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The Flash : Jonathan Goldstein et John Francis Daley reviennent sur leur script avorté pour le film maudit de DC

The Flash : Jonathan Goldstein et John Francis Daley reviennent sur leur script avorté pour le film maudit de DC

BrèveCinéma

Avec le recul, on a parfois le sentiment que certaines personnes s'expriment trop tard. C'est vrai : pour chaque production sacrifiée par les décisions des commanditaires, nous n'entendons parler des versions antérieures, de ces films qui auraient pu faire mieux, que lorsque tout le monde semble finalement avoir tourné la page. Prenez The Marvels par exemple : il aura fallu que Nia DaCosta remonte la pente d'un échec cuisant, pour s'imposer (de nouveau) comme l'une des voix innovantes du cinéma de genre moderne, pour que quelqu'un accepte enfin de lui tendre un micro. Et que celle-ci puisse expliquer que le produit sorti dans les salles de cinéma ne reflétait pas spécialement ses propres aspirations artistiques. Le mal était déjà fait.

The Splash

Dans le même ordre d'idée, pour cette catégorie des oeuvres maudites (et de ce point de vue, nous parlons bien du champion toutes catégories), Jonathan Goldstein et John Francis Dailey ont récemment eu l'occasion de revenir sur leur expérience de scénaristes pour l'adaptation de Flash chez DC Films. Sur ce projet, qui aura pris... un certain temps, en passant entre les mains d'une quantité... impressionnante de scribes sur commande, les deux loustics, connus pour leur travail d'auteurs comiques (Donjons & Dragons, Comment Tuer Son Boss, etc), auront fait partie des rares noms propres encore crédités au générique. Techniquement, Goldstein et Daley sont même officiellement présentés comme les deux personnes à l'origine de l'histoire du film, ce qui sous-entend généralement que l'un et l'autre auront proposé une version du script que le studio aura choisi d'acheter, puis de retenir.

Toutefois, le crédit "Story By" au générique ne veut pas forcément dire grand chose de plus. Parfois, le traitement original aura pu convenir pour un temps avant que la production ne commande une deuxième ou une troisième version. En l'occurrence, The Flash rentre dans ce cas de figure, puisque Christina Hodson (Birds of Prey) se sera finalement chargée de coucher sur papier le film qui nous aura été proposé dans les salles de cinéma. Golstein et Daly auront donc été rendus complices malgré eux de la catastrophe finale. Même si, dans le cas présent, il ne serait sans doute pas juste de faire porter l'échec de The Flash sur une seule paire de mains. Pas plus pour Hodson que pour Muschietti. Sans avoir besoin de refaire tout l'historique, le truc peut revendiquer avec assurance son statut de film maudit.

Et pour leur version alors ? Là-encore, assez peu de détails auront été communiqués, mais la piste de réflexion principale portait manifestement autour du Bruce Wayne de cette réalité Flashpoint. Et pour une différence assez importante, puisque celui-ci ne serait... jamais devenu Bruce Wayne dans le script de Goldstein et Daly. Voici ce qu'ils ont indiqué aux équipes de The Playlist :

"L'élément qui a été retenu, depuis notre version, c'était cette idée d'un Barry Allen du présent qui partait à l'aventure en compagnie d'une version un peu plus jeune que lui dans cette réalité déformée. Mais tout le reste était différent. Chez nous, Bruce Wayne n'était jamais devenu Batman. On en avat fait une sorte de milliardaire oisif, désoeuvré, sans but, un playboy qui ne savait pas trop quoi faire de sa vie. Et pour nous, Barry devait le convaincre de devenir un héros, une idée qui nous plaisait bien. Ce n'est pas ce qu'ils ont gardé dans le film. Ils en ont fait... le Batman de Michael Keaton. Donc peu d'éléments de notre version ont survécu, malheureusement."

Au final, le choix d'avoir voulu imposer le Batman de Michael Keaton s'inscrit donc certainement dans cette longue liste des décisions de producteurs qui auront entaché la gestation du film Flash. DC Films était alors en pleine tentative de recomposition, et le fait de parier sur la nostalgie des fans, avec un film plus vaste, plus riche en super-héros (nous étions encore dans la queue de comète d'Avengers : Endgame, mine de rien) et qui aurait pu parier sur une marque préétablie, aura pu passer pour une bonne idée d'un pur point de vue de marchand de tapis. Malheureusement, le grand public n'était peut-être pas si nostalgique que ça du Batman d'autrefois... ou pas sous cette forme.

Pas plus pour le Batman de George Clooney d'ailleurs, même s'il faut bien admettre que cette trouvaille finale était tout de même plutôt savoureuse. Dans le même ordre d'idée, on se rappelle aussi que Phil Lord et Chris Miller auront eux-aussi évoqué les nombreuses idées ("devenues inutilisables" selon eux) paumées lors de la production de The Flash et dont le grand public n'entendra jamais parler. Parfois, toutes les intentions du monde peuvent se réunir pour tneter d'assembler un bon film... mais vous savez ce qu'on dit : quand ça veut pas, ça veut pas. Rendez-vous d'ici deux ou trois ans pour découvrir quelles autres bonnes idées auront été arrachées du script final de Supergirl, d'ailleurs. C'est toujours rigolo de refaire le match sur l'immense charnier qui nous sert de genre de cinéma.

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Illustration de l'auteur
Corentin
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