
DC Comics poursuit sa stratégie de fonctionnement par "saisons". Les fans ont largement eu le temps de comprendre les grands principes de cette façon de développer les projets sur le temps long : au départ, les mini-séries sont d'abord validés pour des commandes de six numéros, et puis, dans un second temps, si les précommandes et les ventes suivent, l'éditeur renouvelle les comics au cas-par-cas pour des formats de neuf ou douze numéros au total. Dernier exemple en date : la série Deadman de W. Maxwell Prince et Martin Morazzo a elle-aussi pu profiter de ce petit coup de baguette magique !
En vérité, cette tactique a surtout pour principal intérêt de minimiser les prises de risque, et de s'assurer que les scénaristes feront bien l'effort de ne pas terminer leurs intrigues sur des cliffhangers inachevés. Accessoirement, les fans ont aussi l'impression que l'acte d'achat fonctionne comme un bulletin de vote, et qu'on récompense leur curiosité avec des seconds volumes en forme de bonus inespérés.
En l'occurrence, ceci semble avoir fonctionné pour le dernier volume en date de Deadman, un projet que l'on n'espérait pas forcément, compte tenu de la popularité toute relative du fantôme Boston Brand auprès des fans modernes. Sorte de roue de secours de l'univers DC Comics, souvent présent lors des grands événements pour servir de passerelle entre le monde des morts et celui des vivants, le personnage n'aura que rarement eu le droit d'exister en solitaire. Et ce malgré une belle ancienneté dans le département des vedettes de l'occulte (The Spectre, Etrigan, Swamp Thing, cette belle panoplie).

Depuis le mois de juin, Deadman était toutefois revenu sur le devant de la scène dans le cadre des comics de l'offre DC Next Level, une enclave prévue pour la mise en avant des figures secondaires de l'univers local. L'éditeur avait eu la bonne idée d'aller chercher les deux créateurs de la série Ice Cream Man, un succès d'édition aux Etats-Unis et l'une des valeurs sûres de la nouvelle vague des comics d'épouvante apparus depuis le début de la décennie actuelle. Pour résumer : cette fois, Boston Brand a été mandaté pour servir de guide aux âmes des défunts d'un hôpital de la banlieue de Gotham City... et la mission du fantôme va vite devenir plus compliquée au moment où apparaît un tueur-en-série, le Professeur M, dans les environs du voisinage. Le titre reprend l'esprit des BDs Ice Cream Man, avec un savant mélange d'humour noir, absurde, de réalité morbide et d'horreur graphique et généreuse. Manifestement, le public aura apprécié.
Le projet a donc été officiellement renouvelé pour six numéros supplémentaire, pour un format de maxi' en douze. Si les ventes suivent, nous pourrions même espérer mieux. Mais dans l'immédiat, c'est déjà très bien.