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Secret Empire Omega #1, la review

Secret Empire Omega #1, la review

ReviewMarvel
On a aimé• Un face à face idéologique entre les deux Cap
• Adrea Sorrentino au sommet
On a moins aimé• Les pages de foreshadowing qui sortent du numéro
Notre note

Vous pensiez que Secret Empire était fini ? Hé non. Nick Spencer nous réservait une dernière carte dans sa manche avec Secret Empire Omega #1, sorti hier et qui est l'occasion d'offrir un véritable face à face idéologique entre les deux Steve Rogers, maintenant qu'il en existe deux dans l'univers Marvel.

Il faut l'avouer, après la fin de l'event estival de la Maison des Idées, il était difficile de ne pas rester sur sa faim face à une critique politique moderne et intéressante qui n'a pourtant fait que caresser délicatement la surface de la montée des extrémismes, par le prisme d'un Captain America qui a retourné sa veste (avec l'aide du cube cosmique) pour devenir le Supreme Leader de Hydra et le belligérant de notre belle planète. Un conflit qui s'était terminé sur le retour du gentil Steve Rogers original, avec coups de poings bien placés dans la mâchoire de son opposant.
 

 
La politique n'est cependant pas un terrain de bagarre mais d'idées et de débats. C'est avec cette idée en tête que Nick Spencer nous offre un aftermath à Secret Empire qui donne l'occasion au gentil Steve Rogers de se confronter à son alter-égo maléfique, maintenant enfermé dans une prison isolée de toute civilisation dans lequel il est le seul résidant. Ce numéro joue d'ailleurs sur la similarité des deux personnages en les présentant dans un face à face avec comme seules distinctions le A sur le pull de Cap et un logo tatoué à forme d'hydre sur le torse d'HydraCap et la couleur symboliques des cases (bleues et rouges). 
 
Le scénariste rentre donc dans le vif du sujet avec ce numéro qui pourrait finalement faire office de débriefing entre les deux personnages. Il réussit à convaincre avec un constat politique qui pourra faire frémir, plus que la tentative de prise de pouvoir de l'ancien Supreme Leader. En effet, après les terribles événements qui ont eu lieu sur la Terre 616, Nick Spencer tape sur l'idéologie nauséabonde du groupuscule nazi, alors que la voie de l'extrémisme politique a été ouverte, entrainant des conséquences sur la conception de la morale dans le monde (Donald Trump et Charlottesville dans le viseur).

Mais Captain America et la démocratie capitaliste en prennent aussi pour leur grade puisque le scénariste fait l'emphase sur un système qui, s'il n'est bien évidemment en rien comparable à une dictature, n'est pas sans défaut non plus, avec des institutions rouillées qui ne défendent pas souvent les plus faibles. L'ironie voulant que même Captain Hydra pourrait passer entre les mailles du filet judiciaire. Si les Vengeurs se disent protecteurs du monde, leurs actions ont aussi entraîné des conséquences, parfois désastreuses, et leur statut supérieur et auto-proclamé n'a pas toujours défendu le bien commun mais bien souvent leurs intérêts propres. Le cas de Tony Stark et ses nombreuses bavures reste le parfait exemple. Ainsi, la question que Captain Hydra pose à Captain America est la suivante : comment aller de l'avant si les Avengers, maintenant le monde de nouveau entre leurs mains, reviennent en arrière à un système ne bénéficiant qu'à un faible pourcentage de la population ?
 


Belle réflexion qui est une nouvelle fois mise en images par le talent d'un Andrea Sorrentino qui nous prouve toujours plus son génie sur un numéro (presque) en huis clos avec un minimum de mouvement. Nous l'avons déjà crié haut et fort mais il est toujours de bon ton de rappeler que l'artiste italien est probablement l'un des meilleurs de sa génération en terme de découpage. Il réussit toujours à trouver une nouvelle façon innovante et visuellement impressionnante de mettre en scène ses histoires. Clairement le point fort de Secret Empire et maintenant de ce Omega #1, Andrea Sorrentino démontre à Marvel qu'il est probablement son meilleur atout et on espère que la Maison des Idées saura utiliser toute son intelligence graphique dans ses futurs titres.
 
Mais il n'est pas seul aux dessins puisque ce numéro accueille aussi Joe Bennett, Joe Pimentel, Scott Hanna et Rachelle Rosenberg qui distille tout au long du numéro des pages qui permettent des petits foreshadowing de l'après Secret Empire pour plusieurs personnages dont ce bon vieux Frank Castle qui a déjà trouvé une nouvelle victime de sa haine, Emma Frost et Hank McCoy, ainsi que le Winter Soldier qui devrait s'allier à Clint Barton pour traquer un "tueur" qui en a après les ennemis de Black Widow dans Tales of Suspense.



Après un Secret Empire qui lissait un peu trop son propos politique, pourtant intéressant, pour un résultat bas-du-front, Nick Spencer s'attaque enfin à la sève de son idée dans ce numéro qui aura finalement dû attendre la fin officielle de l'event pour débarquer. Le face à face entre les deux faces de la même pièce que sont Captain America et son double maléfique est passionnant puisqu'il s'arrête seulement sur l'opposition de deux visions d'un monde qui doit être réparé. Nick Spencer offre donc un numéro grisant qui se lit entre les lignes pour finalement offrir un constat clair d'une situation politique proche de la notre. Mais l'auteur peut compter sur le talent d'un Andrea Sorrentino imperial pour manifier ce huis clos qui aurait finalement pu se passer des ses quelques pages de foreshadowing pour être encore meilleur.
AlexLeCoq
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