
Tout récemment, le président directeur général de Sony Pictures, Tom Rothman, avait pris le temps de confirmer le statu quo du moment pour les adaptations de Spider-Man en images réelles. Or, de ce point de vue, le constat est sans appel : aucun projet ne serait actuellement en développement. L'enseigne n'a pas forcément besoin de se presser. De fait, Spider-Man : Brand New Day devrait être capable de rapporter plus d'argent que l'essentiel des productions développées chez Sony Pictures pour alimenter leur offre de longs-métrages consacrés aux super-vilains du catalogue arachnéen (voire même plus que toute cette offre réunie, si ça se trouve ?) et les tentatives précédentes n'ont simplement pas fonctionné.
Cette sagesse, qui résulte d'un apprentissage laborieux, difficile et long, ne tombe pas non plus de nulle part. Il est toujours utile de se rappeler que, pendant un temps, le studio avait prévu de lancer son propre univers partagé de super-héros... autour d'un potentiel Amazing Spider-Man 3, d'un film Venom, et d'une adaptation des Sinister Six. En regardant en arrière, on peut même retrouver certains articles rigolos pour réaliser que, oui, deux de ces projets avaient même été officiellement datés avant d'être annulés pour de bon. Et paradoxalement, seul Venom aura été capable de sortir de terre. Avec le recul, la hâte de Sony Pictures ne se sera pas améliorée avec le temps, et cette idée folle de monter une franchise autour des vilains de la saga les aura obsédés pendant un long moment malgré une longue panoplie d'échecs consécutifs.
Or, sur les réseaux sociaux, l'artiste Victor Martinez a pu présenter récemment un concept art revenu d'outre-tombe. Celui-ci lui aurait manifestement été commanéd pour l'une des tentatives d'adapter les Sinister Six (peut-être lorsque le scénariste et réalisateur Drew Goddard était encore sous contrat pour ce projet ?) sur le grand écran. En l'occurrence, pour une scène de combat entre Spidey et le Doctor Octopus. Rien de spécialement affolant. Néanmoins, Martinez explique bien que le projet finira par être abandonné, même si une équipe créative avait bel et bien été embauchée (il cite notamment une couturière pour les costumes et un décorateur pour le production design). Sans doute l'une des ultime preuves tangibles que le projet Sinister Six aura tout de même été suffisamment loin dans l'esprit de Sony Pictures avant que l'enseigne ne soit rattrapée par la réalité des contrats.

Et quelque part, l'idée de rassembler les grands vilains de la saga arachnéenne sous la forme d'une petite équipe aura bien été utilisée pour Spider-Man : No Way Home (mais : chez Marvel Studios). En somme, tout est bien qui finit bien, si ce n'est pour les troupes qui avaient été mobilisées sur certains de ces chantiers avortés (comme Silver & Black ou Hypno-Hustler) et dont le travail se sera finalement perdu dans le néant de cet univers tué dans l'oeuf. Paradoxalement, ce ne sont pas forcément les idées qui manquaient - plutôt que de passer par Peter Parker, Sony Pictures aurait pu se contenter de Ben Reilly pour avoir un super-héros capable de porter son petit monde de fiction autonome... ou bien, la compagnie aurait pu adapter l'Agent Venom de Flash Thompson plutôt que celui d'Eddie Brock, encore une fois, pour compter sur une figure héroïque capable d'aller se frotter aux grands vilains de leur catalogue.
Mais bon. Ce qui est fait est fait. Certains n'aiment pas les bonnes idées, tout simplement.