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Un festival "en danger de mort" : artistes et maisons d'édition (dont Urban Comics) boycottent le FIBD 2026

Un festival "en danger de mort" : artistes et maisons d'édition (dont Urban Comics) boycottent le FIBD 2026

NewsComic Con

MàJ : dans un article du Monde, on apprend qu'une exposition de Mathieu Bablet devait être présentée au festival, et que l'auteur a fait savoir aux éditions Rue de Sèvres qu'il y renonçait.

La crise que traverse depuis le début de l'année le Festival International de la Bande Dessinée (FIBD) d'Angoulême ne désemplit pas. Pour bien comprendre l'état actuel de cette crise, il est nécessaire de revenir sur l'ensemble des faits - chacun des liens renvoyant aux articles où ces derniers ont été traités. Tout a démarré par une longue enquête du journal L'Humanité en début d'année qui revenait sur plusieurs critiques faites à 9eArt+, la société de Frank Bondoux, qui s'occupe de l'organisation du FIBD pour le compte de l'Association du FIBD, dirigée par Delphine Groux.

Parmi les nombreux reproches, on comptait la gestion opaque des comptes du festival, pour lesquels 43% des financements proviennent d'organismes publics, les partenariats commerciaux (dont celui avec l'enseigne de fast food Quick), une programmation aux orientations commerciales et en baisse au fil des ans, le management toxique en interne, illustré par la valse des directeurs/directrices artistiques constatée au fil des ans, et enfin, le cas d'un licenciement d'une ancienne employée du FIBD après que cette dernière a rapporté à sa direction avoir été victime de viol. Alors que 9eArt+ est critiquée depuis de nombreuses années, entre diverses polémiques et sentiment de dénigrement envers les auteurs et autrices, l'enquête de L'Humanité n'était que les prémisses de la crise à venir. 

Au printemps 2025, deux enquêtes de Libération et du Monde dévoilaient qu'au terme des vingt ans qui avaient lié le contrat entre l'Association du FIBD et 9eArt+, Delphine Groux et Frank Bondoux n'avaient aucunement l'intention d'arrêter de travailler ensemble, avec un projet de fusion des deux entités dans une SAS (société par actions simplifiées) qui aurait donné le contrôle du festival à Bondoux et ses équipes ad vitam. Une tentative de "coup de force" qui a fait vivement réagir l'inter-orga du milieu BD et mené à la pétition signée dans un premier temps par plus de 400 professionels de ce monde (dont plusieurs Grands Prix et de très nombreux auteurs et autrices), le nombre de signataires ayant franchi la barre des 2000 depuis. La pétition demandait à ce qu'un appel d'offres soit lancé par l'Association du FIBD pour que d'autres structures puissent candidater à la reprise de l'organisation du festival à compter de l'édition 2028, année à laquelle l'asso et 9eArt+ ne seraient plus contractuellement liées. Bien entendu, rien n'empêchait 9eArt+ de candidater à sa succession, chose que la société a faite.

Cet appel à projets a été lancé au mois de juillet 2025, mais au sein d'une démarche qui n'avait pas calmé pour autant les appels à boycott de la part des syndicats d'auteurs et autrices. Les critères de sélection des candidats étaient qualifiés d'opaques et les délais restreints (la deadline fixée à septembre 2025 au départ) avaient été rallongés d'un mois pour permettre aux candidats de faire leur dossier. Après l'annonce du départ de Bondoux de la gouvernance de 9eArt+, les deux syndicats principaux de l'édition, le SNE (syndicat national de l'édition) et le SEA (syndicat des éditeurs alternatifs), avaient indiqué aux financeurs publics ne plus penser à boycotter l'édition 2026 du festival. Une décision décriée par différents syndicats d'auteurs et autrices qui affirmaient n'avoir nullement été consultés dans aucune des discussions ayant mené aux décisions prises par l'Asso du FIBD. Restait donc à savoir qui candidaterait à la succession de 9eArt+.

À quelques jours de la limite du dépot des candidatures, en octobre 2025, la dernière autrice à avoir eu le Grand Prix du FIBDAnouk Ricard, annonçait renoncer à participer à la prochaine édition du festival (et donc à faire une affiche, et avoir droit à une exposition sur son travail). Une décision difficile et courageuse, saluée par le reste de la profession. En cause : le processus de sélections des candidats pour l'appel à projets de l'Association du FIBD. Par rapport à ce qui était annoncé en juillet 2025, plusieurs engagements de Delphine Groux et ses équipes n'étaient pas respectés - comme celui de faire intervenir deux personnalités extérieures dans le jury pour assurer une certaine impartialité, et la profession laissait publiquement craindre à un "appel d'offres fantoche" duquel seul 9eArt+ pourrait sortir lauréat. L'association du FIBD s'était défendue par un communiqué sur ses réseaux sociaux qui, là aussi, n'avait su convaincre grand monde. Le SNAC BD (syndicat national des auteurs et compositeurs) quittait en parallèle l'Association pour le Développement de la BD à Angoulême (ADBDA), estimant que les conditions pour avoir un "choix objectif" pour la future organisation du FIBD n'étaient pas remplies. Deux candidats sont retenus en finale (alors qu'il avait été annoncé qu'il y en aurait trois) : 9eArt+ d'un côté, et la Cité Internationale de la BD et de l'Image (CIBDI) en face. Les deux structures sont notoirement connues pour être en franche opposition - et c'est un détail important à retenir. 

Et ce qui était pressenti arriva : le 8 novembre dernier, l'Association du FIBD annonçait publiquement reconduire 9eArt+ pour l'organisation des futures éditions du FIBD, en demandant à ce qu'elle s'associe à la CIBDI pour proposer un projet commun... au 20 novembre 2025. Soit une douzaine de jours pour demander à deux structures en conflit ouvert de travailler ensemble et de présenter un projet sérieux et viable pour organiser la plus grande manifestation dédiée au 9e art en France. Les réactions ne se sont pas fait attendre face à ce qui s'apparente au mieux à un coup de poker, au pire à une démonstration d'obstination, un coup de force de l'Association du FIBD et 9eArt+ pour ne rien lâcher, malgré les nombreuses protestations pendant toute l'année des auteurs, autrices, mais aussi maisons d'édition. En ce début de semaine, la crise a pris des proportions encore plus dramatiques.

L'existence même du FIBD en danger 

Dans la foulée de la publication du communiqué du 8 novembre de l'Association du FIBD, plusieurs réponses se font immédiatement entendre. Le SNAC BD publie un communiqué intitulé "FIBD : Fin de Série ?" dans lequel il annonce ne pas participer à l'édition 2026 du FIBD, boycotter le festival, et soutenir tous les appels qui iront dans ce sens. Un second communiqué est publié dans la foulée par les groupements STAA CNT-SO et MeToo BD (qui étaient à l'origine de la pétition du printemps 2025), qui appelle également au boycott et au regroupement des protestations sous la bannière #nofibd2026. Les deux groupes indiquent que "plusieurs initiatives sont en chantier". En effet, boycotter le festival ne veut pas dire ne pas se rendre à Angoulême, et il faut s'attendre à ce que des protestations/manifestations et autres évènements aient lieu dans la ville à la fin du mois de janvier prochain. 

Le 9 novembre, la journaliste Lucie Servin de L'Humanité publie de nouvelles révélations sur des tentatives de pression exercées par Frank Bondoux au fil d'une missive envoyée à l'ensemble des partenaires publics du festival. Il souhaitait ainsi contester la procédure de mise en concurrence (l'appel d'offres) qu'il jugeait "faussée" et faite de "pratiques anticoncurrentielles". Dans sa ligne de mire, le fait que la CIBDI soit candidate alors qu'elle est administrée par les financeurs publics. Bondoux se réservait même le droit d'aller en justice pour obtenir "l’annulation de la mise en concurrence et la mise en cause de la responsabilité des financeurs publics afin d’obtenir des dommages et intérêts". De quoi illustrer l'impossibilité d'avoir un dialogue d'entente, mais aussi la façon dont 9eArt+ s'obstine à ne rien vouloir lâcher sur le FIBD. En parallèle, la présidente de l'Association du FIBD,  Delphine Groux, exprime son agacement : "Ras le bol du Bondoux bashing. Ils veulent quoi ? Que [Bondoux] parte maintenant ? Au nom de quoi ? Il a bien fait son travail. Il a eu des résultats. Je ne vois pas où est le problème." Comme si aucune enquête n'avait été menée, comme si aucun syndicat n'avait clairement exprimé les reproches faits à Bondoux et à la gestion de 9eArt+.

Le 10 novembre, une nouvelle étape est franchie. En plus de nombreuses annonces de boycott de la part d'auteurs et autrices, le SEA publie un nouveau communiqué sans concession, où sont demandées "la démission de Delphine Groux" et la "disparition de la société 9eArt+, et à "la reprise des équipes par la future structure qui sera chargée d'organiser le festival".


En parallèle, une longue lettre ouverte à destination des pouvoirs publics est publiée par l'inter-orga du monde de la BD, soit STAA CNT-SO, MeToo BD, la Ligue des auteurs professionnels, ABDIL, SNAP-CGT – Syndicat National des Artistes Plasticien·nes CGT, Future Off, Collectif des créatrices de BD contre le sexisme, et le Snéad-CG. Elle est reproduite en toute fin d'article, mais ce qu'il faut en retenir, c'est que l'ensemble des organisations demandent le départ de 9eArt+ de l'organisation du festival. 

Enfin, ce même 10 novembre, 20 Grands Prix du FIBD unissent leurs voix pour donner l'alerte avec un message baptisé "Le Festival est en danger de mort". Le voici : "Depuis des années, le Festival accumule les scandales, les erreurs de communication et le manque d’ambition, tout cela dans une totale opacité de gestion. Cette dégradation nuit gravement à l’ensemble de la profession. La bande dessinée a pourtant besoin de cet évènement qui est devenu un rendez-vous incontournable pour les auteurs et les autrices, les éditeurs, les médias et bien sûr les lecteurs et les lectrices. Alors que les appels au boycott se multiplient, les Grands prix disent d’une seule voix qu’il est grand temps de tourner la page 9eArt + pour que le Festival retrouve, avec de nouveaux opérateurs, les valeurs qui ont construit sa notoriété internationale. Sans un changement rapide et profond, l’édition 2026 risque fort d’être la dernière." La courte tribune est signée par Florence Cestac, Régis Loisel, Philippe Dupuy, Charles Berbérian, Martin Veyron, Art Spiegelman, Jean-Claude Denis, François Boucq, Chris Ware, Franck Margerin, Jacques Tardi, François Schuiten, Baru, Blutch, Willem, Lewis Trondheim, Riad Sattouf, Hermann Huppen, Max Cabanes, Anouk Ricard, Posy Simmonds, et Julie Doucet

De très nombreuses maisons d'édition indépendantes ont déjà annoncé boycotter le festival au en amont du communiqué du 8 novembre 2025, et elles sont ensuite rejoints par de nombreuses autres. On retrouve Ça et LàMême Pas Mal, Ici Même6 Pieds sous Terrel'AssociationCornéliusMismaPetit à PetitDes ronds dans l'OPresque LuneLes Rêveurs, etc... Un nombre d'annulation si importants que le directeur des éditions Ça et Là affirme que "l'espace Nouveau Monde a disparu, il n'y a plus assez de stands pour financer la structure". Dans la foulée, toujours le 10 novembre, le SNE publie également un communiqué de presse s'alarmant de la situation, et indiquant que "sans clarification et réponses satisfaisantes sur [la] nouvelle structure organisatrice de l’événement, son projet, son organigramme, sa gouvernance et son actionnariat", leur confiance a été "trop malmenée pour qu'ils puissent envisager de poursuire leurs relations" après l'édition 2026 du FIBD. Le SNE conclut : "Sans cette nécessaire transparence, le groupe BD du SNE ne participera pas à l’édition 2027 et suivantes."

Enfin, et c'est peut-être cette décision qui va achever de mettre le feu aux poudres : ce 11 novembre après-midi, Libération publie un article (par la plume de Marius Chapuis) qui fait état de la décision des gros éditeurs de boycotter l'édition 2026 du FIBD. Une réunion d'urgence était organisée le 10 novembre au soir, à l'initiative selon le journal, de Frédéric Vilcocq, conseiller culture à la région Nouvelle-Aquitaine et le maire d’Angoulême, Xavier Bonnefont. C'est là qu'a été prise la décision par le réprésentant du groupe Média-Participation (DargaudDupuisLe LombardKana et Urban Comics) et le directeur des éditions Casterman (qui , parlant au nom de Madrigall, parlait aussi pour Gallimard BDFuturopolis et Sarbacane), ont fait part de leur intention de boycotter le FIBD en janvier 2026, en exigeant des pouvoirs publics que "les choses bougent" d'ici au lundi 17 novembre. Selon les informations rapportées par Libé', Glénat et Delcourt se seraient montré "tout aussi remontés" - très certainement en conséquence des nombreuses défections de leurs auteurs et artistes. Le boycott est d'autant plus fort que ces maisons d'édition ont déjà engagés des frais pour financer leurs stands. C'est également du côté des comités de sélection (qui choisissent les albums nommés dans la sélection) que des départs sont annoncés, puisque Arthur De Pins a annoncé au site ActuaBD rejoindre le boycott. 

C'est donc une forme d'ultimatum qui a été lancée à l'Association du FIBD et sa présidente, Delphine Groux, ainsi qu'à la société 9eArt+. La position de l'ensemble de la profession est claire : il faut que 9eArt+ sorte définitivement de l'équation de l'organisation du FIBD, et que l'association soit revue en profondeur pour plus de transparence sur la façon dont le festival est géré. On s'attend désormais à ce que d'autres grandes maisons d'édition suivent le pas, et le destin du FIBD va désormais se jouer très concrètement dans les jours à venir.

Source

Lettre ouverte de l'inter-orga de la BD

"Mesdames, Messieurs,

Comme vous le savez, les auteur·ices et professionnel·les de la BD que nos organisations représentent se sont manifesté·es à plusieurs reprises afin de contester la reconduction de la société 9eArt + à la gestion du festival d’Angoulême.

Ces raisons, nous les avons déjà largement énumérées par le biais de différents communiqués et à travers la pétition d’appel au boycott, puis par le biais de plusieurs communiqués et enfin la tribune publiée le 14/10/2025 dans le journal L’Humanité.

Monsieur Bondoux a beau avoir affirmé se mettre en retrait de l’organisation de l’événement après 2027, il reste l’actionnaire très largement majoritaire de 9eArt +, ainsi que de la société Partnership Consulting qui lui est associée. Il ne nous semblerait pas plus légitime que sa fille Johanna Bondoux hérite de sa position, dont la nomination au poste de « Directrice du développement du festival » en 2022 à travers sa société Mentalo pose question.

Les organisations d’auteur·ices maintiennent leur appel au boycott et sont solidaires du Grand Prix 2025, Anouk Ricard, et de son engagement courageux. Nous contestons fermement l’attitude autoritaire de Madame Groux à la présidence de l’association du FIBD, et nous dénonçons le manque de transparence dans la procédure d’appel à projets lancée par cette association. Madame Groux continue d’agir comme si le festival était sa propriété et qu’elle pouvait le gérer comme bon lui semble, en dépit de l’argent public investi et en dépit des appels réitérés des auteur·ices, qui restent la cheville ouvrière de cet événement.

Dans un courrier du mois de juin dernier adressé à la présidente de l’association du FIBD, et signé par l’ensemble des financeurs publics, vous l’aviez, vous aussi, interpellée pour demander des garanties quant au projet de mise en concurrence. Vous déploriez :

* Le fait que l’association du FIBD rejette les demandes de transmission des grilles d’analyse et de critères prévalant au choix des futurs candidats. Un positionnement qui nuit à la transparence, à l’objectivité et à la sécurité juridique du processus, ainsi qu’à son principe d’équité ;

* Le fait que l’association du FIBD impose, malgré vos recommandations, le statut juridique des candidats, excluant le statut associatif ou la possibilité de créer un groupement ad hoc ;

* Le fait que l’association du FIBD refuse la présentation à l’ensemble des financeurs publics du classement et des arguments prévalant au choix opéré à la suite de l’audition des candidats ;

* Le fait que le projet artistique et culturel ne soit pas plus mis en avant dans l’expression du cahier des charges.

Vous exigiez surtout la présence, lors des auditions des candidats, de deux personnalités qualifiées ayant une voix consultative, afin de permettre la transparence souhaitée dans le choix des candidats. Lors des réunions de l’ADBDA, cette exigence a été réduite à une seule personnalité qualifiée pour finalement être abandonnée définitivement lors d’une réunion le 9 octobre, comme l’a précisé Madame Groux dans un communiqué publié par l’association le 15 octobre.

Par ailleurs, vous regrettiez que l’association du FIBD ne souhaitait plus s’appuyer sur l’ADBDA et son rôle consultatif. De notre côté, nous déplorons que les auteur·ices n’aient pas été représenté·es dans cette instance par des représentant·es élu·es au terme d’élections professionnelles.

L’association n’a respecté aucun des points fondamentaux que vous leur aviez énumérés concernant les garanties de transparence et d’impartialité de cet appel à projets. Or, dans ce même courrier, vous menaciez même collectivement de remettre en question totalement ou partiellement l’attribution des financements publics affectés à l’organisation du FIBD à compter de son édition 2028, si ces conditions n’étaient pas prises en compte.

Sans personnalités qualifiées ni aucune grille de critères quant à l’examen des candidatures de cet appel à projets, confié au seul soin d’un jury composé exclusivement de membres de l’association du FIBD, il est désormais impossible de prouver que le choix du nouveau prestataire s’est fait en toute impartialité, et du reste, qui pourrait le croire ?

Comme nous l’avions prédit depuis plusieurs mois, la société 9eArt + a bien été reconduite comme prestataire du festival, et ce, pour 9 ans, jusqu’en 2036, au terme d’un appel à projets fantoche, où l’égalité des chances entre les candidat·es et la transparence n’étaient pas de mise. L‘exigence d’un rapprochement entre la société 9e Art + et la Cité de la bande dessinée nous semble être une tentative désespérée de maintenir 9e Art + à son poste, en imposant à une institution une collaboration injuste et contre-nature.

Pour nous, acteur·ices principaux de ce festival, il est clair que nos revendications ont été balayées par l’équipe FIBD/9eArt + avec le mépris habituel.

Les financeurs publics n’ont guère été plus écoutés et cela soulève une question grave : dans ce contexte, allez-vous remettre en cause le choix du vainqueur désigné par l’association du FIBD ou valider les conditions de cette mise en concurrence ? Existe-t-il un consensus sur ces questions au sein de vos différentes institutions ?

Pour nous, auteur·ices de bande dessinée et autres acteur·ices qui faisons vivre cet événement, notre position est claire : tant que 9eArt + sera là, nous refuserons de participer au festival."

Communiqué de presse du SNE

"Les éditeurs Bande Dessinée du Syndicat national de l’édition ont accueilli avec les plus grandes réserves la décision du FIBD de confier l’organisation du festival d’Angoulême, à partir de l’édition 2028, à une nouvelle structure intégrant un projet commun entre ceux proposés par 9ème Art+ et la Cité de la BD, au terme d’un appel à projets dont le déroulement n’a cessé de les interpeler.


A la lecture des communiqués du FIBD et des pouvoirs publics, ils comprennent également que Franck Bondoux n’occupera aucune fonction au sein de cette nouvelle structure et n’en sera pas actionnaire, sans que le fonctionnement précis de cette structure, ni le lien éventuel que Franck Bondoux et ses sociétés pourraient avoir avec elle, soient clarifiés.


Sans grille de lecture satisfaisante, les éditeurs s’interrogent par ailleurs vivement sur les motivations qui ont conduit à cette décision d’association des projets de deux candidatures concurrentes.


Tout au long des nombreux mois et multiples discussions avec le FIBD pour l’obtention de cet appel à projets, les éditeurs n’ont eu de cesse de trouver une issue apaisée à la crise de confiance qui s’était installée entre l’organisateur du festival et ses partenaires, réaffirmant en cela l’attachement à cet événement majeur pour la BD qu’ils ont coconstruit pendant plus de 50 ans.


Ils appelaient de leurs voeux un processus équitable, loyal et transparent. Force est de constater la totale opacité dans laquelle cet exercice s’est inscrit. Tout ce sur quoi le FIBD s’est engagé au sein de l’ADBDA pour garantir l’exercice a été remis en question : la nomination d’une personnalité qualifiée finalement absente, la communication des critères de sélection finalement tenus secrets, jusqu’à l’audition limitée à 2 candidats contrevenant à leur propre règlement qui prévoyait d’en sélectionner 3 sur les 5 candidatures déposées.


Or c’est avec des gages de transparence et d’équité que les éditeurs BD du Syndicat national de l’édition se sont engagés cet été à participer à l’édition 2026.


Parce que le groupe BD a à coeur de respecter cet engagement et le travail précieux déjà fourni par les équipes de ses membres, il ne revient pas sur cette décision collective, dans le respect des positions individuelles que chacun exprimera.


Le groupe BD s’inquiète néanmoins d’une édition qui sera indéniablement abimée par cette décision du FIBD, provoquant l’absence d’un nombre important d’autrices et d’auteurs, et conduisant les éditeurs à réduire leur présence avec des conséquences sur leur programmation et la satisfaction du public.


Mais au-delà de cet engagement, cette confiance a été trop malmenée pour qu’ils puissent envisager de poursuivre leurs relations après cette édition 2026 sans clarification et réponses satisfaisantes sur cette nouvelle structure organisatrice de l’événement, son projet, son organigramme, sa gouvernance et son actionnariat.


Sans cette nécessaire transparence, le groupe BD du SNE ne participera pas à l’édition 2027 et suivantes.
"

Illustration de l'auteur
Arno Kikoo
est sur twitter
Commentaires (1)
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Avatar de Gaby-Gabo

11 Novembre 2025

Gaby-Gabo

Wow, c'est chaud... quel cirque, Bondoux n'a visiblement honte de rien... Vivement que tout ce cirque prenne fin, que 9eArt+ (même si je suis désolé pour ses salariés) et Delphine Groux dégagent. Ils ont déjà fait bien assez de mal à la BD.

Modestement, je me positionne en tant que lecteur qui boycott lui aussi le festival. Courage et soutien à toutes les personnes du milieu qui boycottent ce qui devrait pourtant être une fête pour elles.