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Venom : Mortelle Protection - un coup de langue nostalgique

Venom : Mortelle Protection - un coup de langue nostalgique

ReviewPanini
On a aimé• Les premiers pas solo de Venom
• La dynamique avec Spider-Man et Punisher
• Le dessin solide des années 90...
On a moins aimé• La seconde mini' moins passionnante
• ... bien que daté
Notre note

La sortie du film Venom a motivé chez Panini Comics la réédition de Mortelle Protection, récit qui est l'une des inspirations dudit long métrage, et qui n'avait pas été édité depuis l'époque Semic. L'occasion de se faire une bonne séance de rattrapage, puisque ce récit marque également la première fois que Venom a eu droit à sa propre mini-série, témoignant déjà il y a plusieurs décennies de la rapide popularité du personnage. Des aventures en solo (ou presque), qu'on s'amuse à découvrir avec le regard d'aujourd'hui.

Pour les plus intéressés, on mentionnera en parallèle l'anthologie Nous sommes Venom, également publiée chez Panini, qui offre notamment la première véritable apparition de l'ennemi de Spider-Man sous les traits d'Eddie Brock. Dans le premier numéro à lire, on voit véritablement l'aspect monstrueux de cet antagoniste, et la façon dont le symbiote et Brock ont mutualisé leur haine pour éliminer le Tisseur. Ici, les choses ont quelque peu changé. Au cours de quelques lignes, on se rend compte que Venom et Spider-Man se sont accordés une trève mutuelle, puisque ce dernier a aidé le premier à protéger celle qu'il aimait. Eddie part s'exiler à San Francisco pour mener une nouvelle vie, en promettant à son ennemi juré de ne tuer personne. Des premiers pas pour aller vers un statut d'anti-héros, et d'être ce fameux protecteur meurtrier dont il est question dès le titre.


L'histoire de cette mini-série a quelques tournures particulières. Grosso modo, Eddie Brock va rencontrer toute une communauté vivant sous les rues de San Francisco et va, mené par un certain instinct de justice sociale, vouloir s'en faire le protecteur face à quelques personnes bien mal intentionnées. En même temps, quelqu'un s'amuse à vouloir récupérer des germes de Venom pour développer d'autres symbiotes, ce qui va amener Spider-Man à se rendre à San Francisco pour arrêter ce qu'il pense être de nouveaux agissements macabres d'Eddie. De fil en aiguille, chacun se rendra compte d'une situation plus compliquée qu'en apparence, avec un joli team-up en perspective. 

Bien que le récit se ressente daté dans certains logiques narratives (les personnages qui expliquent ce qu'ils font) et des situations par moments répétitives, il est amusant de voir se dessiner tout ce côté d'anti-héros pour Venom, qui peine parfois à restreindre ses instincts meurtriers. On apprécie d'autant plus de le voir co-exister avec Spider-Man, leur relation un peu forcée amenant quelques jolis moments et des répliques parfois cinglantes. L'histoire n'hésite pas à verser dans quelques folies propres aux comics et a son lot de scènes d'action, avec un climax qui fait intervenir un certain groupe de vilains - au design en revanche pas très inspiré. En soi, Mortelle protection n'est pas un chef d'oeuvre, mais le divertissement proposé est assez honnête, et la lecture s'apprécie plus pour ce que représente la mini-série dans l'historique de Venom.

Puisqu'à côté on retrouve également (et c'est là une bonne idée) la seconde mini-série consacrée au personnage, Funeral Pyre (Sur le gril), lancée dans la foulée en 1993 après Mortelle Protection. Venom doit ici s'occuper d'un gang, mais le Punisher est également sur le coup. Une trame un peu moins inspirée mais qui vaut là aussi pour le déluge d'action et les interactions entre les deux personnages - amusant de voir que Venom se montre bien plus "doux" que son adversaire. Un complément appréciable, bien que l'histoire de Carl Potts ne soit pas des plus renversantes.


Le constat sera assez similaire concernant la partie graphique, qui réunit des artistes solides et représentatifs du comic book mainstream des années 1990. Mark Bagley, Ron Lim et Tom Lyle se succèdent et leur approche assez similaire de l'industrie permet d'avoir une certaine continuité graphique. On comprend ce qui a plu aux lecteurs de l'époque puisque Venom dégage un certain charisme, les artistes multipliant les poses, parfois dynamiques parfois mettant l'accent sur le caractère monstrueux de son personnage. Le dessin est assez riche, l'action bien retransmise. Tout dépendra donc de votre affinité avec le style de cette décennie, si les héros très musculeux sont votre came ou non.

Venom : Mortelle Protection est un agréable retour dans le passé. (Re)découvrir les premiers pas en solo du personnage permet de voir son évolution vers le statut d'anti-héros qu'il occupe depuis longtemps, et d'apprécier sa dynamique avec les autres personnages présents dans l'ouvrage - dont Spider-Man, évidemment. Si le style date un peu, force est de reconnaître la maîtrise de Bagley et ses compères pour le comicbook d'action. Comme on aime parfois à le dire, c'est tout simplement un bon divertissement.

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Arno Kikoo
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