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Édito #22 : Guardians of the Galaxy, un pari vraiment risqué pour Marvel Studios ?

Édito #22 : Guardians of the Galaxy, un pari vraiment risqué pour Marvel Studios ?

chronique

Rare film Marvel Studios à sortir chez nous plus tard qu'aux États-Unis, Guardians of the Galaxy est déjà une réussite du haut de ses 250 millions de dollars de recette, se permettant même de dépasser le box-office mondial de The Incredible Hulk et Green Lantern en l'espace de 10 jours à peine. Pourtant, si la situation en 2014 semble si favorable à ses producteurs et à son crew, il n'en a pas toujours été de même et le projet faisait même figure d'arlésienne aussi folle que mal embarquée avant l'arrivée de son capitaine de bord.

"Le problème, si l'on ne prend pas de risque, c'est qu'on risque encore d'avantage." 

Petit anniversaire pour Marvel Studios qui fête là son 10ème long-métrage (oui, déjà), le film de James Gunn est loin d'avoir toujours été le pari réussi de la Maison des idées. En effet, si l'on revient en 2012, alors que des rumeurs concernant l'existence du film bruissent depuis l'automne 2010 (et l'ouverture de COMICSBLOG.fr), Kevin Feige se retrouve devant un dilemme alors inconnu pour lui : lancer une nouvelle licence un tantinet risquée en raison du coût inhérent d'un Space Opera, à partir d'un script (celui de Nicole Perlman) qui ne convainc personne. Quelques mois de gestation plus tard intervient alors une décision qui aurait été murmurée par le marketing de Disney (maison-mère de Marvel depuis 2009, faut-il le rappeler) : il faut confier le film à un homme à tout faire capable d'apporter sa patte et son talent à un film appelé à être différent par son existence même. 

La suite vous la connaissez : James Gunn embarque à bord du navire un peu chancelant et se voit confier un budget de 170 millions de dollars et les coudées franches pour adapter un comic-book un peu obscur de Marvel, de ceux dont le succès d'estime n'est plus à prouver mais qui ne parvient jamais à tutoyer les sommets des ventes mensuelles. On était alors bien loin de l'époque où le seul Rocket Raccoon parvenait à détrôner Batman au top des ventes

S'enclenche alors un processus que nous sommes fiers d'avoir pu couvrir du premier jour jusqu'au dernier et le scénariste/réalisateur prend en charge la totalité de l'écriture et change, si l'on en croit ses dires, 99% du script original pour y ajouter son grain de folie et surtout, une soundtrack en forme de festival pop, invoquant les cultes 10cc, Bowie, Blue Swede et j'en passe. 

La suite se compose avec une autre prise de risques, le recrutement d'un casting loin d'être flamboyant, choisi au peigne fin par James Gunn, plus que jamais capitaine de son Milano. C'est ainsi au cours d'une audition somme toute classique que Chris Pratt éblouit ses futurs collègues. Après avoir essuyé refus sur refus pour camper d'autres héros d'Hollywood (G.I Joe, Star Trek et j'en passe, mais nous y reviendrons dans l'article lui étant consacré), la star comique de Parks & Rec' aurait même pu voir l'opportunité Star-Lord lui filer entre les doigts à cause de son surpoids. Ce n'est qu'au prix d'efforts colossaux (et de coachs hors-de-prix) qu'il parviendra alors à se faire accepter grâce à ses abdos et ses pectoraux flambant neufs. Ajoutez à ça à l'inexpérimentée Karen Gillan dans le rôle de l'antagoniste, l'omniprésent Lee Pace pour camper son boss, Dave Bautista (par franchement convaincant aux côtés de RZA) et Zoe Saldana (seul véritable nom ronflant grâce à Avatar), et vous obtenez un casting bien loin des strass et des paillettes d'Hollywood, cantonné à l'union sacré pour que le film puisse véritablement exister. 

La suite vous la connaissez, une petite famille s'est formée et Guardians est en train de tout rafler. On pourrait d'ailleurs arguer que c'est grâce aux ajouts (parfois tardifs) des stars que sont Bradley Cooper, Vin Diesel et Glenn Close que le film parvient aujourd'hui à se faire entendre à travers le monde (ce qui est loin d'être faux si l'on considère que Dominique Toretto a plus de fans sur facebook que d'habitants en France), mais la vérité semble être ailleurs.


Réalisé dans un laps de temps très court au prix d'efforts colossaux et de litres de sueurs, Guardians est porté par les sentiments qu'il transmet : l'amitié, la passion et la valeur du travail. Certes, le marketing dingue de Marvel permet de minimiser les risques, mais personne n'aurait prévu une réussite aussi totale pour le film il y a quelques mois encore. La preuve en est : beaucoup de gens nous riaient au nez il y a encore quelques semaines quand on annonçait Feige et les siens capables d'annoncer la suite du film avant même sa sortie aux USA, lors de la grande messe de la San Diego Comic Con

Évidemment, le film est un berceau stratégique pour ses producteurs. Celui-ci est marketé comme le nouveau produit des fameux "créateurs d'Avengers et d'Iron Man" sans se référer à l'univers terrien de Marvel déjà bien en place, permet d'ouvrir encore plus en grand les portes du genre dans un studio qui ne fait qu'appliquer une recette qui fait ses preuves depuis 75 ans en BD et offre une nouvelle licence de Space Opera assumée avant le retour du patron en Décembre 2015. Comme diraient les mauvaises langues "rajoutez des posters dans toutes les gares et quelques money-shots" et vous obtiendrez un succès. Andrew Stanton (John Carter) doit encore pleurer à la lecture de tels arguments.

Plus que le bouche-à-oreille classique des films différents, sans stars et aux concepts obscurs, c'est le fandom Internet qui est parvenu à faire monter la sauce autour de Guardians of the Galaxy, si bien que le film est devenu une curiosité pour beaucoup (du plus passionné au néophyte) depuis cette (fin de) nuit où son premier trailer a été diffusé. Pour l'anecdote, sachez d'ailleurs que cette première bande-annonce un peu folle est née de la même volonté que celle qui anime le film depuis l'arrivée de James Gunn, puisque le panel de test à qui le trailer avait été montré l'avait déclaré aussi raté et inefficace que l'autre bande-annonce (que l'on ne verra jamais) qui vendait un film hollywoodien tout ce qu'il y a de plus classique, bien loin du résultat final. Et ce n'est que parce que les retours étaient mauvais sur les deux essais que l'équipe de Disney a tranché : "Si aucun ne plaît, autant diffuser le plus sincère, non ?".


Là aussi la suite vous la connaissez, Hooked on a Feeling de Blue Swede est devenu #1 sur iTunes en quelques heures et le le moteur vrombissant du Milano n'attendait que le mois d'Août pour s'envoler vers les étoiles. Jusqu'où ? Personne ne connait la réponse, mais la dernière analyse au box-office annonce que Guardians of the Galaxy pourrait battre les 10 premiers jours de Transformers : Age Of Extinction et venir tutoyer le milliard de dollars de recettes en fin de vie. Bien devant Captain America - The Winter Soldier donc. Et là où le pari semble doublement réussi pour Marvel, c'est que la licence est déjà l'une des plus connues auprès du jeune public grâce au renfort des produits dérivés et de l'attractivité de Groot et Rocket, permettant à Disney de compter sur une nouvelle gamme de héros, encore inconnue du grand public il y a six mois. Ajoutez à ça une série animée en production et l'arrivée des losers de l'espace sur Infinity et vous obtenez une franche réussite pour une équipe le mérite. 

Et si l'histoire est encore jeune et à écrire, il n'est pas impossible que Guardians apparaisse d'ici quelques années aux côtés d'Iron Man premier du nom comme la preuve que tous les paris sont bons à faire pour les studios qui adaptent des Comics par camions, dès lors que l'on accompagne ses créations avec soin, sérieux et passion. 

Sullivan
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