Review

Captain America #1, la review

Marvel   15
Le 27 Nov par
Steeve
Captain America #1, la review
Notre note
•L'action totalement débridée
•Le virage SF délirant
•Le quatuor aux commandes qui fonctionne très bien
•Même du bon Romita Jr ça ne plaira pas à tout le monde
    

Les temps changent, et pas que pour l'UMP. Marvel semble décidément bien déterminé à aller de l'avant et se repositionner sur le marché quitte à donner un gros coup de lifting à ses icônes, et ce sans y aller avec le dos de la cuillère. Fini l'ère des espions aux missions para-politiques qui font dans le polar. L'époque est à nouveau aux super-héros. Iron Man va tutoyer les extra-terrestres et se la jouer Han Solo, Daredevil a quitté les ruelles glauques de Hell's Kitchen pour se reconvertir en globe-trotteur qui perd la boule plus qu'à l'accoutumée... Cap' lui s'en va tâter de la créature outre-dimensionnelle et titiller les nerfs d'un Arnim Zola qui en a fini avec les plans de conquête de l'Amérique du Crâne Rouge et s'est tourné vers des activités bien plus dignes du savant fou qu'il est. Vous l'aurez compris, le Captain America de Rick Remender saute à pieds joints dans Marvel Now! et ça sent bon le neuf.

Captain America #1 review Comicsblog.fr

"YOU ALWAYS STAND UP"

A peine en a-t-il fini de torturer ses Uncanny X-Force que Remender a trouvé une nouvelle victime. Etre écrit par le créateur de Fear Agent (que ceux qui sont passé à côté peuvent dès maintenant pré-commander intégralement en deux énormes volumes ici et ) n'est jamais de bon augure pour les personnages de Marvel. Captain America ne dérogera manifestement pas à la règle et ce n'est pas pour nous déplaire ! Le scribe ouvre fort. De l'enfance pas des plus poilantes de Steve dans l'Amérique en crise des années 30 aux confins de la Dimension Z, on manque de s'effondrer tellement le récit est frénétique et laisse peu de temps pour souffler tant au super-soldat qu'au lecteur.

Remender rentabilise les 20 pages mises à sa disposition pour relancer ce titre phare comme peu d'auteurs sauraient le faire. Il alterne passages intimes et action totalement débridée de la façon la plus naturelle qui soit. Très vite, il pose les bases de sa version du personnage. Derrière le super-héros qui envoie des avions dans l'Hudson et prend des trains pour d'autres dimensions se cache Steve Rogers, un homme qui comme vous et moi a eu une enfance et doit jongler entre ses obligations professionnelles et sa vie privée. Sauf que sauter d'un avion qui pique du nez sur Manhattan tout en tabassant un éco-terroriste maniaque est certainement le moment le plus simple de la journée type du gaillard. Loin de lui permettre de souffler, sa vie sentimentale est certainement le combat qu'il est le moins bien armé pour affronter. Loin d'être un modèle, son père est l'antithèse des valeurs que la sentinelle de la liberté défend au quotidien.

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"WELCOME NOW TO DIMENSION Z, COMMANDER ROGERS"

Passer après 8 années d'un run ovationné par un Ed Brubaker au top de sa forme créatrice était un pari risqué pour Rick Remender. Fort d'un parcours sans faute depuis son arrivée à la Maison des Idées, le scénariste a misé gros en acceptant Captain America à ce moment précis. Se tromper maintenant lui aurait certainement valu les foudres de hordes de fans enragés (j'exagère peut-être un peu). En faisant prendre à la série un virage à 1260° (ou plus simplement à 180° mais il y est quand même allé fort alors...) Remender a adopté la meilleure stratégie possible et l'a appliquée à merveille.

Passons maintenant à la partie qui fâche. Les dessins. Romita Jr est un artiste qui divise. N'étant pas moi-même un grand fan du bonhomme, je me dois d'avouer qu'on n'a pas affaire au pire travail du gus. Forcément, avoir Klaus Janson et Dean White derrière soi, ça aide. Mais tout de même, malgré quelques têtes en forme de ballon, l'anatomie des personnages s'en sort globalement intacte et les corps sont moins anguleux qu'ils ne pourraient l'être sous le trait du dessinateur. Surtout, il traduit réellement bien l'ambiance action/SF recherchée par le script de Remender. Quand ça pète de partout on comprend immédiatement ce qu'il se passe, lorsqu'on arrive dans un autre monde on s'imagine instinctivement le climat dans lequel le héros vient de mettre les pieds... Alors oui, les couleurs de White y sont pour beaucoup. Mais sur ce titre Romita Jr est peut-être un choix moins déplorable que certains pourraient le penser au premier abord.

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Captain America #1 est une introduction fun à lire qui annonce une nouvelle ère que je ne suis pas le seul à espérer longue. A la fois unique en son genre et caractéristique de ce que l'initiative Marvel Now! peut apporter de meilleur au paysage du mainstream comic, cet épisode est un nouvel exemple du grand talent de son auteur. A mettre entre toutes les mains !

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