l'idée plus didactique. Qui n'a jamais rêvé de devenir l'affreux monstre vert quand un malotru vous double éhontément dans la file du KFC, ou que votre voisin dans le RER crie au téléphone alors que vous tentiez d'apprécier le nouveau Double Hélice ? Sur ce principe, Marvel a bâti un mythe qui sera rentré dans l'imaginaire collectif, et sur ce mythe, un héros en vadrouille qui inspire le cinéma, la télévision et les animés depuis longtemps. 
 
Le mythe du Docteur Banner qui préfère fuir les tanks plutôt que de les détruire et traverse les Etats-Unis ou le reste du monde en cherchant à fuir la bête qu'il abrite à l'intérieur, tout le monde se fait l'image facilement. De l'autre côté de la page, les comics ont été bien plus loin avec Hulk. Il aura conquis des planètes, laissé un enfant, une cousine (merveilleuse) et tout un panthéon en chemin, sera passé par bien des stades, bien des incarnations et bien des idées. Mais Marvel Legacy et le Fresh Start se basent sur l'idée de revenir à une idée classique du, ou plutôt des personnages qu'ils ramènent à la vie. Et dans cette perspective, Banner redevient ce qu'il a toujours plus ou moins été : un type en cavale qui ne sait pas s'il assume ou non de broyer des crânes quand il a un coup de chaud. 
 

 
Le numéro part sur l'idée que Banner ne serait plus un être humain, sa condition de mutant aux rayons gamma le protégeant apparemment systématiquement de la mort. C'est en se prenant une balle dans la tête qu'il s'en aperçoit, ce qu'on peut lire comme une façon pour Ewing de justifier une résurrection de plus après bien d'autres, ou comme une manière de revenir à l'essence monstrueuse du personnage. Les cadrages jouent sur cette idée de la créature de film ou de comics d'horreur, comme l'imagerie générale. Celle-ci n'a d'ailleurs d'original et présente - encore, toujours, perpétuellement - le gang de vilains loubards surarmés qu'on peut boiter sereinement sans que la morale ne se sente obligée d'intervenir.
 
Mais, il y a bien un dilemme moral là-dedans, sur la personnification de la bête où on ne sait plus trop qui est aux commandes ou quel regard porte Banner sur les agissements de son pote de couleur. Dès lors, la série ne part pas sur une mauvaise note, mais si les pages imprimées que l'on tenait entre les mains étaient douées du sens de la parole, on aurait envie de les secouer avec véhémence pour leur demander où elles comptent en venir avec ce numéro - qu'on a le sentiment d'avoir déjà lu cent cinquante fois depuis que le Hulk est Hulk et que Marvel est Marvel.
 
Tout ça est peut-être une manière pour Ewing de replacer le héros dans un climat connu. Peut-être même que tout sera différent au prochain numéro ou dès le second arc. Mais pour le moment, rien ne suscite l'adhésion dans cette première approche aussi originale que si on se retapait la mort de l'Oncle Ben ou que Clark fonçait dans une cabine téléphonique en se déboutonnant la chemise. Ce qui aurait au moins l'intérêt de jouer sur une certaine nostalgie, là où ce numéro semble surtout aller au plus simple et laisser le véritable nouveau chapitre de l'évolution du Hulk à l'auteur suivant. 
 
Esthétiquement, le résultat est plutôt déplaisant, on se sent revenu au milieu des années 2000 dans un trait qui exagère, fait cartoony et joue sur des cadrages serrés sur les yeux pour maintenir un sentiment artificiel de tension. Dommage, mais avouez, elle est quand même mortelle cette couverture d'Alex Ross.
 

 
The Immortal Hulk #1, un sur-titre qui signifie "le Hulk immortel" mais que l'on pourrait aussi traduire par "j'ai un peu la flemme de faire mieux". Là où l'ambition semble de mise sur Captain America ou les Vengeurs, Hulk reste un paria à considérer tel quel tant dans le texte que dans l'éditorial. Marvel teste peut-être le marché pour voir si le Banner manquait vraiment au lecteur classique, mais il est probable que dépourvu de marketing croisé et dans un numéro qui reste relativement violent, ce numéro s'adresse surtout à une niche (dans la niche) et ne serve qu'à densifier l'impression de retour général des figures connues. Du coup, je ne vous ai peut-être pas parlé de cette couverture d'Alex Ross ?
Corentin
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