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Super-héros et animation : une injustice bientôt réparée ?

Super-héros et animation : une injustice bientôt réparée ?

chronique

D'ici la fin de la semaine, le monde entier pourra découvrir le film d'animation Spider-Man : into the Spider-verse dans les salles de cinéma. La vraie question sera de savoir combien de personnes fera le déplacement. Il est déjà attesté par la plupart des rédactions que Spider-verse est une totale réussite sur tous les points - et ce n'est pas ici que vous trouverez un avis contraire. A côté, on vous aura répété de multiples reprises ces derniers mois tout le potentiel que l'on sait être aux côtés de l'animation pour le registre super-héroïque sur grand écran. A se demander, en vérité, pourquoi il aura fallu attendre 2018 pour que Spider-verse puisse voir le jour.


Une pensée me frappait il y a quelques jours. A essayer de me remémorer les films que j'ai préférés ces dernières années, c'est dans l'animation que se trouve très souvent mes coups de coeur - et de façon explicite pour ce qui concerne le super-héros. Les deux dernières années auront été très riches de ce côté là, le quator Lego Batman, Indestructibles 2 - Teen Titans GO! to the Movies et Spider-verse montrant sans problème la richesse et la diversité artistique pouvant opérer, quand le live action, si divertissant qu'il soit, accuse de plus en plus le coup de schémas répétés à longueur de journée. Ce qui ne les empêche pas d'avoir de bons côtés ou de ramener toujours plus de millions au box-office - ce qui est un autre sujet. De son côté, l'animation compte aussi ses blockbusters qui engrangent quantité de billets verts, mais du côté des super-héros, il faut croire qu'il y a encore réticence à se lancer dans le bain.

Peut-on croire qu'au niveau décisionnaire, il soit encore une majorité de personnes en place pour penser qu'allier le genre super-héroïque et l'animation n'accoucherait que d'un film destiné aux enfants, et qui n'attirerait donc pas un autre public ? Ou au contraire, que la majorité du public adulte voit dans les films animés un produit pour gamins puisque c'est ainsi que sont marketés la plupart de ces productions - et qu'elles le sont -, condamnant à tout film qui sortirait du lot à de certaines difficultés en termes de rentabilité ? Il sera difficile de trouver des réponses uniquement sur le point de vue monétaire puisque l'ensemble des films de super-héros animés des dernières années se sont montrés rentables. Même Teen Titans GO! to the Movies, honteusement ghosté de nos salles obscures, et porteur d'un minuscule 50M$ au box-office mondial, réussit à rapporter cinq fois sa mise initiale.


Il y a certainement un ensemble de conceptions très larges qui doit motiver les studios à ne faire que peu de place à toute proposition alternative au live action. Parce que le grand public a soif de "réel", de voir des super-héros et vilains s'affronter dans des décors qui rappellent le quotidien ou "qui fassent vrai", quand l'animation, elle, malgré des possibilités créatives démultipliées, ne semble pas séduire grand monde. Et par grand monde, il faudra bien entendu sortir des sphères de cette partie du public également lectrice de comics. L'amoureux de bande-dessinées, sait d'où viennent ces personnages, apprécie le dessin et aussi de le voir en mouvement, et aura certainement moins réticence à avoir un personnage animé plutôt qu'à une proposition en chair et en os.

Les avantages liées aux films animés sont pourtant multiples. Inutile de se préoccuper de la forme physique ou de l'âge des comédien(ne)s de doublage, de la construction de décors, de louer des pans entiers de ville, d'essayer de rendre quoique ce soit de crédible vis-à-vis du monde réel. Par sa proximité à la bande dessinée, c'est là aussi que se multiplient les possibilités narratives, les emprunts aux comics pouvant se faire littéralement, tels les découpages de cases et autres cases de pensée qui apparaissent dans Spider-verse. La caméra n'a pas à répondre à d'autres contraintes que les limites de l'imagination et les capacités des designers et autres metteurs en scènes. Et surtout, c'est par l'animation que les idées les plus folles véhiculées par le super-héroïque peuvent prendre vie sans qu'il n'y ait de gêne sur le rendu final.


Le vent est peut-être en train de tourner. Il faut espérer que l'immense consensus critique sur Spider-verse, et l'amour universel que le grand public a pour une figure comme Spider-Man, réussiront à motiver ceux qui, d'habitude, laissent l'animation pour les enfants et les adultes infantilisés. Outre sa richesse artistique, son rapport aux comics et au Tisseur dans son ensemble, le film a aussi, s'il fallait comparer à Lego Batman ou Teen Titans GO!, une volonté de raconter une histoire qui ne soit pas parodique ou en perpétuelle auto-dérision. Sony Pictures a déjà validé une suite et un spin-off à ce qui pourrait être le vrai carton surprise de l'année. De quoi faire oublier que le studio est également responsable de l'une des plus grosses insultes aux super-héros (vilains ?) de la décennie. 

Arno Kikoo
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