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Bloodshot : une intégrale pour retrouver les bases du nouveau Valiant

Bloodshot : une intégrale pour retrouver les bases du nouveau Valiant

ReviewIndé
On a aimé• Une évolution du personnage en continu
• La construction du nouveau Valiant
• Brutal et violent sans être débile
• Les crossovers présents en intégralité
On a moins aimé• On souffle le chaud et le froid sur le dessin
• Quelques doublons si vous avez les autres intégrales de Bliss
Notre note

Lorsque l'éditeur français Bliss Comics s'est décidé à reprendre les droits des comics Valiant, laissés à l'abandon par Panini avant eux, la démarche éditoriale n'a pas été de reprendre au tout début du relaunch opéré par l'éditeur américain en 2012, mais de s'ancrer sur un event de 2014, The Valiant. Pour l'accompagner, on retrouvait la série Bloodshot Reborn scénarisée par Jeff Lemire. Le double avantage était alors d'offrir un récit complet permettant de brasser l'ensemble des personnages de cet univers, et de démarrer à côté une série qui en est la suite. 

Lemire s'offrait en plus un point d'entrée avec un statu quo très différent pour le personnage, de quoi perdre certains lecteurs des volumes précédents. Et justement ? Plutôt que de réimprimer ceux-ci, Bliss a fait le choix d'en proposer les tomes au format numérique. A présent, le tout est compilé dans une imposante intégrale comme l'éditeur sait faire, l'occasion de découvrir cette première version moderne du personnage. Et de retracer les ébauches d'un univers alors en pleine reconstruction.


Bloodshot est le fruit d'expérimentations militaires et technologiques par une puissante organisation aux ambitions internationales, le Projet Rising Spirit (PRS). Soldat à l'identité inconnue, il a été forgé comme l'arme ultime, un soldat infatigable doté de millions de nano-robots dans le sang, les nanites, qui lui permettent de se régénérer à l'envi, de contrôler tout système électronique, et bien d'autres possibilités facétieuses. Une arme vivante à plusieurs milliards de dollars mais dont la dimension humaine nécessite également des contrôles. Ainsi, le PRS implante de multiples faux souvenirs dans la tête de Bloodshot - une famille, des enfants, des amis - pour le motiver à mener les missions les plus dangereuses qui soient avec la motivation humaine nécessaire.

A la lecture de cet exposé initial on se doute facilement que Bloodshot va finir par se rebeller contre ceux qui l'ont fabriqué, et que la recherche de sa véritable identité constitue un leitmotiv évident pour le personnage. Dans les années 1990 et avec la première version de Bloodshot, il y avait effectivement une identité civile accolée à ce héros -  ici, sous la réinvention de Duane Swierzcynski, ce n'est pas le cas, ce qui rend la chose intéressante. Parce que cette quête, ce "qui suis-je ?" pourrait lasser à force de ne regarder que vers le passé, l'intérêt de Bloodshot n'est pas là. Qu'importe au final quelle a été la première identité du bonhomme, puisque son concept même n'est pas lié à une question de qui ou de quelqu'un. C'est plutôt ce que le soldat fera de sa condition d'arme surhumaine qui intrigue.


On retrouve en effet un questionnement interne soulevé par sa nature, pas vraiment humain, pas vraiment machine, qui communique de façon imagée avec l'ensemble des nano-robots qui l'habitent - une bonne idée que l'on perd par ailleurs au fil du volume. Contrairement à sa couleur de peau, Bloodshot n'est pas un héros blanc comme neige, et se perd dans une moralité systématiquement ambiguë. Porté par ses propres intérêts, il n'hésite pas à faire alliance même avec ses pires ennemis tant qu'il peut aller de l'avant ; quitte à devoir en parallèle tuer ceux qui ne le mériteraient pas. Capable d'oublier les questionnements éthiques (comme beaucoup de héros Valiant), quitte à trucider à la chaîne dans cette volonté d'avancer vers une fuite en avant qui accompagne la construction de toute une partie de l'univers Valiant.

C'est cet aspect qui se révèle le plus intéressant, d'autant plus réjouissant si vous avez déjà pu aborder les autres gros pavés de l'éditeur qui couvrent la même période (Harbinger et Archer & Armstrong). Bloodshot permet de découvrir toute la branche des psiotiques, ces êtres aux capacités exceptionnelles qui forment le coeur de multiples groupes aux intérêts très différents. L'occasion de retrouver à l'écriture Joshua Dysart pour mener ce conflit qui oppose deux groupes de psiotiques, la fondation Harbinger menée par Toyo Harada et le jeune rebelle Peter Stanchek et ses Renégats. On ajoute à tout ça les enfants séquestrés par le PRS - et donc Bloodshot. L'intrigue se complexifie et montre l'absurdité de cette guerre où les lignes sont floues, mais les morts nombreuses. 

A côté, l'aspect politique est également appuyé, puisqu'on n'en oublie pas le but pour lequel oeuvre le PRS, et pour lequel ses armes humaines ont été créées. L'organisation lorgne sur des objectifs militaires mâtinés d'enjeux géopolitiques, tout en continuant d'étendre les différentes factions de Valiant, comme le génial H.A.R.D. Corps, groupuscule militaire capable d'obtenir des pouvoirs de psiotique via un implant dans le cerveau - mais un seul pouvoir à la fois, ce qui les pousse à développer une tactique d'ajustement en fonction des situations. On observe d'ailleurs qu'au cours des 25 numéros compris dans l'intégrale, le titre change pour intégrer ces H.A.R.D. Corps et l'évolution générale du héros.


Au terme de 900 pages, on voit donc un Bloodshot rarement seul puisque son parcours le mène à côtoyer un nombre important de personnages plus ou moins secondaires, qui aident le titre à fixer un univers encore bloqué aux prémices. 25 numéros - soit deux ans de publications - pendant lesquels cette figure de tueur évolue au gré des rencontres, avec deux crossovers notables (Harbinger d'une part, et Archer & Armstrong, déjà présents dans l'intégrale dédiée). Une façon de se rendre compte de la solidité éditoriale de Valiant qui ne perd pas de temps pour pousser ses personnages et faire évoluer leur situation. Le statu quo ne cesse jamais d'évoluer, une construction d'autant plus plaisante à suivre si on sait ce que Lemire aura fait par la suite sur le personnage. 

Côté graphique, difficile de résumer le ressenti général, les artistes étant très nombreux à se relayer. Il y aura à boire et à manger pour tout le monde, dans la moyenne haute ou basse selon les coups de crayons. On rappellera au cas où que le titre est évidemment très violent et n'hésite pas à donner dans la surenchère graphique. Des membres volent, des têtes explosent - et au-delà d'un simple actionner costaud, c'est aussi une volonté d'être ramené à la violence crue des conflits armés qui existent réellement. Soulignons enfin, comme toujours, l'excellent travail accompli par Bliss de chaque fois fournir quantité impressionnante de bonus, avec moult croquis de recherche, couvertures et planches exposées pour montrer le travail de conception du croquis au rendu finalisé. Un digestif plus qu'appréciable. 

Pour les amateurs d'action (sanglante) et de thriller (techno-militaires), Bloodshot est fait pour vous. Le vrai plaisir de cette intégrale reste de voir se dessiner l'univers Valiant au début de son reboot, sa partie militaire, politique secrète se développer, avec les personnages qui l'accompagnent. Si l'éditeur a une histoire assez récente chez nous, il est cependant assez facile d'en remonter le fil. Un bon ouvrage pour se familiariser avec le tueur à l'éternel cercle rouge et son univers, en attendant une éventuelle réédition du Bloodshot des débuts.

Arno Kikoo
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