Au-delà des créations originales, la plateforme Kickstarter est aussi un outil intelligent pour mettre en route différents projets de réédition de bandes-dessinées devenues inaccessibles. Chuck Satterlee, scénariste de la BD Of Bitter Souls illustrée par Norm Breyfogle, une des valeurs refuges de DC Comics passée par plusieurs séries de la ligne Batman entre les années quatre-vingt dix et deux mille, se propose ainsi de rééditer en omnibus ce projet difficile à trouver dans le commerce. Le bonhomme joue cartes sur table : l'objectif est simplement de payer l'imprimeur, les envois, et les frais de campagne (avec la part des gains captée par Kickstarter, à 5%). La moitié de la somme ciblée a déjà été glanée.
Hommage à un disparu
Le projet couvre un aspect mémoriel important : il y a quelques années,
Norm Breyfogle succombait à une faiblesse au coeur au terme de longues décennies de travail, à l'âge de 58 ans. Surtout connu pour ses collaborations avec
Alan Davis sur différents projets consacrés à
Batman, le bonhomme avait notamment accompagné la ligne cartoon (avec ce fameux trait rond qui prit la suite du muscle dans le
mainstream des super-héros, en particulier chez
DC après les grands événements des années quatre-vingt dix) et assez peu travaillé en indépendant.
Of Bitter Souls reste à l'heure actuelle son projet le plus ample en dehors des grandes maisons d'édition traditionnelles. L'omnibus devrait ainsi peser 400 pages, parmi lesquelles 33 couvertures (avec du Dick Giordano ou Freddie E. Williams II dans le tas).
Of Bitter Souls se présente comme une série relativement conventionnelle de cette période de transition pour le marché indépendant : une équipe de quatre personnages relativement perdus au départ (des anti-héros, disons) qui vont se retrouver en possession de pouvoirs liés à leurs personnalités. Une joueuse invétérée, un flic ripoux, etc, et comme les grands pouvoirs appellent les grandes responsabilités, chacune et chacun va tenter de faire le bien armé de ses nouvelles capacités. Quelques histoires bonus (dont une de Brian Augustyn) viendront compléter la collection des numéros édités à l'époque.