Review

Hellboy In Hell #1, la review

Dark Horse   2
Le 29 Dec par
Jeffzewanderer
Hellboy In Hell #1, la review
Notre note
- Mignola au dessin
- Un numéro 1 bien rempli
- Un enfer Mignolesque
- Du Hellboy "classique"
    

Hellboy est mort, vive Hellboy ! La saga dessinée écrite par Mike Mignola et par Duncan Fegredo (Darkness Calls, The Wild Hunt, The Storm, The Fury) s’est achevée par la mort du gros démon rouge. Et le chapitre suivant porte un titre aussi évocateur qu’évident : Hellboy In Hell #1. Mais il marque surtout le retour du maestro Mike Mignola au dessin, pour notre plus grand plaisir.

Where the Hell am I ?

Hellboy In Hell #1 Comicsblog Review 

La réponse est dans la question comme dirait l’autre. Ce genre de petit double sens est typique de l’humour inhérent à la série. « Typique » est d’ailleurs l’adjectif qui conviendrait le mieux pour résumer ce premier numéro d’Hellboy In Hell. Typique des histoires de Mignola quand il choisit de nous narrer des ballades dans des univers étranges où Hellboy est tout autant (voire parfois plus) témoin qu’acteur. Un parti pris narratif qu’il maîtrise à la perfection et qui fonctionne une fois de plus très bien pour nous faire découvrir cette étrange vision de l’enfer.

Un enfer bien particulier en effet, ni Miltonien, ni Dantesque (ça change agréablement pour le coup), mais tellement… typique de Mignola (oui je vais arrêter de caser ce mot toutes les deux secondes). On a des monstres bien sûr, une âme damnée qu’on a déjà croisée (un des personnages de The Wild Hunt, pas non plus la surprise du siècle genre Rasputin ou Roger), un spectre bien intentionné pour guider et aider. Et du Dickens.

C’est peut être ce dernier élément qui retiendra le plus l’attention en termes d’écriture. On a l’habitude que Mignola ajoute des extraits ou citations de la littérature du XIXème dans ses histoires (du Poe surtout, mais pas seulement). Cependant quand on lit Hellboy In Hell, on ne pense sûrement pas y trouver un passage de The Christmas Carol (Un Chant De Noël, celle avec Scrooge). Et pourtant ça marche, et la magie habituelle opère. Le tout narré par le biais d’un théâtre de marionnette, un élément récurrent chez l’auteur (voir Father Gaetano’s Puppet Catechism, et je crois qu’on avait aussi vu un tel théâtre dans une autre histoire).

Considering the day I’m having, I think I’m doing pretty good.

Hellboy In Hell #1 Comicsblog Review 

C’est donc un premier numéro efficace auquel on a droit, qui ne se borne pas à faire de la mise en place, et nous réserve tant sa part d’action qu’une belle densité narrative. Pour reprendre une formule qui n’est chère, Mignola fait du Mignola et il le fait bien. Et c’est aussi vrai pour le dessin.

Est-il encore utile de parler du style unique de Mike Mignola ? De ses noirs compacts, des Kirby dots dissimulés çà et là, de ces petites cases montrant exclusivement un élément du décor où quelques runes ésotériques… Ou encore du design de ses monstres tantôtLovecraftiens, tantôt si personnels. On pourrait en faire tout un dossier, mais tel n’est pas le but ici. Disons donc seulement que c’est toujours aussi brillant, que le story-telling est aussi irréprochable et personnel qu’à l’accoutumée, et que les couleurs de Dave Stewart complètent toujours aussi bien l’ensemble.

A noter, à ce titre, l’idée intéressante d’adopter une palette très codifiée (vers vert/turquoise pour les lieux, violet pour la magie…) tout en évitant le plus possible le rouge. Surprenant mais réussi.

Hellboy In Hell #1 est donc tout ce qu’on attend de lui : un bon début d’histoire d’Hellboy narrant son voyage dans les profondeurs infernales avec des dessins superbes de Mike Mignola. Mais, et c’est là ce qui explique que ce numéro n’ait « que » 4/5. Oui, il est irréprochable, mais il n’est « que » tout ce qu’on en attend. Oui, je suis sévère, mais après The Storm et The Fury qui bousculèrent tant les conventions des aventures d’Hellboy, et avec le retour du maître Mignola, j’aurais voulu un classique (ou quasi-classique) dès la première page, je n’ai eu « que » de l’excellent Hellboy. Mais j’attendrai quand même impatiemment la suite.

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