Review

Green Arrow #17, la review

Dc Comics   12
Le 08 Fev par
Steeve
Green Arrow #17, la review
Notre note
• Un nouveau départ
• Andrea Sorrentino au top
• Entrée en matière pas ultra-originale
• On n'arrive pas encore à s'investir sur le plan émotionnel
    

Jeff Lemire s'est mis à l'aise du côté de la Distinguée Concurrence. Il y fait entrer ses amis et multiplie les projets. A première vue l'annonce de son arrivée à la tête de Green Arrow avait de quoi surprendre. Son travail chez DC se limitant aux coins sombres de l'univers que Batman et Superman partagent et ses productions indé ne criant pas non plus « super-héros », on pouvait se demander si c'était bien là une bonne idée. Le génie canadien promettait du polar-street-super-héroïque dans les interviews précédant la publication de son premier épisode sur la série, ce qui a le mérite de bien sonner sur le papier. Si nous n'y sommes pas encore tout à fait, tout n'est pas à jeter, et pour Green Arrow version New 52 c'est pas rien.

Green Arrow #17 review

« Now I'm no one »

On nous a promis l'équivalent d'un #1 pour ce #17. Pour arriver à ses fins, l'auteur de Animal Man n'y va pas de main morte. Reléguant toute sa subtilité au placard, Lemire balaie d'un revers de la main tout ce qui faisait de Ollie celui qu'il était dans les New 52. C'est tellement radicale que c'en est presque triste pour les scénaristes ayant officié sur les 16 premiers numéros. On nous a promis que tout irait vite. Les bâtiments explosent, les os se brisent, les flèches fusent. Comme promis on entre dans le vif du sujet sans perdre de temps. Un rythme qui aurait peut-être gagné à être plus posé.

Pour peu qu'on ait vu un épisode de Arrow ou qu'on connaisse le personnage même de loin, on est effectivement à l'aise avec la situation à laquelle on a affaire. Pas besoin d'avoir lu un seul numéro de la série pour comprendre que pour Oliver, ça va pas. Le problème c'est qu'on a du mal à le plaindre le bougre. C'est peut-être intentionnel, mais l'impossibilité de s'investir sur le plan émotionnel dans ce premier épisode m'a posé problème. Des gens meurent, un ennemi impitoyable brise notre héros, et pourtant rien n'y fait. La situation aurait gagné à trainer un peu plus en longueur.

Green Arrow #17 review

« A true archer doesn't need gimmicks »

Au-delà de ça, l'intrigue bien que traditionnelle reste engageante. On est ici à l'exacte opposé de ce que Matt Fraction livre sur Hawkeye et c'est pas plus mal. Quand les aventures de Clint Barton sont des plus intimes, on a ici du super-héros urbain avec des ennemis qui se veulent charismatiques et une intrigue qui mise sur le long terme. Les plans de Lemire pour la série donnent envie de le suivre au moins sur la première année et permettent aux deux comics ayant pour protagoniste un blond avec un arc de cohabiter sur les étals sans problème.

Mais Jeff Lemire n'est pas seul aux commandes de la série, et si Green Arrow fini par devenir un incontournable, il y a fort à parier que Andrea Sorrentino n'y sera pas pour rien. N'ayant pas lu I,Vampire, je découvre l'italien ici et damn! ce que c'est beau... La plus grande force de l'artiste vient sûrement du fait qu'il s'encre et colorise lui-même son travail. Le trait est fin, les couleurs délicates et sombres à la fois. Si le scénario est à milles lieux du Hawkeye de Fraction, la partie visuelle rappelle férocement aux aventures de l'archer de Marvel.

Des couleurs subtiles au découpage nerveux, il semblerait que l'industrie soit arrivé à un consensus sur la meilleure façon de raconter les aventures d'un archer. Le talent du dessinateur lui permet de livrer des pages riches en détails au point que le lecteur se sentira parfois dépassé par les événements et devra revenir en arrière pour saisir pleinement ce qu'il vient de voir. Si j'avais pensé à un défaut au premier abord, cette approche a beaucoup de sens pour des combats d'archers à bien y penser.

Green Arrow #17 review

Green Arrow #17 fait office de début des plus engageants. Si l'écriture de Lemire n'est pas encore exceptionnelle, elle pose des bases qui annoncent une série qui sera rythmée à grands coups d'aventures urbaines musclées. S'il faut encore attendre un peu pour pouvoir lancer des louanges au script, le travail de Sorrentino aux dessins est déjà au top et présage de grosses pépites visuelles pour l'avenir.

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