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Justice League Dark #1 : tse'c sap lam ud tuot

Justice League Dark #1 : tse'c sap lam ud tuot

ReviewDc Comics
On a aimé• Retrouver tous ces personnages mis de côté
• Empreint de bonnes idées visuelles
• L'équipe Martinez-Alvarez aux dessins
• Le potentiel est là
On a moins aimé• Une trame et enjeux à priori déjà lus
• Une envie de grandiloquence pas nécessaire
Notre note

Dans les promesses de l'après No Justice, on retrouve en ce moment chez DC Comics cette nouvelle bannière, New Justice, chargée de donner un nouveau souffle aux titres d'équipes de l'éditeur. Avec le retour d'une Justice League Dark qui manquait à l'appel depuis quelques années.

Au fond, ce n'est pas tant que la Justice League Dark était indispensable, mais la série sert de réponse au moment où, en amont du relaunch de Rebirth, toute cette gamme de personnages issue des parties les plus mystiques et sombres de DC disparaissaient de plus en plus, comme le lapin du chapeau. C'est pourtant parmi ceux-là que l'on retrouve certaines perles de l'époque New 52 (Dial H, Resurrection ManAnimal Man et Swamp Thing). C'est donc avec plaisir que l'on retrouve ces personnages, généralement limités à quelques caméos ou mini-séries discrètes. James Tynion IV, la roue de secours de DC sur les titres d'équipe enchaîne un run solide sur Detective Comics par cette nouvelle aventure. Avec une mention encouragement et l'envie de bien faire, assurément.


L'histoire ne fait pourtant pas preuve d'une grande originalité et se force à beaucoup d'endroits à raccrocher les wagons pour ceux qui prendraient le train en route. Les lecteurs réguliers retrouveront donc des éléments de Metal et No Justice préparatoires, dont on aurait eu envie de se passer. La motivation principale est ici de sauver l'existence de la Magie dans l'univers DC, qui part littéralement en cacahuètes (en témoigne la scène d'ouverture, rythmée) et se meurt. Un argument qu'on aura entendu à toutes les sauces récemment puisque de toutes façon, la brèche dans le Source Wall sert d'argument à beaucoup trop d'arcs actuels. Cela étant dit, le motif et le lien créé entre cette branche et le reste des parutions DC a bien quelque chose d'enthousiasmant.

L'argument fan service tient la route : retrouver Swamp Thing, Zatanna, ou encore Detective Chimp à qui l'on a confié un rôle d'une certaine importance, on est content. Le lecteur curieux s'intéressera à cette composition assez atypique, complétée par un Man-Bat repensé pour être l'argument rationnel de l'ensemble. Bien qu'on puisse discuter de la raison scientifique quand pour celui qui est (littéralement) un homme chauve-souris. Tynion présente en tout cas correctement ses personnages, bien que les interactions d'équipe à proprement parler restent à construire, les vingt pages n'étant ici pas suffisantes. Dès lors, on se concentre plutôt sur des duos, qui fonctionnent dans leur ensemble. Le scénariste tente d'appliquer ses idées sans trop forcer sur les dialogues, malgré tout assez conséquents. On s'amuse de voir comment certains éléments de la Justice League viennent se greffer ici (par exemple, la présence de leur QG). 

Pour ce premier numéro, Tynion IV retrouve également le duo d'artistes qui l'ont beaucoup accompagné sur Detective Comics, Alvaro Martinez Bueno (le Bueno est tout récent : vive les mariés ?) et Raul Fernandez. Comme on pouvait s'y attendre, cette nouvelle collaboration est on ne peut plus réussie. Chacun démontre son savoir faire, avec un dessin qui reste dans les normes de la production mainstream, mais qui se démarque d'une part par l'exigence et le soin apporté à des personnages que l'on arrive chacun à différencier, ne serait-ce que par le visage. Certes, entre un Swamp Thing et Chimp, ce n'est pas compliqué, mais pour Wonder Woman et Zatana, certains se contenteraient juste de quelques accessoires et de laisser au coloriste le boulot de différenciation.

En outre, le dessin incorpore de nombreux éléments visuels empruntés ça et là à l'imagerie populaire du film d'horreur et du fantastique. Un peu d'Exorciste par-ci, du Alien de l'autre, un soupçon de body horror, les clins d'oeils font plaisir, dans un découpage là aussi très carré, qui se laisse la place de s'amuser tout en restant lisible. Peut-être l'ensemble pourra-t-il manquer, à certains, une tonalité plus sombre, ou un encrage plus épais. La promesse (remplie) part plutôt d'une idée de magie, plus que de donner dans l'horreur pure.

On aurait donc envie de s'enthousiasmer, mais restons prudent. Comme dit plus haut, tout ça sent un peu le déjà lu, déjà relu. C'est le rapport à la trame plus générale de No Justice et consorts qui peut faire craindre un débordement de cet univers, qui peut se passer de grandiloquence façon "apocalypse à nos portes". La figure mystérieuse, appelée l'Upside Down Man (et teasée déjà par DC), sera de son côté un superbe boogeyman pour l'équipe. Le potentiel est là, le quatrième Tynion et ses deux copains aux pseudonymes latins n'ont plus qu'à nous convaincre.

Ne evitiniféd, tse'c nu nob tubéd - mais le reste du paragraphe sera écrit normalement, parce qu'en même temps, flemme. On espère donc que cette nouvelle série réussira à s'émanciper des cordes "over the top" de Snyder qui ont mené à sa création pour trouver une belle direction, faite de magie, de fantastique et d'horreur, afin de redonner une meilleure exposition à ces personnages "dark" de l'univers DC. La proposition reste encourageante, on demande à voir si l'équipe fonctionnera, et graphiquement c'est très joli. Une belle surprise en devenir ? 

Arno Kikoo
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