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Astonishing Spider-man & Wolverine, la review

Astonishing Spider-man & Wolverine, la review

ReviewMarvel
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Notre note

En cours de publication en France actuellement (la série en est à sa moitié), fini aux USA depuis 3 jours, Astonishing Spider-man & Wolverine fait partie de ces séries à la parution hasardeuse et aux numéros inégaux. Quid alors de la série dans sa totalité, maintenant que Jason Aaron a livré toutes les pièces de son intrigue et réalisé une conclusion particulièrement marquante?
Si les autres séries labellisées Astonishing ont du mal à convaincre (Thor en tête), en dehors des légendaires X-Men de Joss Whedon et John Cassaday, qu'en est-il de celle-ci et de son duo 5 étoiles?

Wait... WHAT ?!

Prenez les ingrédients les plus fous imaginables de l'univers Marvel et mettez les dans un saladier. Mélangez bien et vous obtenez 6 numéros très loin des habitudes d'un Jason Aaron d'ordinaire froid et méthodique où s'entrecoupent des pistolets contenant la force du Phenix, des fusions entre Ego et Dr Doom, des voyages dans le temps plus dingues que le plus fou des épisodes de Doctor Who, une conspiration à l'échelle tellement immense que chaque nouvel acteur de celle-ci ne devient qu'un pion d'une force supérieure au fil des pages et j'en passe...
Pourtant, tout démarrait dans un braquage de banque on ne peut plus classique à New York où notre "amical voisin Spider-man" vient sauver son monde et la guichetière alors que Wolverine décide lui aussi de s'en mêler.
Jusque là, rien d'anormal, si tant est que les deux compères se retrouvent, par une moyen qui leur inconnu, propulsés dans l'espace temps, dans un monde où ils finiront chacun par régner sur un peuple à priori hostile l'un à l'autre.
Premier bémol dans la grande fresque du barbu Jason Aaron : ici l'échelle de temps n'existe que très peu et les jours qui passent se comptent en années sans que nos personnages ne soient plus affectés que ça par leur (més)aventure. Du moins s'ils le sont (car ils le sont parfois, je suis mauvaise langue), tout revient à la normale très vite, trop vite.
C'est là le problème de cette série (qui ne nous concerne pas puisque nous la lisons pour la plupart la série de manière épisodique) : reliée, elle devient absurde. Construite comme une série télé avec un découpage " introduction - péripéties - résolution - conclusion - cliffhanger", la série aura du mal à convaincre en TPB ou en Hardcover et Panini a sûrement bien fait la publier dans son mensuel Spider-man.
L'idée de l'auteur étant de faire vivre aux deux lurons une belle leçon d'amitié à chaque numéro, dans des époques et des ambiances aux antipodes les unes des autres, saupoudrant sa recette de climax tels que le sacrifice de Wolverine face à Ego ou son "chant du cygne" au numéro cinq, toutes les normes de continuité et de logique semblent écartées pour laisser sa place à six numéros doux dingues ; Mais là aussi on regrette que l'auteur n'aille pas plus loin dans son délire, quitte à délaisser tout ce qui pouvait rester de sérieux et de continuité dans son histoire pour laisser éclater encore plus de folie, sortant son histoire de cette situation "entre deux chaises" dans laquelle elle s'est fourrée bien malgré elle.
Dernier point sur le scénario : le dernier numéro qui, derrière des aspects de philosophie de comptoir pour Nerd mal en point avec ses manuels d'Heidegger, est une vraie belle déclaration d'amitié entre le griffu et le tisseur, en plus d'être une réflexion tantôt légère tantôt sérieuse sur le pourquoi de la vie.
Dommage que l'aspect dramatique du final soit éclipsé par les mêmes problèmes d'années qui passent et d'éléments proprement improbables dans la vie des personnages (Micro-spoiler beware : franchement, Spider-man est obligé de se marier avec toutes les nanas qu'il rencontre? Et comment peut-il la laisser tomber une fois revenu dans le présent s'il l'aime tant? Certes il a quelques difficultés avec ses relations amoureuses mais il y a des limites à la spider-connerie)

 

Adam Kubert, petit génie !

 Ce que l'on retiendra de cette mini-série, c'est le retour aux choses sérieuses avec Marvel d'Adam Kubert ; Le fils de Joe et frère d'Andy n'a jamais aussi bon qu'aujourd'hui et sa maîtrise des deux icones de la maison des idées s'impose tout naturellement.
D'un Wolverine brutal et anguleux à souhait à un Peter Parker souple, drôle et fin, le dessinateur prouve qu'il sait tout faire, en termes de composition comme de découpage.
Story-telling impeccable, trait soigné et détails bel et bien présents, l'on comprend mieux pourquoi chaque numéro aura connu une gestation de 2 mois minimum.
Devant les idées folles d'un Jason Aaron débridé, Adam Kubert n'a reculé devant aucune difficulté et livre des Splash pages qui pourraient faire office de couvertures sans sourciller une demi-seconde.
Du mash-up Doom/ego au Phenix en passant par les X ambiances imposées par le scénariste barbu, tout est abordé avec franchise et talent ! L'artiste fait, à mes yeux au moins, partie des meilleurs dessinateurs de Marvel avec Chris Bachalo (au dessin retrouvé, lui aussi) et Olivier Coipel et la firme de Stan Lee peut voir l'avenir avec sérénité.
Quand on sait que le dessinateur aura la lourde charge de conclure le crossover/event mutant de l'année Schism avec le même Jason Aaron et que ce dernier chapitre sera sûrement l'occasion d'un combat titanesque entre Wolverine et Cyclope, on ne peut que piaffer d'impatience et commencer à compter les jours...

Fou, peut-être un peu trop, mais réalisé avec talent par 2 monstres de l'industrie des comics, Astonishing Spider-man & Wolverine restera plus dans les annales comme la plus belle démonstration d'Adam Kubert que celle de Jason Aaron. A éviter en recueil et à lire comme un plaisir coupable en single, la série a le mérite d'être une introduction à la collaboration Aaron/Kubert qui devrait refaire des merveilles dans Schism d'ici quelques mois. On notera toutefois un joli dernier chapitre et un cliffhanger mystérieux qui ouvre une vraie porte sur une hypothétique suite, plus ancrée dans la continuité cette fois-ci.

Sullivan
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