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Legion, la critique du pilote

Legion, la critique du pilote

ReviewSeries tv
On a aimé• Une folie maîtrisée
• Les acteurs en forme
• Une direction artistique somptueuse
• Un nouveau souffle pour les X-Men à l'écran ?
On a moins aimé• Parfois trop "foufou"
• Un gros doute sur la suite
Notre note

Des années avant l'arrivée des Avengers, ce sont les X-Men qui triomphaient sur le grand écran. Et malgré des films qui ont marqué le genre - je pense notamment au second X-Men de Bryan Singer - la licence mutante a eu le temps de s’effriter en plus de quinze ans d'exploitation dans les salles obscures. Heureusement, la Fox peut désormais compter sur les millions que représente Deadpool, et peut-être bientôt sur la télévision, en témoigne le pilote de Legion, basé sur le personnage de David Haller (le fils de Charles Xavier du côté des comics), diffusé cette semaine sur la chaîne FX.

Un pilote qui, disons-le tout de go, nous a soufflés. Il faut dire qu'on retrouve à la barre l'excellent Noah Hawley, connu pour son adaptation en série télévisée de Fargo. Le bonhomme n'en est pas à son premier coup d'essai, et même une licence aussi codifiée que les X-Men ne saurait résister à sa créativité qui frise la folie. Et ça tombe bien, puisque nous suivons ici les aventures d'un protagoniste atteint de schizophrénie, plongé dans un hôpital psychiatrique qui derrière sa décoration tout droit sortie des sixties, est plutôt flippant. Le premier tiers de cet épisode est ainsi consacré à un exercice de style assez taré, qui entend nous faire ressentir la folie ambiante par tous les moyens possibles et imaginables. Une ambition qui parcourt la quasi-totalité de ce pilote, mais qui est particulièrement vraie pour son ouverture, déroutante.

Dans celle-ci, le réalisateur et scénariste Noah Hawley s'amuse à brouiller jusqu'à nos sens avec des techniques toujours plus variées, et pulvérise en tous cas nos longues années d'apprentissage des codes mis en place par les networks. Véritable OVNI, l'entrée en matière de ce pilote détourne ou contourne en effet toutes les habitudes des séries américaines à gros budget et nous laisse avec un nombre très limité d'indices et de repères. Pourtant, on s'accroche, portés par l'interprétation parfois bluffante de Dan Stevens, qui incarne le personnage principal, ou de Rachel Keller et d'Aubrey Plaza, elles aussi impressionnantes dans leurs rôles de patientes loufoques. Scotchés par le talent de ce trio, on finit par oublier un manque criant d'informations et notre besoin primal d'exposition. Et malgré un frisson de doute provoqué par des scènes parfois artificiellement folles, on se prend au jeu.

Et quel jeu mes aïeux. En un seul et unique épisode, Noah Hawley fait montre de tout son talent en jouant avec tous les instruments à sa disposition. Le montage - visuel et sonore - forcément, mais aussi les bruitages, le choix de la musique et même du format de l'image. Tout est fait pour nous plonger dans l'esprit troublé du personnage principal et dans une ambiance complètement dingue. Or, malgré de multiples timelines - qui finissent d'ailleurs par s'imbriquer - de nombreux personnages et des passages sous acide, tout reste clair et bien ficelé. Une jolie prouesse de la part du créateur du Fargo télévisé, qui dans un chaos ambiant, parvient à construire une intrigue ordonnée et très prometteuse, qui pourrait bien être capable de jouer avec toutes les puissantes métaphores de la licence X-Men sans passer par ses lieux communs - que les producteurs Bryan Singer et Simon Kinberg en prennent de la graine !

Ajoutez à cela une direction artistique des plus léchées, qui rivalise avec les films de Wes Anderson et évoque, le temps de quelques fulgurances, les classiques d'un certain Stanley Kubirck et vous obtenez une véritable exception dans le paysage des adaptations de comic books. Le travail des équipes dépêchées par Noah Hawley force tout simplement le respect et inscrit Legion dans un univers qui parvient à s'affranchir du temps - les décors évoquent successivement les sixties, les années 80 et un futur à la Spike Jonze  - et de l'espace pour virevolter au rythme de l'esprit débordant de son personnage principal. Une expérience certes déroutante, mais surtout rafraîchissante !

A l'heure où fleurissent des adaptations toujours plus automatisées de nos bandes-dessinées favorites, Noah Hawley réussit l'exploit de s'approprier la franchise X-Men et ses thèmes les plus forts dans une œuvre d'une richesse visuelle dingue, qui commence comme un exercice de style mais se termine comme une vraie démonstration de force. Assurément, ce pilote de Legion aurait pu être un sans faute si nous n'avions pas un énorme doute à l'issue de cet épisode : la série parviendra-t-elle à étendre cette ambiance à sept autres opus ? On se rassure avec les talents de Noah Hawley et les pouvoirs de David Haller, mais on se souvient aussi que les trailers ont exclusivement été montés à partir de ce premier épisode. Coup marketing de génie ou OVNI bienvenu dans les paysage des adaptations super-héroïques ?

Il faudra attendre une semaine de plus pour avoir notre réponse. Mais en attendant, sachez que Legion nous a fait forte impression !

Republ33k
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