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X-Men '97 : une saison 2 généreuse pour les fans (mais surtout les fans de comics ?)

X-Men '97 : une saison 2 généreuse pour les fans (mais surtout les fans de comics ?)

ReviewSeries tv
On a aimé
• Une franche générosité dans l'amplitude des personnages
• Un casting vocal toujours convaincant
• Ce même travail sur la direction artistique
• Au global, une saison qui tient ses promesses
On a moins aimé
• Malgré quelques chutes de rythme
• Moins de politique, plus de piou piou
• Des problématiques dans le montage et l'épaisseur générale
• Qui s'expliquent sûrement pas le nombre d'épisodes
Notre note

Fin de partie pour la deuxième livraison de cette éternelle plongée nostalgique dans les méandres de l'année 1997 ! Le fait est que la série animée de Marvel Television porte bien son nom. Même lorsque l'intrigue aura bien été obligée d'avancer, il a surtout été question de voyages temporels... pour ensuite revenir vers le point d'origine. Dans la continuité d'une saison estivale plutôt riche sur le front des super-héros de l'animation (avec Batman : Caped Crusader et My Adventures with Superman chez DC Comics), chez Marvel Studios, la division des feuilletons, toujours pilotée par le brave Brad Winderbaum, est revenue en force avec une nouvelle saison de la série X-Men '97. Générique, musique qui claque, tout ça tout ça.

Au global, la suite des aventures de ces mutants du petit écran s'est déroulée sans encombre, si ce n'est pour quelques limites évidentes dans la construction et l'organisation des épisodes proposés. Pas de quoi freiner le plaisir de l'expérience, même si le résultat ressenti se révèle tout de même moins riche sur le plan politique, et peut-être un peu moins bien digéré dans son approche de la matière comics. Ou en tout cas, moins que pour ce que nous avait proposé la saison originelle, celle qui avait officiellement amorcé la résurrection de l'ancienne série animée de Fox Kids. Forcément, la saga des X-Men étant autrement plus complexe que le sempiternel stéréotype du combat contre les Sentinelles de l'intolérance et du racisme, il était naturel de devoir passer par certains points de passage obligatoires. Et en l'occurrence, on ne pourra pas dire le contraire : l'équipe créative a décidé de voir grand !

Age(s) of Apocalypse

Résumons nous : au sortir de la première saison, les membres des X-Men se retrouvent propulsés en différents points du temps, et doivent désormais fonctionner comme autant d'équipes autonomes. L'équipe scénaristique (globalement supervisée par Matthew Chauncey, qui adapte dans les grandes lignes le plan de bataille de Beau DeMayo malgré le licenciement de l'ancien chef-de-projet pour une sombre histoire de scandale sexuel restée relativement floue) a décidé de se cadrer sur un seul vilain "principal" pour tenir l'intrigue des neuf épisodes prévus au compteur. A savoir, En Sabah Nur, ou Apocalypse, le premier représentant de son espèce dans la chronologie traditionnelle. Le combat contre cet adversaire, depuis ses origines et sa transformation jusqu'au moment de la bataille finale, occupera le fil rouge de cette saison deux du premier au dernier moment de la série. En chemin, les scénaristes vont toutefois s'autoriser quelques variations.

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L'essentiel des éléments ont été respectés : un combat philosophique entre Charles Xavier et Magneto pour l'avenir de la mutanité subsiste encore et toujours, cette fois incarné par les retournements de veste du jeune Apocalypse dans le passé autour de l'utilisation de ses pouvoirs. Le traumatisme des personnages est traité sous un angle généralement sérieux et dramatique, dans le cadre d'une saison qui conserve son propre esprit, son propre équilibre tonal, généralement plutôt tourné vers une philosophie de feuilleton pour adulte, complexe et tourmenté, malgré quelques moments de comédie en forme de clins d'oeil aux fans. Du côté des costumes, et même aussi des petits caméos incarnés par Morph (seule parabole sur le reste de l'univers Marvel au sein de ce petit monde fermé, d'ailleurs), on profite des nombreuses références alignées, des plans qui reprennent de célèbres couvertures, des répliques directement adaptées depuis les BDs, etc.

Au global, X-Men '97 n'a rien perdu de sa superbe malgré un nombre d'épisodes plus restreint (neuf cette fois contre dix pour la première saison) et le départ de l'ancien capitaine. Nous retrouvons les personnages tels quels, comme une authentique suite directe, sans s'encombrer d'une remise à plat des enjeux ou des problématiques.

Au contraire, la série passera même pour plus chargée, plus touffue que la précédente. De fait, avec toutes ces équipes (X-MenX-FactorX-Force, X-Corp...), le temps d'écran alterne entre de nombreux, nombreux, nombreux personnages. Si les têtes d'affiche de cette saison (XavierRoguePolarisCableNightcrawler) tiennent plutôt bien leurs parties, en s'imposant comme le groupe frontal de la plupart des épisodes, celles et ceux sur lesquels reposent les problématiques principales (le deuil, la foi, la reconstruction, l'urgence de sauver le futur, etc), certains segments sont toutefois plus épais avec une importante dose de fanservice. On comprend que cette saison a surtout été pensée comme une opportunité inespérée, de la part de scénaristes qui se revendiquent eux-mêmes comme de gros fans, de faire tenir autant d'éléments que possible dans un tout petit espace. Si bien que l'on perd un peu de vue l'enjeu final... avant que celui-ci ne vienne nous rattraper.

Et on ne va pas forcément s'en plaindre : de fait, aucune autre adaptation des X-Men n'a témoigné d'un tel degré de générosité. Le fait de vouloir faire tenir dans la balance autant d'éléments icônique de cette génération des comics mutants, celle des années quatre-vingt dix, tiendrait presque du miracle pour les nostalgiques de cette période dorée. Voir alignées dans la même pièce cette longue liste d'idées empruntées aux pères fondateurs (ClaremontDavidLoeb, etc) dinstigue nettement X-Men '97 d'autres produits plus timides, ou plus enclins aux tricheries vis-à-vis de leurs racines. Et tout a même été fait, pensé, réfléchi pour cet alignement favorable des planètes du fanservice : plus que jamais, le gimmick des génériques évolutifs, qui assume de changer les personnages présents dans l'intro' musicale, n'aura été aussi rentable. Les fans de chaque équipe profiteront de leur petit moment de bravoure, comme autant de parties de jouets aux figurines différentes. De ce point de vue, c'est génial.

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Et de la même façon, plusieurs épisodes vont assumer une direction artistique différente, avec un traitement de l'image susceptible de coller aux variations temporelles et aux changements de tons entre les épisodes. En somme, une belle fresque, qui reste l'un des produits les plus agréables de cette nouvelle génération de séries animées de super-héros. Malgré tout l'amour que l'on peut ressentir pour Invincible ou pour Batman : Caped Crusader, le fait est que X-Men '97, avec son envie de garder les designs d'époque et d'appliquer un filtre chromatique pour conserver le cool des palettes d'autrefois, profite d'une vraie gueule, unique en son genre, et d'un soin tout particulier pour se distinguer de la concurrence. 

Maintenant, pour en revenir au point initial : cette saison manque toutefois globalement d'un certain équilibre. De fait, la série a été pensée pour être consommée sur un rythme hebdomadaire, et l'enchaînement de ces épisodes qui cadrent avec une vaste topographie de la cosmogonie des mutants, donnera parfois l'impression de quelque chose de confus. Mention spéciale pour l'épisode spécial Wolverine. Il est chouette. On en est contents. Mais, pour une saison qui manquait déjà un peu de place, était-il nécessaire de casser le rythme avec ce genre de hors-série ? Dans le monde réel, ce genre de méthodes ne sont plus si courantes - et nous rappeleraient justement l'époque des années quatre-vingt dix, lorsque les séries animées étaient diffusées sur une plus longue période, et que les scénaristes pouvaient donc s'autoriser ce genre de caprices façon "fillers".

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Avec une structure en forme de rebonds morcelés qui alterne entre les enjeux personnels et pseudo-politiques des X-Factor, face aux allures de péplum dramatique des X-Men bloqués dans l'Antiquité, et d'un thriller riche en courses-poursuites pour les mutants du présent et ceux de la X-Force, la série produit un grand nombre d'idées, un grand nombre de références, mais se paume un peu au passage dans cette débauche de flatteries destinées aux fans les plus voraces. D'autant que cette logique de série en mosaïque ne se limite pas aux périodes temporelles, mais aussi aux zones géographiques. Depuis la bataille contre Danger près du Manoir Xavier jusqu'au Savage Land, encore une fois, la passion et l'enthousiasme se cognent vite aux effets d'un empilage un poil boursouflé. C'est l'inconvénient des avantages, ou l'avantage des inconvénients.

Final Gambit

Néanmoins, une bonne partie de cette critique, pour une saison dans laquelle il reste facile de se paumer, s'explique de la par la nature même d'X-Men '97. Sur le papier, cette saison n'est pas réellement la suite d'un feuilleton engagé depuis deux ans sur la plateforme Disney+ et riche d'une seule et unique fournée d'épisodes... il s'agirait plutôt de la suite, longuement attendue, d'une autre série qui avait déjà, aux grandes heures de la télévision des années quatre-vingt dix, imposé sa propre continuité. Laquelle était déjà suffisamment riche, complexe et relativement fidèle aux comics ("ALORS ATTENTION" non mais voilà, c'est pour ça qu'on a inventé l'adverbe "relativement" figure-toi, lecteur intransigeant). De sorte que, cette empilation de nouvelles données, aussi riche soit-elle, témoigne surtout d'une envie de bien faire et de régaler les fans qui auraient patienté pendant toutes ces années en attendant la suite de l'histoire.

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Pour les novices, en revanche, la question peut se poser. Dites nous dans les commentaires : est-ce que cette proposition turbo-chargée convient, ou aurait-il été préférable d'alléger la charrue ? En définitive, il n'existe pas de véritable bonne réponse pour ce genre de produits de niche - les fans qui étaient présents au moment de la grande époque peuvent sans doute déjà s'estimer heureux de voir que la série aura finalement été ressucitée malgré le passage du temps (un véritable petit miracle industriel, osons les termes).

Et surtout, de voir qu'un produit que l'on vend tout de même (vrai ou faux) comme un bien de consommation pour le grand public ose parier sur la générosité plutôt que de vouloir prendre le fan potentiel par la main. Depuis son emballage jusqu'aux choix de scénarios, X-Men '97 assume cette parure de série faite par une troupe de geeks enfin aux commandes du navire. Alors, est-ce que la condition implicite, au moment de monter à bord, ne serait pas justement d'accepter la balade ?

Accessoirement, rien de tout ceci n'entâche la qualité réelle des épisodes proposés. Certes, on perd un peu de vue les problématiques politiques immédiates et urgentes du corps des X-Men comme allégorie (encore que), mais les personnages sortent grandis de l'expérience. Ce qui est vrai pour Rogue, évidemment, qui profite d'une véritable structure arquée et inspirée, et aussi de Nightcrawler, éternelle figure de la mystique chrétienne du sacrifice, forcément. Même constat pour Cable, avec une intrigue qui vient plier certains idées posées dans la première saison autour des parents Summers/Grey.

En revanche, la marche forcée (et rapide !) de cette saison laisse malheureusement trop peu de place aux sujets intéressants qui auraient pu naître de l'utilisation d'X-Factor, surtout pour le personnage de Valerie Cooper. Heureusement, on nous donne déjà rendez-vous pour la suite, dans l'idée d'étudier plus avant cette optique de retour au politique frontal.

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Le combat final se déplace vers une autre sphère que le simple affrontement physique, et même si la fin reste frustrante (encore une fois : on ressent péniblement le manque de place dans les derniers instants de la saison), X-Men '97 passe la ligne d'arrivée sans encombre, si ce n'est pour quelques vraies occasions manquées... et un passage de flambeau qui manque un peu de panache.

De ce point de vue, il n'est même pas nécesasire de spéculer : selon Beau DeMayo, un dixième épisode était bel et bien prévu, pour placer d'autres éléments empruntés aux comics Age of Apocalypse, et le projet de base devait au départ ouvrir la voie vers une adaptation de la période Onslaught pour la saison trois. Cette donnée aurait sans doute permis aux scénaristes de mieux retomber sur leurs pattes au moment de la conclusion, dont le résultat final paraît tout de même amputé de quelques minutes de travail. Accessoirement, cette idée aurait pu rentabiliser le parcours personnel de Xavier, dont l'ascension tragique semble comme incomplète. Peut-être pour la suite ? Nous verrons bien.

Néanmoins, plutôt que de spéculer sur ce qu'aurait pu donner cette nouvelle saison entre d'autres mains, le bilan global reste largement positif. Oui, on se paume un peu, oui, l'enchaînement des épisodes manque de fluidité et l'équipe créative aura préféré miser sur la surcharge plutôt que sur l'économie et la cohérence d'une direction de fond plus canalisée, mais le fait est que la série respire la même passion que lors de ses débuts. Un amour des X-Men dans leur totalité, qui s'anime de cette envie d'en glisser autant que possible dans l'enveloppe, et qui profite d'un véritable savoir-faire visuel, musical et tonal unique dans l'appareil productif de Marvel Studios/Marvel Television. Nous aurons d'ici quelques années l'occasion d'une nouvelle porte d'entrée sur ce monde des mutants du côté du cinéma en images réelles, et dans l'intervalle, les fans de longue date pourront toujours profiter des merveilles de l'animation pour redécouvrir, avec des relectures plutôt intelligentes au global, l'équivalent en mouvement des comics de l'époque. A voir maintenant comment la série s'en sortira sans la base des scripts du créateur originel, et s'il ne serait pas temps de considérer l'idée d'un fil rouge plus étroit. Générique ? Générique.

Illustration de l'auteur
Corentin
est sur twitter
Commentaires (4)
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Avatar de L2-D2

15 Aout 2026

L2-D2

@Arno kikoo : merci beaucoup, je la regarderai donc! :-)

Avatar de Arno Kikoo

15 Aout 2026

Arno Kikoo

@LD-D2 : oui carrément ! La saison 1 est une super expression de ce que sont les comics : des histoires que tu peux prendre en cours de route, sans avoir tout lu/vu auparavant !

Avatar de L2-D2

15 Aout 2026

L2-D2

Merci beaucoup pour cette critique!

Mais j'ai une vraie question : la série est-elle accessible si je n'ai pas vu la série d'origine?

Avatar de johanjudai

15 Aout 2026

johanjudai

La saison allait dans tous les sens, des choses qui n'ont servies à rien (Magneto ??), un montage cata et surtout le dernier épisode qui est une catastrophe.