
C'est une manie ! Et ça empire, d'ailleurs. Depuis quelques mois, la Maison des Idées multiplie les annonces de festivités inattendues pour célébrer l'anniversaire de certains personnages ou de certains concepts disparus. Même pour des idées que l'enseigne n'assume plus vraiment dans le présent, comme celle de la continuité Marvel Mangaverse, une curiosité presque gommée des registres officiels, et qui va pourtant réapparaître pour occuper le terrain. Dans le doute. Si jamais quelques nostalgiques aux poches pleines s'en souvenaient, sait-on jamais. Or, en suivant le même raisonnement, Marvel compte aussi célébrer l'existence d'un personnage relativement discret dans le présent... Captain Britain ! Oui !
Vous seriez d'ailleurs en droit de protester : techniquement, le personnage de Betsy Braddock revendique encore dans le présent le titre officiel associé aux justiciers protecteurs du Royaume d'Angleterre, et celle-ci est bel et bien apparue la même année que son frère jumeau, Brian Braddock. Du moins, si l'on se fie aux dates qui apparaissent sur les couvertures - les deux personnages auraient été créés sur un intervalle de quelques mois, entre Captain Britain #1 et Captain Britain #8 (1976 dans les deux cas) par la même équipe créative, en l'occurrence, Chris Claremont et Herb Trimpe. En revanche, ces deux incarnations de la même optique auront suivi des courbes diamétralement opposées.

Pour faire court, l'essentiel des aventures importantes de Brian Braddock auront effectivement été réalisées depuis le Royaume-Uni, sous pavillon Marvel UK, et essentiellement entre les mains d'artistes locaux (Alan Davis, Jamie Delano, un certain Alan Moore, entre autres choses), l'objectif étant alors de profiter d'une figure de proue pour favoriser l'expansion du catalogue Marvel sur l'archipel. Il faudra toutefois attendre que Chris Claremont reprenne en main cette mythologie, dont il s'était rendu responsable avant que Moore ne vienne bouger certains éléments clés, pour que cette famille de personnages finisse par se solidier autour d'une nouvelle base définitive. En l'occurrence, autour des différentes séries X-Men, forcément. Parce que Chris Claremont. Alan Davis fera son grand retour pour l'occasion, pour marquer le point de départ de la série Excalibur en compagnie du scénariste vedette.
Au sortir des séries développées sous cet alias, Brian Braddock deviendra finalement un justicier secondaire, reclassé dans différentes équipes ou différentes incarnations, pour finir par embrasser le statut de Captain Avalon. De son côté, Betsy finira par abandonner le titre de Psylocke pour hériter du rôle de Captain Britain... au sortir d'un long parcours assez compliqué, source d'un échange corporel qui lui vaudra de passer l'essentiel de sa vie sous les traits d'une tueuse ninja. Gardons ça pour un autre anniversaire.
En l'occurrence, Marvel a donc décidé de proposer une petite synthèse en célébrant l'anniversaire des frères et soeurs Braddock, en faisant au passage revenir les grands architectes d'autrefois. Le numéro spécial Captain Britain : 50th Anniversary Special #1 sera effectivement composé de plusieurs histoires courtes, avec Chris Claremont, Alan Davis et Dan Abnett au scénario, en compagnie de Paul Davidson et Kelsey Ramsay aux dessins. "Trois scénaristes et deux dessinateurs ?", oui : Davis a préféré illustrer lui-même son propre petit segment. D'ailleurs, le bonhomme livre aussi la couverture du projet, secondé par une variante de David Mack.
"Chris Claremont et Paul Davidson remontent aux premières années de Brian Braddock lorsque celui-ci n'était encore que l'humble défenseur du Royaume d'Angleterre ! De son côté, Alan Davis en profite pour démontrer la légendaire force d'esprit de la famille Braddock. Et enfin, Dan Abnett et Kelsey Ramsay suivrent Betsy contre les forces maléfiques de l'Otherworld."
Maintenant, vous connaissez la formule : un numéro anniversaire, c'est bien, mais une série, c'est mieux. Si Marvel voulait embaucher Si Spurrier dans l'idée de poursuivre cette tradition des grands noms de la scène britannique pour de nouvelles aventures du Captain Britain des origines, nous nous en trouverions tous bien aises.
