Home Brèves News Reviews Previews Dossiers Podcasts Interviews WebTV chroniques
ConnexionInscription
Maestros #1, la review coup de coeur

Maestros #1, la review coup de coeur

ReviewImage
On a aimé• Entre Hellblazer et Rick & Morty
• C'est vraiment beau
• L'humour absurde, hilarant
• Plus qu'une simple lecture marrante
• Le niveau Garth Ennis de l'écriture rentre-dedans
On a moins aimé• Pas pour les enfants !
• C'est à peu près tout
Notre note

Maestros #1, cette semaine chez Image Comics, un numéro surprise qui semble déjà mettre tout le monde d'accord. Pitch fou, humour déjanté à l'anglaise, absurde et violent, concepts cosmiques et mythologiques, la série se présente comme une vraie belle trouvaille de l'éditeur, qui dégaine sur une série qui pourrait avoir été lancée par Mark Millar dont on retrouve quelques accents, si celui-ci était aussi aux planches (vraiment réussies) de cette trouvaille définitivement iconoclaste. 


La série est signée Steve Skroce, un artiste connu pour avoir travaillé chez Marvel et qui a collaboré plusieurs fois avec les soeurs Wachowski sur les storyboards de films tels que Matrix, V pour Vendetta ou encore Speed Racer. On le connaît aussi pour We Stand on Guard, et fait plus intéressant, pour Doc Frankenstein que le bonhomme signe avec Geof Darrow. Le style supra-punk du papa de Shaolin Cowboy semble avoir manifestement été une des influences de Skroce sur ce Maestros #1, qui respire à plein poumons un air de BD à la 2000AD, dans ses influences magico-mystiques jusqu'à son humour complètement rentre-dedans et génial dans ses concepts permissifs et absurdes. Mais au fait, Maestros, de quoi ça s'agit ?
 
La série raconte comment le Maestro, sorte de divinité cosmique inspirée de l'écriture biblique, est assassiné par Madok, un sorcier condamné à l'emprisonnement qui se serait échappé. C'est sur ce pitch hautement fantasy que la série démarre, et on retrouve des idées de vieilles sagas cosmiques ou basées sur la sorcellerie des années '70 dans les premières pages, immédiatement désamorcées lorsque le conseiller royal balance dans l'équivalent littéraire de la langue de Shakespeare la locution "nous voilà bien baisés". L'ex femme et ex Reine du royaume part quérir le seul être capable de constituer un héritier digne au règne du Maestro, son fils, banni sur Terre il y a des décennies pour de sombres agissements.
 

 
La série embraye sur ce personnage, à mi-chemin entre un John Constantine et un Han Solo désabusé. C'est là qu'apparaissent les premières bribes d'un esprit loufoque à la 2000AD : érections magiques, dialogues de bar irlandais, violence sans concessions et sous-texte sexuel (très, très, très) régulier. Il était question plus haut de Mark Millar : l'écossais a en effet à plusieurs reprises dans sa carrière joué sur le côté behing the scenes de différents genres. Ce côté marrant de casser un cliché grandiloquent, comme le super-héros ou les space adventurers dans Starlight, on le retrouve ici avec le monde magique et les sagas de fantasy basés sur ces concepts. Tout est désacralisé avec un laisser aller génial, qui se pare de la capacité "tout peut arriver" de séries récentes comme Rick & Morty. Le second degré marche à chaque fois, et la série se pare d'idées plutôt surprenantes sur la création et la conception de notre planète.
 
Parce que Maestros n'est pas seulement une série portée sur l'humour gras, le point de départ posé par ce premier numéro pose de vraies pistes intéressantes, qui se poursuivront, on l'espère, dans les prochains. Avec une porte ouverte sur une infinité de possibilités, la série se permet déjà deux trois trouvailles visuelles, comme un homme-plante ou des références à des sagas comme Conan ou Willow, entre autres. Le dessin foisonne et se montre vraiment généreux dans les planches, bien composées et ruisselantes de détails - on apprécie toujours plus une série dont le créateur est à la fois aux planches et au scénario (surtout quand c'est réussi) et Skroce fait carton plein sur les deux tableaux. Mention aussi aux couleurs de Dave Stewart, qui enrichissent joliment l'ambiance esthétique.
 
L'humour et la déconne restent cependant la force du numéro, qui surprend par une peinture assez géniale de son héros et de sa sombre parentalité. Héritier du Maestro, le héros évolue dans un monde où les dialogues prennent des recoins absurdes ou ironiques toujours bien rythmés, et cassent une fois encore l'idée que tout va se décanter vers une série traditionnelle. L'ensemble est hilarant, et se mêle à des moments de violence vraie où les lambeaux de chairs volent dans les pièces pour le plaisir des yeux. En définitive, pas aussi ironique que Shirtless Bear Fighters, mais plus sincère que votre Hellblazer next door, à lire d'urgence pour les amateurs des premiers travaux de la gamme d'auteurs Vertigo, si vous connaissez les noms.
 

 
En somme, Maestros #1 est donc un joli coup de coeur adressé aux fans d'une écriture à la Garth Ennis, Mark Millar ou certains essais bien gras des séries à l'anglaise. Ce premier numéro est un carton plein - dans sa capacité à être en plus une jolie surprise au milieu des séries Image. Si l'éditeur compte parmi les phares majestueux de la création en science-fiction, magie et imaginaire général, l'aspect déconne est toujours un plus dans cet océan de séries sérieuses où une respiration qui mêle avec adresse la qualité et le délire fait vraiment du bien. On emballe tout ça et on reste à l'affut du prochain numéro, en vous remerciant. 
Corentin
est sur twitter
à lire également
Commentaires (0)
Vous devez être connecté pour participer