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Black Panther : quels sont les indispensables en comics ?

Black Panther : quels sont les indispensables en comics ?

DossierMarvel

Au firmament de Black Panther au cinéma, on n'oublie pas que le personnage n'aura pas été inventé par Ryan Coogler ou le bon Kevin Feige sous sa casquette de millionnaire. Créé en BD, développé en BD, vendu en BD, T'Challa et son passionnant univers auront traversé cinquante années de publications avec bien plus de hauts que de bas, et il serait criminel de s'arrêter à la seule version filmée.

Jack Kirby, Christopher Priest, même un peu de Jason Aaron (oui), nombreux auront été les auteurs à passer sur le Black Panther au fil de la continuité. Pas besoin de fouiller trop loin pour isoler les runs marquants et autres temps forts, mais vous pourriez peut-être en trouver un que vous avez manqué entre temps. On y va ?
1. Les premiers pas
Chapitre 1

Les premiers pas

Fantastic Four #52-53, 1966, Stan Lee & Jack Kirby


 
C'est au départ entre deux arcs des Quatre Fantastiques qu'apparaissent les premières traces de culture wakandaise. Tout est déjà là : le Black Panther est le régent et protecteur d'une nation jamais envahie, protégée par un mensonge de la convoitise des colons blancs. Le Vibranium est déjà le métal le plus puissant existant à l'état naturel, le Wakanda supérieur à ses voisins outre-Atlantique, et les origines du Roi T'Challa déjà écrites telles que nous les connaissons.
 
Son père, T'Chaka a été assassiné par un dénommé Ulysses Klaw, premier nom de la rogue gallery du Panther inventé d'emblée par Lee comme le sempiternel leitmotiv de ses héros à l'origin story endeuillée. Le brave scénariste aura une énième fois vu juste, puisque Klaw reviendra en permanence à chacune des relances du personnages comme un avatar perpétuel de l'envie des colons et foreurs de sol de mettre la main sur le riche patrimoine wakandais.
 
Stan Lee écrit cependant T'Challa différemment de ce à quoi nous avons l'habitude - le personnage reprend explicitement le background esthétique des séries de pulp typées Jungle Adventures : une steppe africaine standard, où tentures et pailles remplacent la cité ultra-technologique que nous connaîtrons plus tard. De même, si le Black Panther aura toujours gardé un certain cérémonial rituel, il est ici une sorte de Predator qui invite les Fantastiques pour les affronter dans une vaste chasse à l'homme. Afin de se tester, voir s'il est prêt à endosser le costume et affronter Klaw - il vaincra chacun des héros en un contre un, sans parvenir à les défaire une fois rassemblés.
 
A noter, ces numéros sont enclavés dans un arc qui voit la série croiser le chemin des Inhumans - inventés un an plus tôt. A conseiller pour le trait de Kirby et l'aspect définitif de ces origines qui ne changeront, en définitive, jamais. Ce récit est d'ailleurs à retrouver dans l'anthologie Je Suis Black Panther, récemment éditée chez Panini Comics (et critiquée par nos soins sur 9emeArt).
 

Jungle Action #6-24, Don McGregor, Rick Buckler, Klaus Janson Billy Graham, 1973


 
Si le passage de Don McGregor passerait pour anecdotique en comparaison de runs évoqués plus loin, son importance est cruciale : en 1973, cela fait sept années que le Black Panther a été créé, et on l'aura surtout vu oeuvrer aux Etats-Unis au milieu des titres Vengeurs, Fantastic Four ou Tales of Suspense. Le scénariste sera le premier à ramener T'Challa sur ses terres, et à semer les graines des récits-types de ce héros dont la mythologie reste encore à créer.
 
Ce sera dans les pages de Jungle Action, une série qui servait jusqu'alors à d'autres aventures de wildlands à la Tarzan, que le scénariste posera ses idées, accompagné de Rick Buckler ou Billy Graham aux dessins, et le non-négligeable Klaus Janson, encreur et dessinateur culte du run de Miller sur Daredevil. La comparaison n'est pas innocente, puisque, dans l'usage du style de l'époque, la gravité, l'intériorité et la cruauté de vilains pensés comme le reflet des héros à un moment où le comics se transforme pour devenir un medium sérieux et sombre, McGregor écrit ce que l'on pourrait considérer comme le Born Again du héros.
 
Comparatif qui vaut autant pour la qualité d'écriture, le dynamisme des dessins, mais surtout, l'aspect indispensable de ce run pour redéfinir un personnage que l'on ne pourra plus ensuite écrire comme avant. Crédité à l'invention de Killmonger, porté par un style dynamique et assez parfait pour les amateurs de ligne claire, c'est une lecture brillante pour les fans d'oldies ou de ce style Bronze Age où le comics commence enfin à se prendre au sérieux.
 
Ces récits sont également à retrouver dans une intégrale Black Panther, également publiée en français chez Panini.
 

Black Panther vol.1 #1-#14, Jack Kirby, 1977


 
En 1975, Jack Kirby quitte DC Comics après y avoir créé les New Gods, les Forever People ou OMAC - autant dire que le king était dans un certain état d'esprit lorsqu'il retrouve, sur sa planche à dessins, le roi du Wakanda à qui il donnait vie une dizaine d'années plus tôt. Loin d'être dans les clous du run de McGregor, Kirby donne dans ce qu'il sait et connaît : la création mythologique, l'aventure rapide, faste, ample, des dialogues verbeux et une construction qui l'autorise à donner dans le fantasque de costumes et de paysages variés.
 
Plus esthétique que scénaristique, le passage de l'auteur/dessinateur se fait ici en roue libre, comme d'autre de ses travaux de l'époque. Kirby refuse d'être muselée une seconde ou troisième fois, et fait ce qui lui plaît quitte à paumer le lecteur en route dans ses pérégrination psychédéliques aux confins d'un Wakanda plus halluciné que jamais.
 
Il en ressortira assez peu de choses dans ce que le lecteur aime ou comprend des qualités classiques de T'Challa - le héros est ici balotté par des intrigues complexes, qui vont vite et s'adressent bien plus aux amoureux du Kirby en création totale. Loin d'être une pierre angulaire, et d'ailleurs assez peu d'auteurs se reserviront de cet héritage sur la suite. L'intérêt principal ? C'est magnifique, et si on ne retrouve pas la force des casques Asgardiens, la nation du Wakanda inspire l'immense artiste - c'est déjà ça. Si le trip vous intéresse, c'est à retrouver dans Black Panther : le monde va disparaître !, édité récemment sur nos vertes contrées.
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2. Les trois géants
Chapitre 2

Les trois géants

Black Panther vol. 3 #1-#62, Christopher Priest, 1998



Arno vous vantait dernièrement le passage de Christopher Priest sur le Black Panther - et si on citait plus haut Born Again pour le passage de Don McGregor, Priest est indéniablement le Bendis ou le Brubaker de T'Challa. L'auteur inventera énormément de choses de la mythologie wakandaise, et pas que, puisqu'on lui doit également la création d'Everett Ross.
 
Le run de Priest démarre à la fin d'une époque qu'on aime à qualifier de Dark Age et ça se voit : du style peint des planches aux postures, tonalités ou à l'esprit général, le troisième volume du héros est un ensemble sans concessions qui aime le mélange des genres et l'emprunt aux mythologies les plus variées de l'univers Marvel.
 
On retrouvera du politique, de l'espionnage, du super-héros classique (ou plutôt, propre à son époque), avec une dose d'humour et de cynisme. Si Priest est considéré à tort ou à raison comme le plus grand scénariste du Black Panther, celui à qui l'on doit le run le plus personnel et le plus novateur, il est aussi à souligner à quel point son approche semble avoir vieilli aujourd'hui.
 
A l'image de grandes sagas des années 1990, ce troisième volume a le défaut de ses qualités : prendre le meilleur d'un genre et de codes qui auront, hélas, mal traversé le temps. A noter donc de savoir dans quoi vous vous engagez, mais dans la richesse des thématiques, la verve du scénariste, l'impressionnant casting secondaire encore jamais exploré jusqu'ici ou la puissance de cet héritage (sans lequel on peut douter que le Black Panther aurait la même place aujourd'hui), il s'agit d'un indispensable. 
 
S'illustrent en particulier les arcs The Client (#1 à #5) et Enemy of the State II (#41 à #45), ainsi qu'un dernier segment où Priest invente le White Tiger, ajout conséquent à la ligne street level qui reviendra chez le héros, plus tard. Le premier tome de ce run, intitulé Black Panther : Ennemi d'Etat, est à retrouver à ce lien. Et on vous en reparlera une dernière fois cette semaine - en vidéo.
 

Black Panther vol. 3 #1-#38, Reginald Hudlin, 2005


S'il est difficile de résumer en quelques mots le run de Priest, Marvel aura bien compris la densité de ce moment d'envergure. L'auteur aura instauré Black Panther comme un héros qui compte, la priorité du volume suivant sera donc de le rendre accessible. C'est ainsi que l'éditeur se tourne vers Reginald Hudlin pour un quatrième volume, où l'envie de faire du retour du héros un événement est souligné par la présence de John Romita Jr sur six premiers numéros.

Hudlin imite sans copier les idées de Priest au début : un premier arc politique, sur la colonisation, où l'on retrouve Ross en médian pour les lecteurs débutants. Tout est cependant plus léger, dans une forme d'humour à la cool, qui évoluera vite vers un ton new reader friendly et drôle où le héros voyagera en quête d'une Reine pour le Wakanda.

On croisera Luke Cage, les X-Men, les Fantastic Four, et bien sur Storm, puisque c'est sous la plume de cet auteur que se fera le mariage entre T'Challa et la déesse des tempêtes. Un peu plus moderne que Priest, Hudlin propose un condensé de bonnes idées, aussi politiques (les personnages rencontreront même Luther King et Malcolm X en voyageant dans le passé) que plus conventionelles et ouvertes à un Marvel moins paranoïaque et cynique que le volume antérieur.

Une très bonne lecture, perméable et qui s'accompagne de plusieurs croisements avec la continuité de l'époque (Civil War ou Secret Invasion sur la fin du run, mais nous y reviendrons plus tard). Sous Hudlin, le personnage passe de bons moments dans les années 2000, et le scénariste reviendra le temps d'une mini et pour une suite plus ou moins directe, où T'Challa cède le manteau de héros à sa petite-soeur Shuri. Le premier arc avec Romita est ressorti récemment (Qui est la Panthère Noire ?) dans une édition Deluxe à retrouver par là.

Black Panther vol. 5, #1 à aujourd'hui, Ta-Nehisi Coates, Brian Stelfreeze, 2016


 
Après avoir hésité sur la place à prendre pour la panthère dans les parutions modernes, le film est en ligne de mire et se crée chez Marvel l'envie d'en refaire un héros qui compte. C'est dans cette optique que l'éditeur contacte Ta-Nehisi Coates, journaliste, écrivain, activiste, un auteur réputé pour sa plume et ses convictions politiques, qui se jette dans le comics avec aisance et énormément de talent.
 
Récent, le volume de Coates est encore complexe à analyser. On peut le résumer en disant que l'auteur recomplexifie tout ce que l'on connaît du Wakanda : d'un T'Challa qui hésite entre être un Roi ou un héros, d'une société qui se déchire entre plusieurs révolutions, la religion du Dieu panthère elle-aussi enrichie, et toute une batterie de nouveaux personnages tous passionnants et développés par Marvel dans des parutions compagnons.
 
Coates traite d'un angle politique différent, plus penché sur le fonctionnement des sociétés africaines, avec une lecture sur les révoltes, le monde terroriste, et le besoin de passer de la tradition à la modernité parfois laborieux. L'auteur brille surtout par son envie de placer les personnages secondaires au même niveau que le héros, et par des vilains fouillés et travaillés (ce qui a toujours été la force du Black Panther). 
 
On retrouve aussi de nombreux renvois à la continuité, et l'une des meilleures séries Marvel de ces dernières années - plus complexe et dense que le film, qui amalgamme énormément d'éléments là où Coates aime s'attarder. A lire, et contrairement à d'autres oeuvres citées plus haut, l'avantage est que l'on peut encore être surpris des tournants à venir ! Toute la série est publiée en ce moment par Panini Comics (le tome 1 par ici, si vous voulez bien).
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3. Quelques lectures bonus
Chapitre 3

Quelques lectures bonus

Captain America / Black Panther : Flags of our Fathers #1-#4, Reginald Hudlin & Denys Cowan, 2010


 
Dans le mythos du Black Panther avec le reste de l'univers Marvel, on aime à rappeler que le papa Roi avait rencontré en son temps un certain Captain, dans des circonstances plus ou moins canonisées - au travers de la mini Flags of our Fathers, Hudlin repense cette rencontre pour les amateurs de récits de guerre fantasque et du trait formidable de Denys Cowan.

En plus du symbole d'avoir aux dessins l'un des fondateurs de Milestone sur le Black Panther, la série prend le parti de traiter du sujet des soldats noirs enrôlés pendant la Seconde Guerre Mondiale, une participation active qui aidera en grande partie le discours des revendications dans les années 1960 pour l'égalité aux Etats-Unis.
 
Au-delà de ça, le volume a surtout l'intérêt d'être somptueux à regarder, et de pouvoir aussi bien plaire aux fans de Lobster Johnson ou de toute autre Mignolerie de qualité, tant ce mélange de culte africain, de Red Skull et de combat épique de deux hommes face aux forces de l'Hydra est une franche réussite, un joli complément à posséder si vous n'êtes pas du genre à manger des tonnes de numéros en une prise.
 
Black Panther - The Man Without Fear #513-523, David Liss & Francesco Francavilla, 2011



Un volume plus intéressant par son aspect atypique : on aura vu le Black Panther à échelle street-level dans les pages de Priest, et le héros endosse ici le temps d'une dizaine de numéros le rôle de protecteur de Hell's Kitchen. Une approche qui fait d'autant plus plaisir que le récit de Liss et Francavilla est ici la suite et conclusion directe du double run de Bendis et Brubaker/Diggle sur Daredevil, après Shadowland et le départ de Matt Murdock.
 
T'Challa quitte donc ses obligations royales pour devenir un justicier des rues, qui mène l'enquête dans un angle polar génial et superbement illustré, pour les amoureux d'une panthère coupée de son Wakanda et ôtée à ses intrigues royalistes. On retrouve un peu de l'énergie de Brubaker sur sa fin de run et le goût de Marvel pour les bons récits policiers teintés de héros en costume, un joli plaisir.
 
A noter bien entendu que cette déclinaison, si elle permettra aux fans d'une autre école de se familiariser avec le héros, que la majorité des histoires qui lui sont dédiées ne ressemblent en fin à ce Man Without Fear. On sent à l'époque un besoin chez l'éditeur de garder le personnage en vie sans remettre en route un nouveau run, et la méthode se révèle inventive et plutôt très réussie. Par chance, ce run est disponible dans Black Panther : l'Homme sans Peur, édité (forcément) par Panini.
 

Black Panther vol. 3 #39-41 / Secret Invasion, Jason Aaron, Jefte Palo, 2009


 
Après la conclusion du quatrième volume, Hudlin cède sa place à Jaason Aaron le temps du tie-in avec Secret Invasion, guerre spatiale de taille entre les Terriens et un envahisseur Skrull bien décidé à en découdre, pouvoirs au plancher. Le Wakanda n'échappe pas à la règle, et du fait de sa supériorité martiale, écope d'une opération militaire spécialement commanditée.
 
Ce tryptique (génial) est l'opportunité pour Aaron de verser dans le récit martial, le véritable genre guerrier à la Warhammer ou aux hors séries Star Wars : un T'Challa qui guide ses troupes en costume de panthère et n'opère, pour ainsi dire, jamais à visage découvert, un vieux commandant Skrull rôdé, fourbu, las de cette sempiternelle croisade et respectueux de ses adversaires. Tout l'arc est génial, jusque dans ses défauts où l'on retrouve des tropes stéréotypés mais brillants dans cette promesse tenue jusqu'au bout.
 
Perméable également, ce moment là qui intervient après et avant l'appropriation générale de Hudlin est aussi l'occasion de voir du Jason Aaron (à l'époque pas encore aussi prolifique chez l'éditeur qu'il ne le sera devenu au fil des ans) s'essayer au Black Panther - le résultat est à son image, violent, marquant, beau. Bref, on vous le recommande. Ce triptyque est aussi à retrouver dans l'anthologie Je Suis Black Panther, déjà évoquée au cours de ce dossier.
 
 
Si vous voyez des moments de la continuité wakandaise qui nous auraient échappés ici, n'hésitez pas à compétez ces indispensables par votre propre liste, et en attendant, ne manquez pas d'approfondir sans modération vos lectures de ce passionnant héros, qui, à l'ombre d'autres figures connues (plus blanches), reste l'un des meilleurs de ce que la Maison des Idées a à proposer.
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Chapitre 1

Les premiers pas

Fantastic Four #52-53, 1966, Stan Lee & Jack Kirby


 
C'est au départ entre deux arcs des Quatre Fantastiques qu'apparaissent les premières traces de culture wakandaise. Tout est déjà là : le Black Panther est le régent et protecteur d'une nation jamais envahie, protégée par un mensonge de la convoitise des colons blancs. Le Vibranium est déjà le métal le plus puissant existant à l'état naturel, le Wakanda supérieur à ses voisins outre-Atlantique, et les origines du Roi T'Challa déjà écrites telles que nous les connaissons.
 
Son père, T'Chaka a été assassiné par un dénommé Ulysses Klaw, premier nom de la rogue gallery du Panther inventé d'emblée par Lee comme le sempiternel leitmotiv de ses héros à l'origin story endeuillée. Le brave scénariste aura une énième fois vu juste, puisque Klaw reviendra en permanence à chacune des relances du personnages comme un avatar perpétuel de l'envie des colons et foreurs de sol de mettre la main sur le riche patrimoine wakandais.
 
Stan Lee écrit cependant T'Challa différemment de ce à quoi nous avons l'habitude - le personnage reprend explicitement le background esthétique des séries de pulp typées Jungle Adventures : une steppe africaine standard, où tentures et pailles remplacent la cité ultra-technologique que nous connaîtrons plus tard. De même, si le Black Panther aura toujours gardé un certain cérémonial rituel, il est ici une sorte de Predator qui invite les Fantastiques pour les affronter dans une vaste chasse à l'homme. Afin de se tester, voir s'il est prêt à endosser le costume et affronter Klaw - il vaincra chacun des héros en un contre un, sans parvenir à les défaire une fois rassemblés.
 
A noter, ces numéros sont enclavés dans un arc qui voit la série croiser le chemin des Inhumans - inventés un an plus tôt. A conseiller pour le trait de Kirby et l'aspect définitif de ces origines qui ne changeront, en définitive, jamais. Ce récit est d'ailleurs à retrouver dans l'anthologie Je Suis Black Panther, récemment éditée chez Panini Comics (et critiquée par nos soins sur 9emeArt).
 

Jungle Action #6-24, Don McGregor, Rick Buckler, Klaus Janson Billy Graham, 1973


 
Si le passage de Don McGregor passerait pour anecdotique en comparaison de runs évoqués plus loin, son importance est cruciale : en 1973, cela fait sept années que le Black Panther a été créé, et on l'aura surtout vu oeuvrer aux Etats-Unis au milieu des titres Vengeurs, Fantastic Four ou Tales of Suspense. Le scénariste sera le premier à ramener T'Challa sur ses terres, et à semer les graines des récits-types de ce héros dont la mythologie reste encore à créer.
 
Ce sera dans les pages de Jungle Action, une série qui servait jusqu'alors à d'autres aventures de wildlands à la Tarzan, que le scénariste posera ses idées, accompagné de Rick Buckler ou Billy Graham aux dessins, et le non-négligeable Klaus Janson, encreur et dessinateur culte du run de Miller sur Daredevil. La comparaison n'est pas innocente, puisque, dans l'usage du style de l'époque, la gravité, l'intériorité et la cruauté de vilains pensés comme le reflet des héros à un moment où le comics se transforme pour devenir un medium sérieux et sombre, McGregor écrit ce que l'on pourrait considérer comme le Born Again du héros.
 
Comparatif qui vaut autant pour la qualité d'écriture, le dynamisme des dessins, mais surtout, l'aspect indispensable de ce run pour redéfinir un personnage que l'on ne pourra plus ensuite écrire comme avant. Crédité à l'invention de Killmonger, porté par un style dynamique et assez parfait pour les amateurs de ligne claire, c'est une lecture brillante pour les fans d'oldies ou de ce style Bronze Age où le comics commence enfin à se prendre au sérieux.
 
Ces récits sont également à retrouver dans une intégrale Black Panther, également publiée en français chez Panini.
 

Black Panther vol.1 #1-#14, Jack Kirby, 1977


 
En 1975, Jack Kirby quitte DC Comics après y avoir créé les New Gods, les Forever People ou OMAC - autant dire que le king était dans un certain état d'esprit lorsqu'il retrouve, sur sa planche à dessins, le roi du Wakanda à qui il donnait vie une dizaine d'années plus tôt. Loin d'être dans les clous du run de McGregor, Kirby donne dans ce qu'il sait et connaît : la création mythologique, l'aventure rapide, faste, ample, des dialogues verbeux et une construction qui l'autorise à donner dans le fantasque de costumes et de paysages variés.
 
Plus esthétique que scénaristique, le passage de l'auteur/dessinateur se fait ici en roue libre, comme d'autre de ses travaux de l'époque. Kirby refuse d'être muselée une seconde ou troisième fois, et fait ce qui lui plaît quitte à paumer le lecteur en route dans ses pérégrination psychédéliques aux confins d'un Wakanda plus halluciné que jamais.
 
Il en ressortira assez peu de choses dans ce que le lecteur aime ou comprend des qualités classiques de T'Challa - le héros est ici balotté par des intrigues complexes, qui vont vite et s'adressent bien plus aux amoureux du Kirby en création totale. Loin d'être une pierre angulaire, et d'ailleurs assez peu d'auteurs se reserviront de cet héritage sur la suite. L'intérêt principal ? C'est magnifique, et si on ne retrouve pas la force des casques Asgardiens, la nation du Wakanda inspire l'immense artiste - c'est déjà ça. Si le trip vous intéresse, c'est à retrouver dans Black Panther : le monde va disparaître !, édité récemment sur nos vertes contrées.
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