
La distribution de comics auprès des comicshops ou librairies spécialisées, qui forment aux Etats-Unis ce qu'on appelle le direct market, a été profondément bouleversé depuis le confinement du printemps 2020 et la mise en arrêt temporaire du distributeur Diamond Comics, qui avait depuis plus d'un vingtaine d'années une forme de monopole sur l'ensemble des Etats-Unis. Après que DC Comics a choisi de ne pas attendre sa reprise d'activité pour assurer la livraison de ses comics (single issues) et albums (TPBs), Diamond Comics a vu les plus gros clients du milieu faire également sécession, au profit de Penguin Random House ou d'autres structures telles que Lunar Distribution en ce qui concerne l'éditeur à deux lettres. La structure DC a signé un nouveau partenariat avec un autre distributeur, encore un.
Bien que la situation n'aura pas d'impact sur la façon de se procurer de la VO DC Comics en France, il est intéressant de suivre l'évolution structurelle du marché de la distribution aux Etats-Unis - du moins avons nous la prétention d'estimer que c'est le cas. Ainsi, l'éditeur à deux lettres a signé un nouvel accord avec Universal Distribution, une boîte canadienne qui assure depuis plus de trente ans la livraison de comics ou de jeux de société (comme Philibert, par chez nous, pour cette seconde catégorie). Le nouvel accord démarre dès le mois d'octobre prochain, et concerne donc les sorties à venir à partir du mois de janvier 2023.
Pour autant, DC Comics n'abandonne pas ses accords avec les autres structures que sont Lunar et Diamond UK (c'est cette dernière qui nous intéresse concernant la VO en France) pour la distribution de ses comics, ni celui avec Penguin Random House pour ses albums à destination des librairies spécialisées et généralistes. Quelle conséquence ? Tout simplement pour l'éditeur de s'attirer les meilleurs deals possibles, et pour les revendeurs implantés aux Etats-Unis d'avoir le choix de prendre tel ou tel distributeur en fonction des avantages conférés par chacun - et peut-être sur des questions de logistiques, de l'implantation de l'une ou l'autre structure plus proche de certains établissements. Bien entendu, tout cela peut aussi venir compliquer bien des choses pour les retailers qui devront changer leur organisation et c'est surtout pour le suivi des ventes de comics chaque mois aux Etats-Unis que la situation est désormais impossible à gérer, attendu qu'il faut tenter de compiler des données (difficilement disponibles) de la part de distributeurs de plus en plus nombreux. Gageons que ce deal profitera aux revendeurs concernés et au marché DC Comics dans son ensemble. Jusqu'au prochain deal.




