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Venom #1, le retour en grâce du baveux

Venom #1, le retour en grâce du baveux

ReviewMarvel
On a aimé• Ryan Stegman, excellent
• Des symbiotes black-ops, partout, tout le temps
• 'Vous souvenez Dan Slott ? 'Vous souvenez Cullen Bunn ?
• Retcons bienvenues
• Le Venom se reprend au sérieux
On a moins aimé• Balance peut-être ses cartes un peu vite
• La peur d'un arc trop classique ?
Notre note

Empaqueté dans la logique du retour en fanfare des figures classiques, Venom revenait il y a quelques mois sous les traits d'Eddie Brock, son porteur historique et celui que campera Tom Hardy dans l'adaptation prochaine. Paradoxe : à l'époque, tout le monde s'en était foutu. Pire, pour beaucoup de lecteurs (à l'image de Thor, Batgirl ou Spidey), certains des héritiers du héros classique ont plus de valeur à porter le costume que celui par qui tout a commencé. 

C'était le cas de Flash Thompson, un personnage important pour de nombreux fans qui voyaient dans le retour de Brock un non-événement, embarqué à l'aveugle dans l'envie parfois stérile de retour au classique. Qu'on se rassure, Cates et Stegman n'utilisent pas le héros gratuitement. Mieux : le scénariste, qui a manifestement aimé le run de Rick Remender, emprunte une partie du mythos de l'auteur pour ce qui pourrait se présenter comme une suite de fan à l'Agent Venom bien exécutée. Quittons donc Cullen Bunn, la galaxie des Poison, des V-Zombies et des crossovers sans valeur avec Venom #1, le symbiote qui nous manquait et qui est enfin arrivé.


Le numéro s'ouvre sur un flashback, que l'on devine vite être le rêve du symbiote matérialisé dans l'esprit d'Eddie. S'installe l'idée d'une menace qui remonte aux origines de l'espèce alien, et le numéro confirmera cet état de faits en changeant ce que l'on a l'habitude de voir avec cet étrange visiteur, plus dense et plus complexe que le parasite huileux auquel nous avons été habitués. C'est là que Cates justifie le retour de Brock : dans le canon, ce-dernier est le seul à avoir aussi bien réussi sa fusion avec le symbiote.

Quand Peter Parker est infecté par le costume noir, Venom devient l'extrapolation de nos mauvais penchants, la contradiction de l'adage fondamental chez Spider-Man, un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. L'alien lui procure un surplus d'ego et un sentiment de puissance et de confiance en soi, ce qu'on pourrait presque voir comme une parabole sur l'addiction à la cocaïne, avec les effets secondaires associés (comme la paranoïa ou l'agressivité). A l'inverse, quand Brock devient Venom, le personnage devient vite devant sa popularité une sorte d'anti-héros bienveillant mais dangereux. Son union cérébrale avec le symbiote fonctionne comme si tous deux étaient de grands incompris qui trouvaient, ensemble, une réponse à leur problème mutuel de se faire accepter.

Problème, cette popularité aura aussi poussé Marvel à décliner le concept avec une armée de clones, et tout récemment à multiplier les mini-séries promptes à salir le potentiel de ce héros. Remender, lui, respectait cette idée d'addiction, voire d'aspect semi-thérapeutique, on peut pousser ses idées assez loin. Première bonne surprise, Donny Cates a compris qu'un bon porteur est en conflit avec le symbiote. L'alien est ici en train de devenir fou, et Brock doit s'assommer à coup de pilules pour "éteindre" les pensées de son double.

 

L'idée est ensuite menée plus loin et on comprend que le scénariste veut changer la  nature même de Venom à coups de retcons. Il réutilise pour ce faire la partie militaire du personnage introduite par Remender, sous un autre angle. Bien trouvée et séduisante, la porte que pousse Donny Cates nous laisserait rêveurs sur la possibilité d'une mini-série "origines" sur ce qu'il amène ici - encore que, et c'est un reproche éventuel, on a l'impression que cette idée est vite oubliée pour aller vers la suite.

La suite en question qui sera la menace de fond de ce premier arc, une visite de fond dans la mythologie du symbiote. Vous vous souvenez peut-être du jour où Peter Parker a appris qu'il n'était qu'une manifestation de plus de l'esprit de l'Araignée et que d'autres Tisseurs l'avaient précédé au fil de l'histoire ? L'introduction et la conclusion du numéro tendent vers cette envie de faire grossir les enjeux et l'histoire du peuple symbiotique. La crainte devenant, est-ce qu'on n'a pas déjà lu beaucoup d'histoires allant dans ce sens (Iron Fist, Swamp Thing), ou bien est-ce que Cates saura mener sa barque ?

Pour l'heure, ce numéro est plus que séduisant et fait un bien fou aux quelques fans de ce personnage souvent sous-estimé par Marvel, à plus forte raison après les Venomverse, Venom Inc. et autres absurdités du registre. Quelque part, on pourra applaudir l'existence du film en cours chez Sony, quoi que celui-ci ne semble pas particulièrement engageant. On a déjà vu l'éditeur redensifier des personnages oubliés ou traités comme d'affreux seconds couteaux par les enjeux du marketing croisé, et personne ne se plaindra de voir un peu de qualité sortir du grand gloubi boulga Venom qu'on nous impose depuis un certain temps.

 

De son côté, Ryan Stegman livre des planches irréprochables, assorties aux superbes couleurs de Frank Martin qui nuancent la noirceur et le grisâtre des rues de New York. A supposer qu'on passe par-dessus quelques effets de flou numérique pas forcément bienvenus, les designs sont de leur côté intéressants et le dessinateur arrive à compenser l'aspect carré et généralement inattachant de Brock (une masse de muscle plutôt grotesque) par des cadrages serrés et un jeu sur les ombres qui détournent le héros d'une simple iconisation. Il passe ici pour la véritable moitié d'un tout et est rarement représenté de front ou de facade sans tricherie sur les éclairages - une idée intéressante qui rappelle que son vrai visage a deux grands yeux blancs et un sourire carnassier.

Un premier numéro en forme de joli coup de coeur pour les fans du symbiote. Du bon mainstream dans ce que Marvel fait de mieux quand l'éditeur prend ses héros au sérieux. L'intrigue évoque de bonnes influences, de bonnes inspirations et une direction pour une fois plus dense que l'appareil classique prêté au personnage, avec une promesse d'amplifier tout ce qu'on a su de lui jusqu'ici. Comme si le Venom était tout à coup traité comme un personnage nouveau sur lequel on n'avait effleuré que la surface, soit le meilleur moyen de faire oublier les égarements récents.

Corentin
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