Review

Punisher War Zone #1, la review

Marvel   10
Le 13 Nov par
Jeffzewanderer
Punisher War Zone #1, la review
Notre note
- Punisher vs Avengers en fait ça devient logique
- Une écriture fine
- Des personnages qui sonnent juste
- Le final
- Quelques profils moins beaux
- No more Rucka dans 4 numéros
    

Depuis le premier numéro, je n’ai cessé de chanter les louanges de la série Punisher par Greg Rucka, comme les lecteurs des Reviews Express ont pu s’en rendre compte. Jusqu’à ce qu’enfin je puisse lui donner la note suprême avec le 16ème et dernier numéro, désormais certain de ne pas être déçu au dernier moment.

Mais à peine cela fait, voila le rappel : Punisher War Zone #1 (pour une mini qui fera 5 numéros). Greg Rucka est toujours là, Carmine Di Giandomenico fait son entrée, et c’est toujours aussi brillant, juste pour des raisons un peu différentes…

That would be overkill.

Punisher War Zone comicsblog review critique 

Petit rappel des faits : le conflit entre le Punisher et l’organisation criminelle The Exchange s’est achevé dans un bain de sang (jusque là rien de surprenant), qui a notamment coûté la vie à trois policiers. Et tout le monde pense que le Punisher est responsable. Mais surtout, durant son assaut, l’homme à la tête de mort s’est servi d’un des lances-toiles de Spider-Man.

C’est ce dernier point qui pousse le tisseur à se lancer sur ses traces, avec la ferme intention de l’arrêter une bonne fois pour toutes. Pas en le tuant, mais en trouvant un vrai moyen de le neutraliser (on a déjà vu que la prison était plus un grand terrain de chasse qu’autre chose pour Frank). Mais entre décider d’arrêter le Punisher et y parvenir, il y a un monde. Et Spidey va finir par faire appel à ses camarades Avengers.

Et là la première chose qu’on se dit c’est « overkill ». Castle c’est juste un type avec des flingues. Même pas Batman et ses gadgets/satellites/etc… Les Avengers ce sont les gars qu’on appelle quand Thanos ou Ultron menacent le monde. Cependant Greg Rucka en a éminemment conscience, et c’est là le premier point fort de ce numéro.

Castle est dès le départ acculé, même face au seul Spider-Man. Il ne s’en sort que par miracle. Et on ressent bien toute la différence de puissance entre les deux antagonistes (la scène ou Frank frappe de toute ses forces un Spidey qui encaisse sans mal par exemple). Les Vengeurs aussi le savent, et on les sent réticents à l’idée d’entrer en jeu. Ils ne le font finalement qu’à reculons. Un climat étrange se crée ainsi, de lutte désespérée, mais sans qu’on sache trop pour qui.

Worse, we’re making our own law.

Punisher War Zone comicsblog review critique

Mais la plus grande force de ce War Zone, c’est incontestablement le traitement des personnages, comme toujours chez Rucka. Dans la série régulière il faisait de Frank Castle une force de la nature taciturne qui traversait le récit. C’est toujours plus ou moins le cas ici. En fait War Zone est autant une histoire à propos du Punisher qu’une histoire du Punisher.

C’est particulièrement flagrant quand on voit les tergiversations des Avengers avant de se décider à s’engager. On découvre comment la communauté des collants moulants perçoit le vigilante, et ses actions. Thor, Cap, Iron Man, Black Widow, Wolverine, tous sonnent juste, et je vous laisse découvrir qui va prendre la situation à la légère, qui va afficher du mépris, ou qui va se sentir responsable. C’est d’ailleurs parce que ces réactions sont si bien trouvées que l’entrée en lice des Avengers parait finalement si naturelle.

On appréciera au passage particulièrement le traitement de Wolverine, dont la réaction est typique de sa relation ambigüe avec le Punisher. Et on se régalera d’une scène presque culte en guise de final explosif.

Mais ça va plus loin, et la finesse typique de Rucka est bien là. Notamment quand, pour justifier cette entrée en lice, l’auteur dévoile tout ce que l’inaction impliquerait. Ou à propos de Spider-Man qui finalement veut faire tomber Castle au moins autant pour une raison personnelle (l’utilisation de son lance toile dans un meurtre) que pour le bien public.

Au dessin Di Giandomenico est très efficace, surtout grâce aux couleurs de Matt Hollingsworth qui subliment son travail et assurent la cohérence graphique de la série depuis le début. Le trait lui-même est dans la pure veine des artistes italiens (Caselli, Camuncoli), dynamique et réaliste, avec peut-être juste un ou deux profils ratés.

Punisher fut un classique. Punisher War Zone, son épilogue, s’annonce à la hauteur. Ecrit avec le même brio, la même finesse, que ses seize prédécesseurs, ce numéro lance parfaitement la mini-série. Même le dessin reste au niveau malgré l’absence de Marco Checchetto. Alors je me suis dit que, comme pour la série, je devrais attendre la fin avant d’éventuellement remettre un 5/5. Mais non, ce numéro forme en lui-même un tout, et mérite donc sa note suprême, même si la suite ne devait valoir « que » 4 ou 4,5.

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