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The Incredible Hulk : un mal pour un bien ?

The Incredible Hulk : un mal pour un bien ?

chronique

Précédemment, dans notre #CountdownToInfinityWar : 


Retourner à The Incredible Hulk près de dix ans après sa sortie, c'est un sacré voyage, et des retrouvailles avec un univers qui n'a encore pas toutes les marques de ce qu'il est aujourd'hui. D'un point de vue personnel, en 2008, c'est The Dark Knight sur grand écran, et un désintérêt assez prononcé pour ce qu'il se passe du côté de Marvel - la perspective de l'univers partagé en construction ne m'effleurant pas le moins du monde. Pour preuve, lorsque je découvre le film bien plus tard, j'en oublierai de regarder la scène post-générique, seul morceau réel d'ADN "Marvel Studios" dans ce Hulk - à mon humble avis, évidemment.

Réalisé par Louis Leterrier, le projet est tout aussi porteur d'intérêt que de craintes. Il aligne pour lui un casting aguicheur : Edward Norton dans le rôle de Bruce Banner (lui qui gardera à jamais une certaine aura pour le duo American History X/Fight Club), Liv Tyler, éternelle Arwen, pour lui donner la réplique, et Tim Roth en antagoniste, une "gueule" de méchant comme le cinéma sait en produire. De l'autre côté, il y a le souvenir douloureux du film Hulk d'Ang Lee (sorti cinq ans plus tôt), et la décision du studio d'en oublier tout ou partie, avec une succession de flashbacks en ouverture pour rappeler un contexte. Bon point pour ne pas proposer une nouvelle origin story à si peu d'années d'écart, d'autant plus que la conclusion - et l'ouverture de The Incredible Hulk - restent dans le même ton.


S'il accuse un certain coup de vieux, The Incredible Hulk n'est pas désagréable à revoir. La première partie qui se déroule au Brésil est même de très bon niveau, dans ce qu'elle propose d'un côté avec Bruce Banner, scientifique à l'abandon qui cherche désespérément à guérir de son affliction monstrueuses (et pas encore super-héroïque), et la façon dont Leterrier montre le Hulk pour la première fois. Sans qu'on ait à attendre des masses, la scène de poursuite par les soldats de l'armée, dans l'usine de sodas, démontre d'un réel savoir-faire, lorgnant du côté de l'épouvante pour garder son géant vert dans l'ombre, qui devient alors une créature du cinéma fantastique plus que la force brute chargée de sauver le monde avec ses camarades, dans quelques années. 

Malgré ce bon point d'ancrage, on a du mal à poursuivre la suite, et encore plus à l'heure d'aujourd'hui, après tous les films Marvel Studios qu'on a pu voir. Parce que The Incredible Hulk a du mal à en suivre la recette. Les rares touches d'humour sont mal amenées et tombent à plat, et l'ensemble se montre très sérieux, très premier degré, Norton et Tyler passant leur temps à se morfondre de leurs histoire amoureuse impossible. Et il faut dire que le conditionnement à Mark Ruffalo n'aide pas à retrouver Banner sous les traits d'un autre. C'est peut-être cette recette que le MCU aura prise en cours de route, et qu'on a du mal à retrouver par ici, qui fait que The Incredible Hulk peine à rester dans les mémoires, vestige d'un démarrage un peu poussif, avant que la machine ne bénéficie du moteur Disney pour se mettre véritablement en route.

Outre l'insistance sur le côté amoureux des protagonistes et les yeux de biche (et le sussurrement continu) de Liv Tyler, il faut reconnaître à Leterrier un certain sens de l'action, parfois au détriment d'un scénario qui s'accélère de façon brute pour installer son gros méchant en CGI, une Abomination au design pas vraiment fidèle à sa version papier, et qui elle, en prend pour son grade dix ans après. Syndrome de ce qu'on appelle l'average CGI monster, l'Abomination répond au moins à ce critère du vilain pas mémorable des films Marvel Studios, reproche qui n'aura réussi que peu de fois à être évité, malgré les castings souvent haut de gamme des productions.


Que retenir alors de The Incredible Hulk dans la démarche du MCU ? Mis à part quelques noms affichés dans son générique (Stark Industries, S.H.I.E.L.D.) et un caméo de Robert Downey Jr. dans la post-gen, il est difficile de rapprocher ce film du reste, avec notre regard actuel. A l'heure de la sortie (je rappelle qu'on avait eu The Dark Knight, histoire de), la recette n'était pas encore complètement posée, et peut-être est-ce là l'occasion manquée d'avoir un univers partagé aux tonalités vraiment différentes, alors que, si les films Marvel Studios ne répondent pas tous du même genre, ils gardent un certain ADN qui fait qu'on reconnait aisément leurs productions. 

Témoin d'une époque désormais révolue, et si la perspective de ravoir un film Hulk solo est entravée par des bails de droits avec Universal, The Incredible Hulk est comme un point de passage forcé pour l'univers cinématographique de Marvel. Une brique mal assortie aux autres, mais nécessaire à la construction d'un mur. Pas vilain, pas vraiment bon, l'opus de Leterrier n'en reste pas moins important par sa place un peu compliquée, mais faut-il vraiment le revoir autrement que pour un certain devoir de mémoire ? Ce sera à vous de juger.

A la semaine prochaine !

Arno Kikoo
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