
En à peine quelques heures depuis la réception des chiffres du box-office de Supergirl pour son weekend d'ouverture - qui se sont révélés être mauvais, pas mal de choses ont déjà été écrites. Bien entendu, mieux vaut ne pas jeter un oeil aux commentaires des différentes plateformes de réseaux sociaux pour ne pas voir comme bien souvent un concentré d'idioties à base de "go woke go broke" (un refrain vain dont la nature mensongère a déjà été prouvée depuis plusieurs années) ou de remarques profondément sexistes.
Néanmoins, il est indéniable que la proposition de Craig Gillespie, pourtant tirée d'une bande dessinée à succès (Supergirl : Woman of Tomorrow), n'a pas déplacé les foules. Un constat dont il faudra chercher les causes au cours des prochaines semaines, mais qui n'inquiète pas pour autant les personnes aux commandes de l'univers DC Studios, toujours dans sa première phase de développement.
Le New York Times s'est fendu tout récemment d'un papier pour faire état du démarrage décevant de Supergirl au box-office. Le média américain explique que les analystes du box-office ont fait, parmi d'autres constats, celui d'un "rejet généralisé des films menés par des héroïnes de façon quasi systématique depuis cinq ans", illustrant "potentiellement une mysoginie résurgente dans la base des fans, à domination masculine". De fait, le film Supergirl avait en effet été cible de campagnes de dénigrements, dont l'actrice Milly Alcock a été la plus touchée. Le NYT explique que les exécutifs de Warner Bros. ont été témoins du phénomène mais en ont toutefois été "surpris par son intensité et sa portée" alors qu'ils pensaient que "le milieu culturel en avait fini avec ce genre de campagne". Un dur rappel à la réalité.
Par ailleurs, le NYT a également pu contacter Peter Safran, le producteur chargé de piloter le navire DC Studios aux côtés de James Gunn. Celui-ci s'est brièvement exprimé sur les résultats du box-office, en reconnaissant leur nature décevante aux yeux du studio. "Alors que 'Supergirl' n'a pas atteint nos attentes au box-office, il ne s'agit que d'un composant d'une stratégie de long terme plus large chez DC Studios en laquelle nous restons toujours confiants." Bien entendu, Peter Safran n'allait pas dire au micro d'un média que c'était la panique à bord chez DC Studios et qu'ils allaient revoir tous leurs plans ; et en même temps, ce qu'il dit est on ne peut plus factuel. La dernière fois que Warner Bros. a flanché après s'être pris une volée de critiques sur le 2e film d'un nouvel univers partagé (ça s'appelait Batman v Superman, et c'était loin d'être le même échec commercial), on a vu comment la modification en castrophe de leurs plans n'a rien donné de bon. Autant garder une vision de long terme et rester solide dans l'approche, quitte à essuyer quelques plâtres si l'un des projets ne trouve pas le succès.
D'autant plus que les analystes sont confiants pour le futur proche de DC Studios, que ce soit sur le petit écran (Lanterns étant visiblement très attendue) que sur le grand avec Clayface (dont l'approche réellement horrifique suciste la curiosité) et Man of Tomorrow, suite d'un Superman qui a trouvé un succès critique et commercial. Et dans lequel Supergirl aura peut-être droit à une meilleure occasion de briller.