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Doomsday Clock #4 : passion pancake et longue attente

Doomsday Clock #4 : passion pancake et longue attente

ReviewDc Comics
On a aimé• Gary Frank met le feu
• Le Mothman, énigmatique
• Symbolisme efficace
• Une narration qui imite bien
On a moins aimé• Le fanservice, encore et toujours
• Les limites de la copie carbone
• Moins politique, moins marquant
• Quatre numéros et pas d'avancées
Notre note
Ce-mercredi, on retrouvait dans les kiosques deux visions opposées de ce qu'est ou de ce à quoi ressemble DC Comics aujourd'hui, un compromis brouillon entre innovation et réécriture. Scott Snyder avec son brûlot, son opéra punk rock sous acides, et Geoff Johns avec ses manies calmées, qui se place dans le noble héritage d'un auteur plus barbu et littéraire que lui. Beaucoup de choses auront été dites sur Doomsday Clock depuis le premier numéro, et les retards de publications font que, en définitive, on a de moins en moins l'occasion d'en parler.
 
Disclaimer : pour ceux qui n'auront pas lu le numéro, la présente review comporte quelques spoilers, nécessaires pour l'exercice.
 
Nous sommes arrivés au premier tiers de la série, et il ne s'est pas passé grand chose pour le moment. L'écriture choisit de prendre son temps face à l'inévitable : tout le monde a à peu près compris que la conclusion devrait se contenter de montrer Manhattan, enjeu principal des recherches menées par Ozymandias et le second Rorschach, et pas nécessairement plus. Conçue comme une horloge qui compte à rebours vers cet événement inévitable, dont les aiguilles vont à leur propre rythme.
 

 
Ce quatrième numéro prend une pause dans l'intrigue de suivi pour raconter les origines de Rorschach, ou Rorschach 2. Ce nouveau porteur du masque aux taches d'encre présente son parcours, son passé, les raisons qui l'auront amené à devenir le nouveau visage de la justice implacable des rues. Quelques éléments de fonds se promènent dans cette brève histoire, qui imite la réflexion de Moore sur le temps non-linéaire et construit son Rorschach par une série d'allées et venues entre passé et présent.
 
Ce nouveau personnage est le pur produit du monde créé par Geoff Johns après Watchmen, un héros forgé dans la suite qu'il a décidé d'écrire en retenant les éléments dont il avait besoin. Difficile cependant d'imaginer un Watchmen sans ses héros marquants - problème, la plupart d'entre eux sont morts. Plutôt que de se contenter d'un Ozymandias solitaire, le choix a été fait ici de matérialiser ceux qui auront perdu la vie : d'un côté, Edward Blake, de l'autre, Rorschach.
 
Pour le moment, les intentions sont assez peu claires sur le retour du Comédien. S'il ne s'agit que de fanservice, si ce retour n'est pas correctement justifié, il y aura matière à le reprocher au scénariste. Côté Rorschach, Johns ne s'en tire pas si mal en présentant son héros dans un numéro qui a compris l'intérêt de la narration de Watchmen : utiliser les personnages comme des facettes d'un ensemble plus vaste. Cette technique est bien utilisée ici, mais elle ne parvient pourtant pas à dissimuler les limites, les murs invisibles contre lesquels la série se cogne depuis le départ.
 
Pourquoi Rorschach serait-il le fils du psychanalyste de Rorschach ? Le lien paraît facile, cette envie de se lier à un héros qui était dans l'oeuvre de base semble forcée, comme pour s'attirer un peu de crédit. L'idée ressemble fort à cette coutume des Lady Bullseye ou à l'héritage des Green Goblin. Passer le pouvoir à un héros équivalent une fois le premier mort, ou de père en fils pour marquer une causalité naturelle, un héritage de fait. Ca ne fonctionne pas, et pourtant on a envie d'adhérer à l'idée dans la narration par petites touches que Johns distille dans des pages qui épousent à fond un symbolisme qu'il emprunte à Moore, parfois avec une grande habilité. 
 

 
Un découpage vif, quelques vraies bonnes idées, une utilisation intelligente du Mothman et de la thématique de l'asile, le numéro se paye de vraies qualités qu'on aimerait plus récurrentes dans la série en jouant toujours sur la bonne imitation. Il reprend l'idée des formes, des cases qui se répondent en passant d'un moment à l'autre d'une vie, et d'une narration bien plus réussie que dans les moments de compression (ceux où le récit avance, les précédents numéros).
 
Mais au-delà de ces qualités, se pose encore la question de l'honnêteté du projet. Pourquoi, nécessairement Rorschach ? Ce personnage n'a pas été entraîné, au combat ou au métier de détective. Son origine n'est pas inintéressante, mais elle ne présente qu'un fan qui aura adopté une autre identité, et plutôt que d'en avoir fait un héritier spirituel comme l'ont été les seconds Spectre Soyeux et Owlman, Doomsday Clock a choisi d'avoir un Rorschach en tous points identique, dans le costume, le discours et les capacités, au héros original. 
 
Pas de quoi minimiser un numéro mieux écrit que les précédents, avec un Gary Frank encore une fois en grande forme. Dans l'escarcelle du comics mainstream, Doomsday Clock fait un très bon travail ici, et si beaucoup d'autres choses seront à dire plus tard, une fois la mini terminée, elle fonctionne à partir du moment où on accepte la contrefaçon. Comme une jolie imitation de marque aux coutures lâches et aux matières faillibles, qui pose une nouvelle fois la question de la place qu'a à occuper Watchmen dans un monde qui ne lui ressemble pas.
 

 
Autre point intéressant : si Geoff Johns s'autorise ainsi une pause pour présenter son héros, il est probable qu'à d'autres moments de Doomsday Clock, le récit ne s'interrompe pour prendre les mêmes moments de réflexions que s'autorisait l'oeuvre dont il imite la structure. Aussi, il va commencer à être temps de revoir les ambitions "révélatrices" à la baisse, et se contenter du moment où se montrera le grand tout nu en bleu, puisqu'après un premier tiers entier, nous n'en savons toujours pas vraiment plus sur la direction que le récit cherche à prendre sur le long terme. En attendant, ce n'était pas si mal.
Corentin
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