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Clark Kent : Superman Tome 1, l'art du grand spectacle

Clark Kent : Superman Tome 1, l'art du grand spectacle

ReviewUrban
On a aimé• Ivan Reis donne dans le grand spectacle
• Bendis aime mettre les capacités de Superman en avant
• Un vrai sentiment de blockbuster à la lecture
On a moins aimé• Beaucoup de splash pages, certes jolies, mais de remplissage
• Des facilités dans la résolution
• Une dernière planche curieuse
Notre note

En parallèle d'un tome 0 présentant l'ensemble de la mini-série Man of Steel, grosse introduction de Brian M. Bendis sur le héros en bleu, Urban publie l'arc qui suivit cette prise de fonction sur la série la série Superman, après l'un des grands transferts de ces dernières années. Avec cette tomaison particulière, Urban assemble en effet sous un même intitulé (Clark Kent : Superman) les séries Superman et Action Comics, avec un titre principal bien plus porté sur l'action et le côté blockbuster que l'on peut associer au personnage. Une entrée en matière détonante, mais non sans défauts : explications.

On aurait envie de dire qu'il n'y a pas besoin d'avoir lu le tome zéro de Clark Kent : Superman pour se mettre dans le bain, quoiqu'il sera toujours plaisant d'avoir fait connaissance avec Rogol Zaar, sujet principal de cet album. Après avoir été expédié dans la Phantom Zone, le méchant ne se contente pas d'être un mauvais souvenir. De son côté, Clark a pendant un bref instant le loisir de discuter de sa place au sein de la Ligue avec le Martian Manhunter ou de se morfondre quand Lois Lane et Jon, sa femme et son fils, sont loin de lui. Mais du jour au lendemain, la Terre se retrouve également dans la Phantom Zone. Et la terrible perspective de retrouver Rogol va enclencher un déluge d'action et de bagarres en série.


La série Superman est en effet là pour mettre en avant le côté indestructible du personnage, avec une poussée sur l’adrénaline, les batailles, qui devrait faire plaisir aux amateurs du genre. Bendis s'amuse avec pas mal de jouets et profite d'un cadre particulier pour mettre en scène tout un tas de moments plus épiques les uns que les autres. Si l'on trouvera toujours à discuter sur le design de Rogol Zaar, les affrontements dans la Phantom Zone laissent pantois, ce notamment grâce au dessin d'Ivan Reis, un spécialiste du genre pour les comics mainstream

Comme souvent avec le dessinateur, l'ensemble est très agréable à regarder pour peu que vous appréciiez le style, le dessin est détaillé, et retransmet toute l'intensité des nombreuses scènes du registre épique. Les coups pleuvent, les personnages se démènent, une réelle ambiance d'urgence se dégage de certains intérieurs, Ivan Reis et Joe Prado s'attachant à démontrer les sens des mots "grand spectacle". L'artiste profite (sûrement) d'un script généreux en termes de pages pleines, de double-pages, parfois à outrance. Notamment dans un dernier numéro économe en termes de récit, et qui laisserait à penser que Bendis aime parfois s’appesantir plus que nécessaire - les détracteurs du scénariste et de son style décompressé seront ravis sur ce plan particulier.


Un constat d'autant plus dommageable qu'à plusieurs reprises, au-delà des simples scènes d'action et de chaos ambiant, Bendis montre qu'il connaît et comprend Superman. En montrant son attachement à sa famille, il explique ce qui est le plus important pour l'Homme d'Acier. Au gré d'un simple discours avec Martian Manhunter, il met l'emphase sur la capacité du surhomme à intervenir partout et pour (presque) tout, même s'il n'est pas infaillible. On voit un dévouement sans borne, Bendis joue avec les multiples capacités du super-héros, et met aussi en avant son statut de leader au sein de la Justice League. Dans l'ensemble, le tout se montre maîtrisé. 

Ce qui ne veut pas dire qu'outre les soucis de longueur, il n'y a pas quelques facilités. Notamment sur une résolution d'intrigue très abrupte, qui laisse en suspend des questions d'importance - on ne doute pas que l'auteur a de la suite dans les idées. Et le point qui fera certainement le plus débattre se trouve dans l'ultime page, qui vient bouleverser profondément un statu quo que les lecteurs récents avaient appris à apprécier. On comprendra qu'un Bendis, au vu de sa stature chez la concurrence, ne pouvait arriver chez DC sans mettre quelques coups de pied dans la fourmilière, et il faudra encore se garder de tout jugement sur cette initiative, polémique, qui devra se justifier sur le long terme. En attendant, la lecture reste assez divertissante, mais le lectorat VO sait que c'est au prochain tome que la qualité (réelle) trouvera sa place.

Parce qu'il faut bien commencer par l'une des deux séries dédiées à l'Homme d'Acier, ce premier tome de Clark Kent : Superman réussit à convaincre pour qui recherche l'action et le grand spectacle. Porté par un Ivan Reis très en forme, l'ouvrage donne de la superbe à Kal-El et ses capacités hors-normes, Bendis n'hésitant pas à multiplier les scènes complètement folles que seuls les comics sont capables de donner. Mais derrière le spectacle, et malgré la compréhension de son héros par l'auteur, ce tome souffre aussi d'un certain étirement de l'intrigue, jusqu'à de venir longuet, de quelques facilités dans la résolution, et d'une dernière page qui fera  hausser plus d'un sourcil. Patience donc, pour voir les plans de Bendis se développer sur la série, la lecture restant assez satisfaisante pour le moment.

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Arno Kikoo
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