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Les salariés de Dark Horse annoncent l'ouverture d'un syndicat : Dark Horse Workers United

Les salariés de Dark Horse annoncent l'ouverture d'un syndicat : Dark Horse Workers United

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En face d'une situation de crise largement préoccupante, les salariés de Dark Horse s'organisent. Au point d'ouvrir leur propre syndicat pour se prémunir des éventuelles conséquences en cascade d'une réorganisation généralisée. Ce qui n'a pas pu vous échapper : depuis le début de cette année, les têtes pensantes du groupe Embracer (Fellowship Entertainment), propriétaires officiels de la marque au cheval noir, ont validé toute une série de décisions concernant la maison d'édition. En décidant, notamment, de se séparer du fondateur même de la compagnieMike Richardson, et de fermer les trois librairies historiques de la structure Dark Horse originelle (en se séparant du même coup des salariés de ces différents points de vente).

L'Union fait la force ?

La rédaction se proposait récemment de dresser un bilan (extrêmement résumé) des problématiques internes au groupe Embracer qui auront poussé vers cette politique de réduction générale des coûts. Pour éviter de devoir répéter ce qui avait été dit, mettons simplement que cette ancienne superstructure du secteur vidéoludique est en grande difficulté depuis le retour à la normale après la curieuse parenthèse qu'auron représenté 2020 et les deux années post-covid. Au point d'avoir déjà largement sabré dans ses effectifs, avec presque dix mille licenciements en l'espace de quatre ans. Dans la foulée, les économies d'échelle ont été appliqués sur l'ensemble des différents départements du groupe, avec toute une variété de projets annulés, de sous-divisions fermées, et puis, en bout de course, des gains de bouts de chandelle sur les plus petites sections. Dans lesquelles Dark Horse s'inscrit, forcément.

Les troupes de l'enseigne ont donc décidé de s'organiser pour monter la Dark Horse Workers United, un syndicat de représentants du personnel qui réclame une reconnaissance officielle de la part des dirigeants du groupe. Notamment, de la part de Jay Komas, le nouveau président directeur général par interim nommé depuis le licenciement de Richardson. Sur le papier, l'ouverture de ce syndicat passe plus pour une mesure préventive (et vraisemblablement logique, compte tenu de ce qui est arrivé aux autres compagnies sous le groupe d'Embracer) afin de se prémunir des futures coupes budgétaires et autres réductions de personnel. 

Pour la feuille de route et les différentes revendications formulées par les représentant(e)s de DHWU, voici comment celles-ci s'organisent :

"Dark Horse Workers United revendique trois objectifs principaux : garantir la sécurité de l’emploi au sein des effectifs de Dark Horse (de même que la préservation des salaires et des avantages sociaux), améliorer la transparence et l'égalité des salarié(e)s sur le lieu de travail afin de favoriser une communication plus fluide entre les équipes et le groupe, et favoriser un meilleur partage des informations essentielles avec l’ensemble des salarié(e)s. Enfin, obtenir une place à la table des négociations, lorsqu’il s’agit de prendre des décisions cruciales pour l'avenir de l'entreprise et de ses employé(e)s."

Rien de spécialement choquant en l'occurrence. Le syndicat ajoute, depuis les réseaux sociaux :

"Les incertitudes croissantes, dans la foulée des licenciements récents, du gel des salaires et des embauches, de même que le changement de présidence au sommet de la chaîne, sans oublier le risque d'une destruction de l'emploi par la voie de l’intelligence artificielle, et l'introduction des politiques de retour au bureau obligatoire (malgré leur impact économique sur les employé(e)s) nous ont poussé à nous organiser de notre côté, pour exprimer une inquiétude collective. Et il ne s'agit que de quelques exemples parmi les raisons qui font que nous aspirons à créer un environnement de travail plus démocratique."

Sur le papier, les équipes de chez Dark Horse auraient certainement raison de vouloir prendre les devants, en n'attendant pas l'annonce d'une autre mauvaise nouvelle pour réaliser, trop tard, la mesure du danger. Et même si Embracer n'a pas encore pris de décision fatale autour de son département comics, le fait est que les communiqués de presse récents auront surtout insisté sur l'envie de monter davatange d'adaptations en jeu vidéo basées sur les propriétés du catalogue Dark Horse que sur la politique éditoriale de l'enseigne. Sans vouloir tomber dans l'exagération, le fait est que les propriétaires cherchent actuellement de nouvelles sources de revenus. Et des coupes dans les dépenses. Dans ce contexte, les comics passent donc pour un sacrifice facile, et un gain économique relatif, en comparaison de l'économie du secteur vidéoludique.

Le risque de se retrouver en face d'une compagnie sabordée par ces objectifs de rentabilité absolue se pose donc sérieusement, surtout si l'on prend en compte les expériences passées. Marvel traverse actuellement une crise (relativement) comparable, DC Comics avait été largement "allégée" de ses salariés au fil des fusions et des changements de présidence au sommet du groupe Warner Bros., et les éditions Valiant ont été purement et simplement écrasées par les nouveaux propriétaires du groupe DMG, au point de couler la compagnie dans les grandes largeurs et déléguer l'exploitation comics des personnages à un tiers. Du côté de Dark Horse, le rachat semblait plutôt bien se passer jusqu'ici... mais les grands patrons d'Embracer ont fini de soulever toutes les pierres, de fouiller tous les fonds de tiroir, et en arrivent désormais au moment de piller ce qu'il était encore possible de piller dans les plus petites structures de son portfolio.

Attendons de voir désormais comment les propriétaires vont réagir après l'annonce de ce nouveau syndicat.

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Illustration de l'auteur
Corentin
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