
Comme si les résultats désastreux du box-office ne suffisaient pas, voilà que Supergirl s'empêtre dans une nouvelle polémique. En cause : l'utilisation a priori d'intelligence artificielle générative dans le processus de développement du film, et notamment ce qui concerne la recherche de l'apparence de Jason Momoa en Lobo en prises de vues réelles. Un comble, pour un film qui a autant revendiqué son inspiration directe d'une bande dessinée tout au long de sa campagne de communication.
Dans la journée du jeudi 13 août, comme ils ont pris l'habitude de le faire ces dernières semaines, les équipes de Warner Bros. Entertainment ont mis en ligne une vidéo de making-of de Supergirl, dans le but de faire la promotion du film de Craig Gillespie, qui est désormais disponible en achat et location VOD. La vidéo "behind the scenes" en question s'intéressait à l'un des ajouts du film par rapport aux comics Supergirl : Woman of Tomorrow : la présence de Lobo, joué à l'écran par Jason Momoa. Dans l'une des séquences de la vidéo, le réalisateur est vue en compagnie de l'acteur en train de discuter et passer en revue des concept arts du dernier Czarnien. Si bien des artistes de concept art utilisent un style numérique photoréaliste, l'allure des visuels a immédiatement interpellé les internautes, qui ont demandé à Warner Bros. et aux personnes concernées si des images générées par intelligence artificielle avaient été utilisées pour étudier le design de Lobo durant la production de Supergirl.
bro https://t.co/ATEvM11WEt pic.twitter.com/Lh9daXHtaY
— Neb | 🏳️🌈 (@NebsGoodTakes) August 13, 2026
Réponse immédiate du studio ? Supprimer la vidéo mise en ligne, mais bien trop tardivement puisque l'extrait vidéo incriminé circulait alors déjà librement sur tous les réseaux sociaux. Un signal de culpabilité apparente suffisant pour créer un effet Streisand que le studio se serait certainement épargné, puisque même les personnes les plus promptes à défendre le film Supergirl (et il y a des aspects que nous avons défendu ici, sur la prestation de Milly Alcock principalement) se voient obligées de condamner la démarche de Craig Gillespie, voire de James Gunn et de DC Studios dans son ensemble si cette initiative était connue et validée.
Warner Bros. has removed the 'SUPERGIRL' featurette from YouTube. https://t.co/wGbZAubtCO pic.twitter.com/vrUTYboG4w
— Nexus Point News (@NexusPointNews) August 13, 2026
Subsiste un réel sentiment d'interrogation : non seulement Craig Gillespie avait déclaré ne pas avoir lu Supergirl : Woman of Tomorrow pour ne pas être "influencé" (avec au résultat une allure visuelle à mille lieux des superbes planches de Bilquis Evely) ; mais en plus le réalisateur a préféré utiliser de l'IA (particulièrement décriée dans les milieux artistiques) alors que, avant même d'employer des concept artists, il y aurait eu des dizaines de comics avec Lobo dedans à regarder pour orienter la direction artistique du personnage. Voire, allez, soyons fous, demander à Bilquis Evely de croquer Jason Momoa en Lobo. L'hypocrisie est d'autant plus forte que la dessinatrice et son coloriste ont été fortement impliqués dans la campagne promotionnelle du film - son nom est même donné à une planète dans le film - et que James Gunn a placé les comics au coeur de leur communication, tout en ayant déjà tourné en ridicule l'IA générative en public. Gillespie apparaît de plus en plus comme une erreur de casting monumentale pour faire une adaptation de comics de super-héros. Reste à déterminer si James Gunn était au courant...