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DC Univers Rebirth - Le Badge : patience est mère de sûreté

DC Univers Rebirth - Le Badge : patience est mère de sûreté

ReviewUrban
On a aimé• Une leçon de story-telling en premier chapitre
• La dose de fan-service et de continuité
• Un renvoi à la temporalité de DC continu
• Une prestation graphique de qualité
On a moins aimé• Trop peu de réponses pour le moment
• Un récit qui ne se suffit pas à lui-même
• L'impression de sur place qui reste à la fin
Notre note

Il y a une bonne année, les lecteurs français pouvaient découvrir dans leur langue les débuts de l'époque Rebirth pour l'univers DC. Au travers d'un one-shot proposé en solo ou dans un imposant ouvrage chez Urban Comics, c'est le début d'une intrigue de longue haleine, qui doit lier l'univers DC à celui de Watchmen, qui s'est mise en route. Et si même en VO, on est encore loin d'en voir le bout, le printemps 2018 a ramené dans le sillon de l'éditeur français Le Badge, court récit en crossover des séries Batman et Flash, qu'on aura pu suivre en kiosque - ou en un album pour avoir tout d'un coup. C'est de cet album que l'on parlera aujourd'hui.

Il faut bien comprendre qu'une lecture comme celle du Badge ne peut pas vraiment s'apprécier comme point d'entrée dans l'univers DC, mais nécessite d'avoir au minimum quelques bases, et au mieux d'avoir déjà bien fait ses devoirs dans tout ce qui concerne la continuité récente de l'éditeur. C'est à dire, être généralement au fait de ce qu'il s'est passé durant Flashpoint, savoir ce qu'est la période DC Renaissance - et avoir lu le one-shot d'introduction DC Univers Rebirth. Pour ceux simplement intrigué par la couverture (qui a d'ailleurs dû faire avec des problèmes de copyright puisque le Badge du Comédien est caché), on rappellera une nouvelle fois qu'à l'éditorial, Urban sait y faire pour mettre les choses dans l'ordre avec ses rappels. Mais pour que la lecture s'apprécie vraiment, on vous conseillera d'aller lire les quelques ouvrages soulignés dans ce rappel.


Ceci étant dit, que vaut Le Badge ? Les faits sont assez simples : Batman étudie ce mystérieux badge dont il est question dans sa cave, quand ce dernier entre en résonance avec le casque du Psycho-Pirate. L'énergie dégagée appelle un certain Eobard Thawne (le Reverse-Flash) sur les lieux, et c'est le début d'un affrontement acharné entre les deux personnages, suivi d'une disparition, d'un mystère à résoudre, et d'un voyage entre Barry Allen et Bruce Wayne dans les méandres de la continuité DC. Le programme est assez riche, il faut bien l'avouer, les renvois à d'autres récits passés, et les pistes laissées en suspens dans le fil rouge de Rebirth, étant particulièrement nombreux. Il y aurait parfois de quoi perdre la tête, ou au contraire s'amuser à débusquer de multiples clins d'oeils à l'Histoire de DC, au fil des planches de Jason Fabok et Howard Porter, exemplaires chacun, malgré des styles très différents. 

Ainsi, l'idée générale qu'une entité surpuissante manipule le temps et en profite pour causer du tort aux personnages DC Comics est appuyée à de nombreuses reprises, et le renvoi à la temporalité de l'éditeur s'exerce de multiples façons. On parle d'un passé oublié, de timeline alternatives, mais aussi d'un futur arrivant, catastrophique, dont nul ne souhaite l'arrivée. Cette idée du temps avec lequel on s'amuse est là pour appuyer le fait que Le Badge sert d'intermède entre deux gros morceaux d'histoire, et ce n'est pas la présence de six planches de Doomsday Clock en fin d'album qui viendront dire le contraire. Cet effet d'entre-deux est aussi ressenti parce qu'avec les nombreuses questions soulevées durant la lecture, très peu de réponses sont apportées. C'est encore plus flagrant avec certains éléments du premier numéro, qui semblent important (pensez Johny Thunder et Saturn Girl) qu'on ne les reverra plus jamais ensuite.

C'est là que Le Badge est face à sa plus grande faiblesse, qui est aussi une force. C'est un récit qui n'est qu'un liant, et qui a bien du mal à se lire par lui même. On l'apprécie dans la lecture d'un fil d'histoire général, et l'attrait principal est que le cheminement est encore à faire. L'introduction mise à part, l'ensemble a un aspect de grande parenthèse où l'on donne quelques miettes à grignoter pour les lecteurs les plus fidèles ; mais pas assez pour récompenser cette fidélité. Les questions se posent, on peut émettre quelques hypothèses sur le pourquoi du comment. Mais le mystère reste entier, et a quelque chose de frustrant. Et c'est d'autant plus frustrant que Le Badge transpire d'un amour certain pour DC Comics, son histoire, ses crises, et d'un côté méta sur ses récentes initiatives éditoriales. On s'y amuse donc, sans s'empêcher d'en ressortir frustré.


Ce ne sont pas les qualités qui manquent malgré tout. On soulignait auparavant une patte graphique de bonne facture, mais le premier numéro de ce crossover, intégralement écrit par Tom King, vaut à lui seul un sacré coup d'oeil (le reste étant l'oeuvre de Joshua Williamson). Dans le visuel déjà, les renvois à Watchmen se font de toute part, du symbole évident du badge à un écran de télévision ou à des tâches de sang sur le costume d'Eobard, tout est fait pour rappeler le symbole du Comédien, et King s'amuse à mettre du gaufrier pour singer la narration de Moore, tout en apportant ses propres idées - comme l'utilisation du temps - en vraie efficacité. C'était aussi quelque chose de constaté lors de la sortie en single : avec une introduction aussi forte, il paraît presque inévitable que la suite ne satisfasse qu'à moitié.

On garde malgré tout un certain plaisir à suivre Jason Fabok d'un côté, et Howard Porter de l'autre, qui se donnent du mal tout au long de l'album. Le premier a démontré à de nombreuses reprises sa capacité à faire de son dessin mainstream l'un des plus qualitatifs du moment, puisque le trait et la composition des planches savent toujours s'adapter au script. Et qu'on a également grand plaisir à voir Fabok revisiter une certaine autre continuité de DC. Du côté de Porter, l'artiste possède également un style reconnaissable entre tous, plus marqué par des personnages plus carrés, et des effets graphiques plus appuyés.

Le Badge reste à l'heure actuelle une petite énigme en soi. Sa nature de liant entre DC Universe Rebirth #1 et un futur Doomsday Clock rend le récit excitant tout en le condamnant à une certaine frustration. Le tout est bien beau, l'introduction assez exceptionnelle, et les multiples pistes et renvois à l'Histoire de DC sauront flatter les lecteurs les plus fidèles, et les plus suiveurs du fil rouge de Rebirth. Au-delà, Le Badge aura du mal à se lire par lui même, et donne malgré tout cette impression de faire du sur place. Ce qui l'empêche d'atteindre des cimes dans ce genre de récit d'entre-deux. Un crossover d'assez bonne qualité, du moment que vous savez à quoi vous en tenir.

Vous pouvez commander DC Univers Rebirth : Le Badge à ce lien.

Arno Kikoo
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