Review

Young Avengers #1, la review

Marvel   7
Le 25 Jan par
Cynok
Young Avengers #1, la review
Notre note
• Mature, intelligent
• Gillen suit les pas d'Alan Heinberg
• McKelvie sobre et efficace
• La décontraction et l'indépendance
• Un petit trop rapide à lire
• Quelques clés manquantes sans avoir lu les opus précédents
    

Allez on pose les crayons, les arbalètes, on oublie de penser frénétiquement à sa voisine dans le métro et on écoute. Young Avengers #1 est arrivé et je vais gâcher d’entrée de jeu toute cette review : c’est une pure bombe. Vous l’avez voulu, le voilà et franchement vous l’avez bien cherché. Le comic moderne c’est ça, point final.

 

Being a super hero is amazing, everyone should try it

Young Avengers #1 écrit par Kieron Gillen et dessiné par Jamie McKelvie intervient dans le reboot secret de Marvel Comics que ces derniers nomment NOW!. Un nouveau titre qui arrive avec peu d’éléments sur son contenu mais éveille les sentiments des lecteurs déjà conquis sans même l’avoir eu en mains. Car Young Avengers c’est avant tout une histoire, celle d’un titre qui malgré peu de presses et de visibilité a brillé par sa qualité à la fois écrite et illustrée. La première mouture créée par Alan Heinberg et Jim Cheung présentait une équipe de jeune super-héros réunis plus ou moins malgré eux et contre l’avis de leurs pairs. Le titre a surtout surpris par sa maturité affichée et la caractérisation éblouissante et immédiate des personnages, véritables fers de lance d’une nouvelle génération de héros, parfaitement encrés dans leur temps et les problèmes qu’il apporte. Si le titre est nommé « Young » l’intérieur l’est nettement moins, franc et s’échappant totalement de la niaiserie maladroite et facile que l’on pourrait redouter du schéma narratif classique des jeunes faire-valoir. Plus encore la série s’est affranchie de son aspect secondaire pour faire front aux évènements de l’univers Marvel avec la mini-série Children Crusade.

Kieron Gillen agrippe les rênes de la série sans chambouler la chronologie et le passé de chacun. Le casting a changé mais la magie opère encore. La série a toujours voulu appuyer sur un point simple, qui a lui seul révèle sa grande intelligence : être un super-héros est la chose la plus incroyable et fun qui soit, peu importe les problèmes que cela pose, être un super-héros se mettra toujours au dessus de ça.



La construction est pourtant simple, un pur numéro 1, mais jamais le lecteur est pris pour un enfant devant Dora l’exploratrice à qui l’on pointe du doigt le nouvel élément de couleur bleu qui arrive à l’écran. La constitution de duos amène je vous l’accorde, plus de questions que de réponses mais rien n’est vulgairement tissé avec les grosses ficelles habituelles du genre. Si l’on connait déjà les deux aimants Wiccan, Hukling et Kate Bishop, ce n’est pas pour autant que l’on doit refaire tout leur historique dans une pastille ou un faux dialogue du style : « Bonjour je suis Kate Bishop, j’ai 19 ans et je vis à New York. J’aime les chiens, le diabolo grenadine et je suis experte en arc à flèches. » C’est peut être là le seul vrai reproche que l’on peut lui faire. Pas vraiment new reader friendly comme dirait les bretons, il serait de bon ton de lire les merveilles précédentes pour comprendre les situations, du moins celles des membres fondateurs. Mais là encore n’est-ce pas le leitmotiv des numéros 1 qui suivent une ancienne série ?

Gillen est énervant de simplicité et de génie narratif. Drôle et libéré de toute contrainte évidente, il ne part dans dans une logorrhée sans intérêt. Peu de mots superflus qui laissent une place prépondérante à la qualité du dessin.

 

 

Style > Substance

Si la qualité d’écriture de Gillen n’est plus à prouver, celle de McKelvie m’était encore inconnue. Si le découpage n’est pas toujours le plus ambitieux du monde, le coup de crayon est fin et assuré. Aidé par Mike Norton, on regrettera un déséquilibre sur certaines cases de la colorisation, de Matthew Wilson, pas toujours juste voire propre. Je ne dis pas ça pour les ombres kakis bien entendu, faute d’impression dira-t-on.

La simple double page du début met tout le monde d’accord. On va avoir du très grand, du mouvement et de l’action, toujours avec style, et c’est important le style. Du style on en a notamment avec la petite nouvelle que tout le monde va adorer, Miss America Chavez, apparue dans la mini-série Vengeance de Joe Casey et Nick Dragotta. C’est simple je suis déjà amoureux, le côté brune bouclée et mini short sûrement. Quoi qu’il en soit c’est toujours avec cet esprit de simplicité que le dessinateur suit son auteur, certes on ne va pas accrocher les planches au musée Jacquemart-André, mais l’ensemble est si plaisant, si fluide et agréable dans les coins de pages que l’on peut être que comblé.

Vous seuls serez maîtres de votre lecture, mais rarement l’attente et l’emballement ont été autant justifiés. Des super-héros avec du fond qui aiment ce qu’ils font, qui ne se sentent pas obligés de faire piou piou avec leurs bouches; sans compter l’arrivée de Kid Loki véritable fouille crotte des basses planches : courrez il n’y en aura pas pour tout le monde.


 

Loin d’être un titre secondaire, Young Avengers est tout bonnement le meilleur titre vengeur du moment. Mature, instruit, immédiat et sans réel défaut, c’est la lecture que l’on attendait. Même si le titre n’est pas encore vraiment lancé, l’aisance de Gillen et de McKelvie fait rêver pour la suite. L’algorithme se vérifie à nouveau Young Avengers = bonheur.